Snowden – Oliver Stone : les coulisses du monde

Ayant des places de cinéma valables jusqu’au 12 novembre, il a fallu émerger de sous le plaid pour y aller vendredi dernier. Au prix des places, ça m’aurait fait mal de les laisser périmer. Sauf que le 11 novembre, les films que je voulais voir sont pour beaucoup plus en salle, soit pas encore en salle. Dur. Dur. Et puis finalement, c’était Miss Peregrine ou Snowden. Au vue des critiques que j’ai pu lire sur Miss Peregrine, je me suis dit que je le verrai à l’occasion quand il sera sur Netflix. J’ai donc choisi Snowden. Et je ne regrette rien.

Synopsis : Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire.
Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden décide de rassembler des preuves et de tout divulguer. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifiera sa liberté et sa vie privée.
En juin 2013, deux journalistes prennent le risque de le rencontrer dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Une course contre la montre s’engage pour analyser les preuves irréfutables présentées par Snowden avant leur publication.
Les révélations qui vont être faites dans cette pièce seront au cœur du plus grand scandale d’espionnage de l’histoire des États-Unis. (Allociné)

Comme vous le savez peut-être déjà, Snowden est un biopic, comme c’est la mode actuellement (on en a pour tous les goûts). Autant je ne suis pas très films prise de tête de ce type, autant là, ça touche un sujet intéressant, familier à tout le monde : la vie privée sur internet. En 2013, l’information diffusée par Snowden et la presse avait fait le buzz, et il y a de quoi. J’avais été sidérée mais je n’avais pas suivi l’affaire pour autant à cause d’une vie un peu chaotique cette année-là. L’avantage avec ce film, c’est que j’ai rattrapé tout mon retard à propos de cette actualité, et j’en suis plutôt contente. Même si cela fait plutôt froid aux yeux.

Froid aux yeux de voir à quel point un individu lambda tel que vous et moi peut être abusé par des gens « de pouvoir » au nom de la « sécurité ». Oui, entre guillemets car c’est plutôt relatif selon les arguments. Le film d’Oliver Stone montre les choses telles qu’elles sont. Je n’ai pas eu l’impression d’un parti pris à travers sa réalisation : le spectateur est simplement témoins de faits qui les fait autant tiquer que ce pauvre employé du gouvernement US.

Ce fait est simple : on est tous surveillé. Parce-qu’untel l’est et que l’on est en contact avec l’ami de l’ami de l’ami de l’ami. Ce n’est pas plus complexe. Même notre pc, nos caméras, ne sont pas neutres selon Snowden. D’où l’usage de plus en plus massif des pastilles et autres déco magiques pour cacher l’objectif des webcam intégrées aux PC et mac. Le constat est affligeant. La liberté et la vie privée ne sont que des notions qui volent à présent quelque part dans l’éther. Soyons franc, on vit dans une société ultra connectée et à moins de vivre dans la montagne et d’élever des chèvres pour manger du fromage, c’est dur d’éviter tout ça et de passer entre les mailles du filet. Pour moi, il faut surtout être conscient de ces choses-là et d’utiliser les réseaux sociaux et le net suffisamment raisonnablement en se disant que ce que j’y écris sera lu, peu importe par combien ou par qui, on choisi d’être visible.

Le casting du film est excellent. Joseph Gordon-Levitt plante un Snowden pas forcément sympathique mais au moins attachant. Shailene Woodley (aka Lindsay Mills) récupère le rôle de la petite amie, un personnage vraiment fort donc les choix sont tout à fait louables dans ce contexte. Mon petit plaisir, ce fut de voir sur l’écran Rhys Ifans, un acteur que j’aime beaucoup même si, ici, son personnage est exécrable, ça ne l’empêche pas de très bien jouer. Dois-je mentionner la présence honnorable de Zachary Quinto et de Nicolas Cage (que je n’avais pas vu depuis longtemps) ? La fin du film réserve d’ailleurs une merveilleuse surprise, touchante, qui me donne un peu d’espoir dans ce monde de brutes. Oliver Stone termine par l’actualité la plus fraîche sur la situation, les décisions d’Obama suite à la révélation et ce qu’il en est aujourd’hui du sort de Snowden. Un vrai film-docu bien fait et qui fait réfléchir.

Franchement, je n’ai rien à redire sur ce film qui porte sur un sujet qui touche autant notre génération hyper-connectée. Moi-même en sortant du film, j’ai réfléchi à mon usage des réseaux sociaux et notamment de facebook, seul site où j’avais encore un profil personnel. Après mûre réflexion, j’ai décidé de le transformer en semi-personnel, semi-pro pour Pause Earl Grey (de toute façon, mon usage depuis quelques années se résumait à ça). En effet, en terme de communication, il est difficile d’abandonner les RS car c’est un outil pratique indéniable, toutefois, on peut réfléchir à l’usage qu’on en a et ce que l’on veut partager. Je crois que c’est ça, la motivation de ce film, sensibiliser les gens à leur usage de l’ordinateur, d’internet et des réseaux sociaux. Si déjà ce film amène une réflexion, un pas en avant est franchi.

Ma note : 19/20

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