Le Clairvoyage – Anne Fakhouri : un conte de fée pas si jeunesse

41wq2Iu3DJL._SX300_BO1,204,203,200_Depuis le lancement de la collection poche de L’Atalante, j’avais envie de tester leur catalogue. Déjà, je dois dire que la charte graphique de ces poches est absolument somptueuse et brille par sa sobriété élégante et originale. J’ai donc jeté mon dévolu sur Le Clairvoyage, une histoire de conte de fées ne pouvait que m’inspirait pour cette escale en pays Atalantais.

Résumé : J’ai appelé les marraines sur ton berceau pour m’assurer que tu aurais tout ce qu’il faut pour être heureuse. Il n’y a pas eu de problème pour l’intelligence et le courage. Ce sont des qualités qu’elles ont l’habitude de donner. Quand j’ai demandé l’amour, pour toi, elles ont un peu… Bref, elles ont commencé à pinailler. Confiée, à la mort de ses parents, à un oncle qu’elle ne connaît pas, Clara découvre une famille excentrique et devient la pièce maîtresse d’une bataille âpre entre le monde des fées et le monde des humains. Clara arrivera-t-elle à dépasser ses peurs pour « entrer dans l’aventure » ? Un classique de la littérature, jeunesse et adulte. Grand Prix de l’Imaginaire 2010.

Un livre jeunesse qui aborde des sujets complexes

Dans Le Clairvoyage, on suit l’histoire de Clara. Jeune fille de 12 ans, assez précoce pour son âge et devenue orpheline du jour au lendemain. Oui, comme vous pouvez le constater, le livre ne commence pas de façon très joyeuse. Peut-on même dire que ce livre est triste ou joyeux ? Ni l’un, ni l’autre.
Le récit aborde inévitablement le deuil, le manque et la solitude. Même si Clara est recueillie par sa famille (aussi étrange soit elle), une profonde solitude s’empare d’elle. C’est un sujet difficile à aborder avec des enfants, c’est une évidence. Encore plus la perte d’un parent proche. Mais grâce au conte de fée et à une certaine folie qui s’empare des personnages et du lecteur, l’approche du deuil est plus douce et subtile qu’il aurait pu l’être. Je pense que c’est d’ailleurs un des intérêts principaux de ce livre jeunesse.

Une douce folie qui fait écho à Alice de Lewis Caroll

Dès les premières pages, il m’a été assez difficile d’éloigner mon esprit d’Alice au pays des merveilles. La façon de conter l’histoire d’Anne Fakhouri en est imprégnée en totalité notamment par la folie des personnages.
Le parti pris est celui des fées pas si bienveillante que cela, celles qui enlèvent des enfants et les échangent avec les leurs, celles qui rendent fou les malheureux mortels se perdant sur leur territoire. C’est cette douce folie qui déteint sur l’univers de Clara, s’immisce dans le moindre recoin de la maison de son oncle ainsi que dans l’esprit du lecteur. On touche parfois à la notion d’absurde. Il faut accepter de ne pas tout saisir, se laisser porter par cette folie féerique. Clara découvre les liens de sa famille avec le monde des fées et va y être liée à son tour, un peu malgré elle.

Lire ou ne pas lire : Le Clairvoyage d’Anne Fakhouri ?

Si cette lecture n’est pas un coup de cœur, j’ai pourtant adoré ce récit de conte de fée. Adorant Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, j’ai adoré la folie et l’absurdité de l’histoire. J’ai trouvé quand même l’écriture un peu complexe alors qu’il cible un lectorat de 9-12 ans. Une lecture avec l’enfant me semble indispensable pour pouvoir répondre à ses questions car il en aura forcément. Cela dit, Le Clairvoyage reste extrêmement intéressant et totalement magique. Si vous aimez ce genre d’univers, si vous aimez Alice au pays des merveilles, vous pouvez y aller les yeux fermés !

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La quête d’Ewilan (trilogie) – Pierre Bottero : un classique jeunesse à ne pas rater

51qZrrJbNpLCe mois-ci, j’ai profité de la semaine à 1.000 pages organisée par Le Petit Pingouin vert pour lire la trilogie de La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero. C’est un auteur dont j’entends énormément parler depuis que je suis sur la blogosphère et qui m’a été recommandé par un bon nombre d’amies. Du coup, quand j’ai trouvé la trilogie chez Emmaüs, je n’ai pas vraiment hésité et je me suis jetée dessus. Après lecture, c’est une série que j’aurais adoré connaître quand j’étais plus jeune mais à mon âge, je n’ai pas pu complètement me laisser porter par l’histoire.

Résumé du tome 1 : La vie de Camille, adolescente surdouée, bascule quand elle pénètre par accident dans l’univers de Gwendalavir avec son ami Salim. Là, des créatures menaçantes, les Ts’liches, la reconnaissent sous le nom d’Ewilan et tentent de la tuer. Originaire de ce monde, elle est l’héritière d’un don prodigieux, le Dessin, qui peut s’avérer une arme décisive dans la lutte de son peuple pour reconquérir pouvoir, liberté et dignité. Épaulée par le maître d’armes de l’empereur et un vieil érudit, Camille parviendra-t-elle à maîtriser son pouvoir ?

Il y a des livres comme ça. Ils sont cultes. Ils ont laissé une empreinte indélébile chez les lecteurs qui l’ont lu au bon moment. Ils sont bons, excellents même. Mais ils passent plus difficilement à l’âge adulte. Pourquoi ? Je ne sais pas, je n’ai pas encore réussi à analyser ce phénomène mais le fait est que certains jeunesses passent très bien pour la lectrice adulte que je suis, d’autres moins. Harry Potter passe encore très bien, tout comme certains Young Adult telle la série Phobos de Victor Dixen que j’ai adoré. Mais quand j’ai voulu relire Les Royaumes du Nord de Philip Pullman, impossible. Et j’ai un peu eu le même effet ici. Je vais donc surtout m’attacher à en parler pour les lecteurs collégiens, public lecteur le mieux indiqué pour cette aventure.

Un maître mot pour La Quête d’Ewilan : l’aventure ! Au diable les sentiments bubblegum et les nuages barbe-à-papa. Ewilan, aka Camille, découvre le monde auquel elle appartient réellement et y plonge en pleine crise politique et territoriale. Accompagnée de son meilleur ami, elle rencontre des personnages haut en couleur avec qui elle va tisser un lien fort. J’ai particulièrement aimé Ellana, la marchombre et son caractère de guerrière.
Notre groupe d’aventuriers, parti en quête des parents d’Ewilan, va devoir faire face à leurs ennemis plus d’une fois, risquant la mort à chaque fois. Heureusement, le pouvoir de Camille parviendra à les sauver malgré le fait qu’elle ne le maîtrise pas encore tout à fait. Dessiner et rendre visible, tangible les choses n’est pas de tout repos mais Ewilan fait preuve d’un grand talent et apprend vite à jongler avec ses nouvelles capacités.

Avec cette première trilogie, Pierre Bottero met en place un univers singulier. Classique dans sa forme mais original dans les choix qu’il opère. Notamment dans le pouvoir que possède Ewilan que je trouve vraiment sympa, ainsi que le Pas de côté qui permet de passer d’un monde à l’autre (le monde que l’on connaît et celui dont elle est issue). Beaucoup d’éléments rendent curieux le lecteur : l’histoire de cet univers, les marchombres, le futur du meilleur ami de l’héroïne… Et j’avoue que je suis assez curieuse de tout ça. L’univers de Pierre Bottero est donc plus étendu et si cette première trilogie plaît, il est possible d’en découvrir plus avec Le Pacte des Marchombres et Les Mondes d’Ewilan.

Lire ou ne pas lire : La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero ?

Comme je le disais au début, je regrette de ne pas avoir lu cette série plus jeune car j’aurai vraiment pu avoir un coup de cœur pour l’univers de Pierre Bottero. On y trouve de l’aventure, une héroïne qui a du caractère, de la volonté et de l’ambition, un groupe d’aventuriers aussi éclectiques qu’attachants, des pistes de développement, un univers classique mais des détails originaux. De 10 à 15 ans, la Quête d’Ewilan ne pourra que plaire aux jeunes amateurs d’imaginaires, ou d’aventures autour de vous. Cela fera forcément des heureux ! J’en mets ma main à couper !

Connaissiez-vous cet auteur ? L’avez-vous lu quand vous étiez jeune ? Avez-vous cette sensation aussi avec certains livres jeunesses : excellents pour les jeunes mais plus difficiles à appréhender une fois adulte ?

The Ones #1 – Daniel Sweren-Becker

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Début de semaine mitigé avec le premier tome de The Ones de Daniel Sweren-Becker. Le livre attendait sagement dans ma PAL depuis près d’un an, j’étais toujours aussi curieuse de le découvrir, alors j’ai profité de la première semaine à 1.000 de l’année du Petit Pingouin Vert pour me lancer. Le Petit monde d’Isa m’a accompagné dans cette découverte. Et manque de bol, si la lecture ne fut pas désagréable, ce n’est pas un livre qui marquera grandement mon esprit, ni le sien. Je pense que je l’oublierai d’ici quelques mois. Si ce n’est pas avant. Mais avant de rentrer dans les détails…

Résumé : Cody a toujours été fière d’appartenir aux Ones. Son copain James et elle font partie du 1 % de chanceux sélectionnés par le gouvernement pour être modifiés génétiquement à la naissance.
Aujourd’hui, les Ones excellent en tout : ils sont beaux, talentueux, intelligents, sportifs…
Mais pour certains, c’est une injustice. Et le mouvement Equality profite allègrement de la jalousie et de la peur montante au sein de la société, pour gagner des voix et imposer son parti. Le gouvernement américain montre alors sa face la plus sombre et les Ones deviennent illégaux. Alors que la frontière entre bien et mal se brouille, Cody rejoint un groupe de radicaux qui ont bien l’intention de préparer la révolte. Et James commence à se demander jusqu’où Cody pourrait aller pour la cause… (Babelio)

J’aime bien les dystopies. C’est pour ça que le résumé m’a rendu curieuse. Mais j’aurais dû me douter que toutes les dytopies jeunesses ne se valent pas forcément et que ce n’est pas parce que Hunger Games m’avait bien plu que tous les autres me plairaient. Enfin ne pas plaire, c’est vite dit. L’histoire est sympathique, l’intention est bonne, les personnages mignons. En soi, The Ones n’est pas un mauvais livre. Mais je dois bien avouer que je suis restée sur ma faim. Je me souviens qu’à sa sortie, il y avait beaucoup d’enthousiasme autour, mais personnellement, il me manque un peu de sel. Un vrai grain de folie qui anime cette révolte. Ce sel que possède par exemple Phobos de Victor Dixen, ici, est complètement absent et dessert cet enthousiasme que l’on pourrait avoir à la lecture. Résultat : le livre se lit vite quand on y est, mais dur d’avoir l’envie de s’y remettre vraiment le lendemain.

Peut-être que le fait de sortir d’un coup de coeur avec Le Livre perdu des sortilèges n’aide pas non plus, mais j’ai trouvé The Ones un peu fade et sans réelle saveur. Malgré une bonne intrigue, une intention réelle de la part de l’auteur, un véritable univers construit de façon intelligente, des personnages quand même intéressants malgré une histoire d’amour un brin guimauve (ce n’est pas non plus le propos principal), l’histoire a défilé sous mes yeux sans attrait réel. Dommage.

Lire ou ne pas lire : The Ones #1 de Daniel Sweren-Becker ?

Forcément, je ne vais pas vous conseiller ce roman. Si vous cherchez une dystopie jeunesse, j’en ai quelques autres à vous proposer avant ça. Mais pour tout dire, je suis presque déçue d’écrire cette chronique car le livre n’est pas mauvais. Il manque un truc. Et il semble bien que ce truc soit quand même drôlement important pour moi. Je ne lirai donc pas le second tome, même par curiosité. Je vous invite à lire la chronique du Petit monde d’Isa pour faire une idée plus approfondie du livre. Si vous l’avez lu et aimé, n’hésitez pas à me dire ce qui vous a plu dedans car je suis assez curieuse de savoir ce qui a pu me manquer à ce point-là.

La main dans le sac – Jean-Luc Bizien : deux jeunes détectives bien curieux

51Dp873RBUL._SX338_BO1,204,203,200_Je remercie les éditions Rouge Safran pour la lecture de ce livre.

Quoi de mieux pour commencer cette dernière semaine avant Noël qu’un livre jeunesse ? C’est ce que je vous propose aujourd’hui avec La main dans le sac de Jean-Luc Bizien. Je ne connaissais pas du tout ce livre avant que l’éditeur ne m’en parle et c’est avec une absence totale d’idées préconçues que j’ai entamé cette lecture. J’avais rapidement lu le résumé sans m’y attacher non plus et je dois dire que j’ai fait une découverte bien sympathique.

Résumé : C’est par la toile immatérielle du net qu’Elric et Adriel vont se rencontrer et devenir amis. Grâce à une passion commune : la chasse des phénomènes inexpliqués… Ils rêvent de devenir des «Détectives de l’Étrange» ! Mais ils ne sont pas naïfs et démontent sans pitié les arnaques. C’est par une relique du passé que leur passion va les rattraper et les subjuguer… Qu’est donc réellement que cette terrifiante main momifiée ? À qui appartient-elle ? Quels secrets contient le petit carnet de cuir que garde la main ? (Babelio)

Avec La main dans le sac, le lecteur découvre une enquête étrange véhiculée par un journal vieux de plusieurs décennies. Deux jeunes détectives se sont rencontré sur un forum dédié aux amateurs de l’étrange et aux énigmes. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un monde digital avec un vocabulaire qui y correspond. J’ai trouvé ce principe intéressant car les enfants d’aujourd’hui connaissent déjà, ou en tout cas sont amenés à le connaître très rapidement. C’est à la fois une première approche et un monde connu pour eux qui les amène à réfléchir aussi sur la façon d’utiliser internet.

Rapidement, le plus âgé des jeunes détectives rejoint l’autre dans un endroit mystérieux. Ce dernier doit déjà réfléchir à tout pour pouvoir trouver son cadet et le cabinet de détective qu’il est en train de créer. Il va y découvrir le mystère d’une main de gloire retrouvée dans des pièces de l’immeuble laissées à l’abandon et découvrir le journal d’un célèbre voleur du XIXe siècle.

Le récit est construit de façon étrange et pas du tout linéaire. Si au début cela déstabilise, le lecteur s’adapte assez rapidement pour terminer le livre sur un mystère supplémentaire.

Le seul bémol à cette histoire est pour moi l’absence de personnage féminin. Tous les protagonistes principaux sont des hommes et cela me dérange un peu. Même si ce n’est pas incongru, nous sommes en 2017 dans une société où l’image renvoyée par les médias, quels qu’ils soient, est importante. Malgré ça, l’histoire est bien menée et j’ai trouvé original sa construction.

Lire ou ne pas lire : La main dans le sac de Jean-Luc Bizien ?

Bien évidement, c’est une lecture sympathique et tous.toutes les apprenti.e.s détectives aimeront découvrir les aventures d’Elric et Adriel. Je vous le conseille si vous n’avez pas d’idée de cadeau pour de jeunes ado autour de vous, ce sera pour l’occasion de découvrir une nouvelle narration et une histoire pleine de mystères.

Mon avis sur 4 romans jeunesse Castelmore

Coucou les Earl Grey’s,

aujourd’hui je vous propose non pas un mais 4 avis sur des livres jeunesse (8-12 ans) publiés chez Castelmore. Le programme est varié mais très riche et intéressant, je vous laisse plutôt découvrir les titres ainsi que quelques phrases pour vous dire ce que j’en ai pensé. C’est parti !

Ecoute le Rossignol – Lucy Strange

51nOXB9mu3L._SX332_BO1,204,203,200_Résumé : Henrietta, surnommée Henry, emménage dans une grande maison à la campagne avec sa famille, qui est sens dessus dessous après un événement dramatique. Henry, esseulée, entreprend d’explorer les environs comme les héros de ses livres Alice au Pays des Merveilles et Moogli. Dans le bois d’à côté, elle rencontre Moth, une vieille dame étrange, qui malgré son allure de sorcière va devenir son amie et l’aider à sauver sa famille… (Babelio)

Mon avis : Quand j’ai commencé cette lecture, je m’attendais à un récit poétique et merveilleux, et je n’ai pas été déçue. L’écriture de Lucy Strange est subtile et douce, parfaite pour raconter l’histoire de Henrietta et sa famille désunie qu’elle va devoir reconstruire. Les thématiques abordées sont d’autant plus intéressantes qu’elles sont imbriquées les unes dans les autres : deuil, difficultés familiale, difficultés d’être un enfant (souvent peu écouté par les adultes), conséquences de la guerre (la Première Guerre mondiale), le tout harmonieusement traité dans l’imaginaire merveilleux de l’héroïne. Un joli livre pour petits mais aussi pour grands !

42 jours – Silène Edgar

51UXDk6klqL._SX332_BO1,204,203,200_Résumé : Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie qu’ils s’imaginaient : les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… Mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute : le manoir est plein de secrets sur lesquels enquêter. Qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Et que sont ces mystérieux loups qui rôdent dans les parages ? (Babelio)

Mon avis : Ce roman historique prend racine dans la période terrible de l’occupation française durant la Seconde Guerre mondiale. Le pays est divisé en deux, le nord occupé par les allemands et le sud gouverné par Pétain. Autant dire que ce n’est pas tout rose. Mais c’est une période de l’histoire française importante et qu’il ne faut pas négliger à enseigner aux enfants afin qu’ils sachent. A travers la fuite d’une famille juive de Paris et de France, le lecteur découvre en même temps que le héro ce qu’il se passe, et la dangerosité de la situation. J’ai aimé cette façon douce et cruelle à la fois (réaliste finalement) d’amener l’enfant à comprendre ce qu’il se passe. Le héro, d’abord traité comme un enfant, finit par montrer une terrible maturité (et un brin de témérité).

L’effet Matilda – Ellie Irving

51css-akEXL._SX327_BO1,204,203,200_Résumé : Matilda, douze ans, adore les sciences. Ses héros sont Léonard de Vinci et Marie Curie, et elle passe son temps à imaginer et fabriquer des inventions de toutes sortes. Quand elle perd à un concours de sciences, elle est donc furieuse, d’autant qu’elle a perdu parce qu’elle… est une fille ! Et ce qu’elle apprend bientôt sur sa grand-mère ne va pas la calmer : cette dernière, une ancienne astrophysicienne, a autrefois découvert une planète, que s’est appropriée un odieux personnage, le professeur Smocks… Pour Matilda, il est hors de question de laisser Smocks s’en tirer et gagner un prix Nobel ! Elle embarque donc sa grand-mère en bateau, en montgolfière et en cachette de ses parents dans un voyage loufoque et épique jusqu’en Suède ! (Babelio)

Mon avis : Après lecture, ce livre tend plus vers les lecteurs et lectrices de 8 ans plutôt que de 12 même si l’héroïne en a bien 12. Ou pour des lecteurs pas très bookovores. L’avantage de cette petite histoire, somme toute classique pour un tel livre, c’est qu’il insiste particulièrement sur l’importance des femmes dans la science. Un domaine particulièrement dominé par les hommes depuis toujours et dont les inventions de femmes ont parfois été accaparées par la testostérone (ce qu’explique l’auteure dans le livre). Sans donner la primauté aux femmes, Ellie Irving montre à quel point il suffit de pas grand chose pour vivre dans un monde où les hommes et les femmes sont égaux : tout simplement en étant juste et en oubliant pas les femmes de talent.

Ma vie de Bacha Posh – Nadia Hashimi

41wP-22Hw6L._SX331_BO1,204,203,200_Résumé : La famille d’Obayda a subi des déboires et dû s’installer dans la campagne afghane. Mais une tante a une idée pour leur attirer la chance : faire d’Obayda, la plus jeune des quatre filles, une bacha posh, c’est-à-dire l’habiller en garçon. D’abord désemparée de renoncer à ses cheveux longs et à la danse, Obayda ? désormais appelée Obayd ? devient amie avec Rahim, une bacha posh lui aussi. Et elle va ainsi découvrir la liberté… (Babelio)

Mon avis : Lorsque j’ai commencé cette lecture, je ne savais rien de cette tradition de « Bacha Posh » en Afghanistan et pour être totalement honnête, je n’en comprenais pas la nécessité pendant une bonne partie du livre, jusqu’à ce que je me décide à faire quelques recherches. Lorsqu’une famille n’a pas de fils dans sa fratrie, c’est considéré comme une honte d’où la transformation d’une enfant en garçon avant la puberté pour éviter ce déshonneur. Les choses étant dites, le récit prend de suite plus de signification et d’ampleur concernant le rôle de la femme, sa place et son émancipation au moyen-orient (mais pas que). Faut-il vraiment être un garçon pour avoir le droit de jouer dehors après l’école ? Faut-il nécessairement être un garçon pour grimper aux arbres ? Faire des balades, explorer le monde autour de sa maison ? Ce sont les questions que posent ce livre à travers les considérations d’Obayda/Obayd. Même si l’approche de ce livre nécessite un temps d’explications sur le concept de « Bacha Posh », il n’est pas inutile de le faire lire aux filles, mais aussi aux garçons.