La trilogie steampunk – Paul Di Filippo

IMG_20170515_103440_089Vous me connaissez sans doute à présent et vous savez tout l’amour que je porte au genre steampunk. Sans être une experte dans le domaine, malheureusement je n’ai pas lu tous les livres du genre que j’aimerai, en plus j’aime aussi d’autres genres littéraires donc dur dur de tout lire, mais j’avance doucement au grès de mes envies à la découverte de cet univers fabuleux qui nous plonge dans le XIXe siècle, et tous les mythes romantiques (ou moins romantiques) qui en découlent. Me voilà donc à la découverte de La Trilogie Steampunk de Paul Di Filippo, presque un manuel pour débutant dans le genre.

Résumé : À Londres, la jeune reine Victoria a disparu alors qu’elle s’apprêtait à monter sur le trône. Seule solution pour éviter le scandale : la remplacer provisoirement par une étrange créature mi-femme mi-salamandre qui lui ressemble étrangement, fruit des recherches biologiques de Cosmo Cowperwaith. Une créature aux formidables appétits sexuels, qui n’ont pourtant rien à envier à ceux de la vraie Victoria… Ailleurs, dans le Massachusetts, le grand savant Agassiz compte bien prouver scientifiquement et définitivement la supériorité de la race blanche. Sa théorie fumeuse va pourtant être mise à mal par l’arrivée inopinée d’un marin et de sa compagne Hottentote (une aborigène d’Afrique du sud) qui ont besoin de lui pour retrouver les parties génitales de la mère de cette dernière, devenues depuis un dangereux talisman. Quand à la poétesse Emily Dickinson, il fallait qu’elle tombe amoureuse de Walt Whitman pour oser s’aventurer dans le royaume des morts, où elle va rencontrer le jeune Allen Ginsberg. (Babelio)

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Trois nouvelles pour trois univers steampunk bien différents

En effet, vous l’avez bien lu, La Trilogie steampunk est en fait la succession de trois nouvelles dont les intrigues n’ont rien à voir les unes avec les autres. Je dois dire que, vu le résumé, je ne m’y attendais pas et j’ai été très surprise au départ. Pourtant, les histoires sont bien développées et loin de sentir l’effet « nouvelle », on se trouve plutôt dans le « récit court » et ça dérangera moins les lecteurs qui ont du mal avec les nouvelles.

La grosse surprise avec ces trois courtes histoires, c’est qu’en traitant du genre steampunk, elles abordent chacune un thème différent de ce genre littéraire. Ce qui les rend extrêmement complémentaires dans l’analyse de ce genre et peut même aider les novices à trouver leur sous-thème préféré dans le steampunk. Je m’explique. Dans la première histoire, on se retrouve en plein Londres avec la Reine Victoria, on a un scientifique farfelu qui bidouille des trucs en biologie mais aussi avec cuivre et vapeur. On est en plein dedans et c’est le sous-thème le plus connu du genre.
Dans la deuxième histoire, on se retrouve avec un scientifique anglais expatrié dans le Nouveau Monde vraiment antipathique pour le coup puisqu’il considère toute autre population que européenne et américaine, inférieure à lui. Oui. Voilà. J’ai eu envie de le claquer assez régulièrement. Pour autant, est-ce invraisemblable à l’histoire ? Non. Puisqu’au XIXe siècle, on est plein dans la période coloniale et notamment la puissance de l’Empire Britannique. Un tel comportement est des plus logique. Mais du coup, comme pour les Jules Verne, ça passe assez mal dans notre société actuelle. Dans cette deuxième histoire, on aborde donc la place de l’homme dans la société avec des mystères autour d’une sorte de chamane indigène.
Enfin, la troisième histoire a pour personnages principaux deux artistes du XIXe siècle, Emily Dickinson et Walt Whitman. Dedans l’auteur développe la thématique de l’occultisme très en vogue à l’époque : appeler les fantômes, c’était nouveau, mystérieux et notamment les artistes adoraient ça. Et c’est bien la troisième forme de steampunk que l’on peut trouver : la mise en scène de personnages historiques du XIXe siècle.

Question : est-ce que La Trilogie Steampunk fonctionne ?

Oui et non. Le fait de dissocier les sous-thèmes provoque forcément un choix de préférence de la part du lecteur. Aussi, mon histoire préférée est évidemment celle de Victoria qui présente tous les éléments que je connais déjà avec des personnages loufoques et attachants. J’ai bien aimé Walt et Emily qui se passionnent pour le lien entre les mondes des vivants et l’au-delà. Mais la folie intrinsèque des personnages tient le lecteur à distance et ne permet pas de vraiment s’y attacher. Enfin, le gros gros bémol pour moi c’est cette deuxième histoire dont le personnage principal est raciste et misogyne à chaque fois qu’il prend la parole. Même si c’est logique en terme d’époque, j’ai beaucoup trop tiqué et j’ai fini par lire cette histoire en diagonale. J’avais eu un peu le même ressenti en lisant Vingt milles lieues sous les mers de Jules Verne

Lire ou ne pas lire : La trilogie Steampunk de Paul Di Fillipo ?

Si vous ne connaissez pas encore bien le genre, je pense que c’est un bon livre à découvrir. Il permet de toucher du doigt diverses thématiques du genre et de voir un peu le type d’histoires qui peut vous intéresser. Si vous savez déjà ce qui vous plaît ou pas dans le genre, ce n’est peut-être pas utile. Par contre si vous aimez tout du genre, alors vous pouvez y aller sans problème. Certes, je n’ai pas complètement aimé pour des raisons qui me sont propres mais la plume employé par Paul Di Fillipo correspond à merveilles au genre et c’est très agréable à lire.

Histoire : 3/5 – Personnages : 4/5 – Style : 5/5 – Originalité : 4/5
Total : 16/20

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9 réflexions sur “La trilogie steampunk – Paul Di Filippo

    • Oh bah oui effectivement, si tu voulais commencer à découvrir cet univers, ce livre est parfait, y’a peut-être des choses que tu n’aimeras pas, d’autres que tu aimeras ou adoreras, ça te permettra de savoir vers quoi te diriger pour continuer cette découverte ^^

      Aimé par 1 personne

  1. Je l’avais noté dans ma wish list en raison de la beauté de l’ouvrage, mais tu as fini de me convaincre qu’il devrait me plaire découvrant petit à petit le genre.

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    • Oui franchement j’ai pris beaucoup de plaisir à me faire ses réflexions sur les sous-genre du steampunk car je ne m’étais jamais vraiment posé la question ! Bonne future lecture du coup !

      Aimé par 1 personne

  2. C’est une des choses que j’apprécie grandement dans tes chroniques (et je suis là très sérieuse et sincère) c’est ton honnêteté et ton objectivité. Même si tu n’as pas complètement aimé « pour des raisons qui te sont propres », tu parviens malgré tout à dégager les aspect intéressants du livre et à faire la part des choses.

    Aimé par 1 personne

    • Je crois que c’est le plus beau compliment qu’on m’ait fait sur le blog ! Merci énormément June ! En plus, c’est exactement ce que je cherche à faire car un livre trouve toujours son public !

      Aimé par 1 personne

  3. Pingback: L’heure du bilan | Juin | Pause Earl Grey

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