Le quatuor à cordes – à la découverte de Virginia Woolf

C’est un article tout récent que j’avais publié sur Bookyboop et comme ce livre va forcément influencer mes lectures futures, je le publie également ici. Un prochain livre de Virginia Woolf est à prévoir.

Virginia Woolf, ça fait un moment que je suis curieuse à propos de cette auteure. Etant une grande fan de Jane Austen, et particulièrement d’Orgueil et Préjugés, Virginia Woolf semble presque incontournable dans mon périple littéraire. Mais je n’ai pas eu que des échos positifs sur Woolf et c’est pour ça que j’ai longuement hésité à me lancer dans son oeuvre. En fait, j’ai hésité jusqu’à ce que je tombe sur ce petit recueil de nouvelles aux éditions Folio 2€. Parfait pour découvrir un auteur lorsque l’on est pas certain d’aimer son style. Me voilà donc partie pour l’Angleterre au début du XXe siècle, à l’aube et pendant la première Guerre Mondiale, et à la découverte de Virginia Woolf.

Le quatuor à cordes. Il s’agit de la toute première nouvelle du recueil à qui il donne son nom. C’est une entrée en matière un peu particulière et d’ailleurs, je n’aurais peut-être pas fait ce choix car sur les six nouvelles, c’est celle qui m’a le moins plu. Peut-être à cause d’un temps d’adaptation à l’écriture de cette auteure ? Mais non, je ne pense pas. Je n’ai pas du tout accroché à l’intrigue et j’ai bien failli refermer le livre à ce moment là. Mais j’ai bien fait de poursuivre….

Kew Gardens. Me voici arrivée à cette deuxième nouvelle avec quelques a priori. Je donne quand même une deuxième chance à Woolf, pas sûre que je lui en laisse une troisième avant un long moment si cette nouvelle ne me plaît pas. Mais voilà que quelque chose se produit… Dès les premiers mots, cette nouvelle nous transporte dans un univers à la limite avec la réalité et qui nous poursuivra dans le reste de ces nouvelles. Je découvre avec un grand plaisir les magnifiques envolées lyriques dont Woolf est capable avec des descriptions magiques. Moi qui adore les descriptions, je suis servie. Voilà d’ailleurs les premiers mots qui m’ont fait changer d’avis :

Dans l’ovale du massif de fleurs se dressaient peut-être une centaine de tiges qui à mi-hauteur se déployaient en feuilles en forme de coeur ou de langue et au sommet étalaient des pétales rouges, bleus ou jaunes semés de taches colorées en relief; des ténébreuses gorges rouges, bleus ou jaunes émergeaient des hampes raides, rêches d’une poussière d’or et légèrement recourbées à leur extrémité.

La marque sur le mur. La fin de la nouvelle précédente m’a beaucoup surprise, je continue avec plaisir avec celle-là. On se demande bien de quoi elle va bien pouvoir parler. Encore une fois, je découvre des réflexions sur un univers qui flirte avec l’onirisme. La marque sur le mur que le personnage découvre n’est qu’un prétexte à une réflexion plus intense, à ce qui a pu causer cette marque, ce qu’il y a en amont d’un fait, la cause d’une conséquence et la non connaissance de certaines choses. Au final, elle prône dans ce texte l’importance de la réflexion personnelle, qu’il faut prendre du temps pour laisser notre esprit réfléchir. Ce dont, aujourd’hui, je me suis rendue compte, nous n’avons plus vraiment le temps. Et je me suis aperçue que j’aimerais bien l’avoir, ce temps-là…. A méditer.

La dame dans le miroir : réflexion. Cette fois, le titre est clair. Woolf est en plein dans cette « réflexion », ce monde derrière le miroir réel mais pas tant que ça, palpable et inaccessible à la fois. On retrouve un peu, en beaucoup moins fantastique, l’univers de Lewis Caroll avec son De l’autre côté du miroir. Encore une fois, je me laisse surprendre et j’adore ce jeu et les descriptions sublimes qu’elle fait du salon, reflété dans ce miroir…

La duchesse et le joaillier. Virginia Woolf délaisse un peu ce jeu entre réalité et rêve pour nous raconter une histoire. Je définirai cette nouvelle là comme un petit conte fantaisiste mais charmant. Elle nous raconte l’histoire d’un garçon, né dans la rue et suffisamment débrouillard pour devenir joaillier et sa rencontre étrange avec une duchesse aimant un peu trop les jeux d’argent. Une adorable petite histoire.

Lappin et Lapinova. Pour terminer, on découvre l’histoire malheureuse de Lapinova. Une nouvelle vraiment très étrange qui renoue avec son goût pour le réel et l’imaginaire emmêlés. La fin m’a également beaucoup surprise et pour terminer ce recueil, c’était un bon choix. Je suis encore plus curieuse de cette auteure maintenant et j’ai bien envie de découvrir ses romans.

Pour conclure, je pense que ce recueil est assez bon pour découvrir la plume de Virginia Woolf. A part la première nouvelle qui pour moi est un peu en dessous des autres, on découvre son univers, ses préférences littéraires et ses points forts : un goût pour le mélange réalité/imaginaire et des descriptions superbes. Je le conseille donc à toutes celles et ceux qui, comme moi, hésitent encore à se lancer dans un roman de Virginia Woolf. Il donne vraiment envie. D’ailleurs, j’en appelle aux connaisseurs de l’auteure, quel roman me conseillez-vous pour commencer avec elle ?

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