The OA : une série métaphysique pleine de suspense

Avec Netflix, c’est tous les jours (ou presque) que les séries originales fleurissent. Résultat : pleins de séries qui m’intéressent et trop peu de temps pour tout regarder. Cela dit, j’ai fini par me poser pendant les fêtes et je me suis dit qu’il était temps de prendre le temps. Le temps de regarder une série Netflix sympathique. Laquelle choisir ? Après avoir lancé la chaîne, les boutons qui ne réagissent pas immédiatement, double click, The OA en tête d’affiche, la série s’est lancée toute seule (ou presque). Un coup des anges. C’est sûr. Et finalement, je me suis laissée entraîner dans cette série bien étrange dont l’ambiance m’a un peu fait penser à Stranger Things mais dont l’histoire m’a complètement séduite.

Synopsis : Prairie Johnson, une jeune fille aveugle adoptée, réapparaît brusquement sept ans après avoir été enlevée. Elle s’identifie désormais comme étant « The OA ». La disparition de sa cécité ainsi que la nature de sa disparition provoquent bien des questionnements chez les autres, mais celle qui était connue sous le nom de Prairie ne semble pas prête à partager ce qu’a été sa vie pendant les sept dernières années…(Wikipedia car Allociné tenait en 2 lignes)

Si, de mon côté, la série m’a énormément plu pour son interprétation métaphysique intéressante, elle semble faire beaucoup parler d’elle. Et moi-même, après avoir regardé le final, je suis restée un moment à ne pas savoir quoi en penser oscillant entre le coup de génie et le foutage de gueule. Il faut dire qu’une fin pareille après un tel développement fait obligatoirement parler et réfléchir que ce soit en bien ou en mal. Je suis donc partie sur la toile en quête d’articles et d’avis à lire, multiples, variés, pour croiser les ressentis. Et il y a les frustrés, les mécontents, et les fascinés. Avec du recul, je me considère comme faisant partie des fascinés malgré les « erreurs » dans la narration. Prairie aka The OA raconte son histoire à cinq personnes prises au hasard (ou pas, je ne pense pas!). Ces cinq personnes hésitent entre la croire ou non, finissent par la croire (sans ça pas de série), mais la question de son honnêteté revient vers la fin de la série. A nous, spectateur, de choisir notre camp au final : la croire ou ne pas la croire. La totalité de la série nous amène vers ce choix, me semble-t-il…

Difficile d’en dire plus sur cette série sans spoiler le spectateur qui ne l’a pas encore vu (et je déteste ça vous le savez, d’autant que j’écris aussi bien pour vous rendre curieux que pour discuter avec vous du sujet). Netflix n’a pas fait beaucoup de promo sur The OA, pourtant, elle l’aurait peut-être mérité. Peut-être est-ce un test ? La série mystérieuse se suffit-elle à elle-même pour faire sa propre promo ? La preuve, j’écris un article dessus et si je n’en ai pas encore beaucoup vu passer sur la blogo (j’ai lu plus d’avis média et sens critique), je ne doute pas trop de voir déferler des avis… Seront-ils bons ou mauvais ? Telle est la question. Encore une fois, c’est un énorme mystère qui réside autour de cette série fascinante.

De mon côté, j’ai aimé l’originalité de l’histoire racontée, l’ambiance mystérieuse dans la série, l’effet immersif, on découvre l’histoire tout comme les cinq choisis par Prairie ce qui nous donne l’impression de faire partie intégrante du petit groupe. Les acteurs jouent extrêmement bien des rôles qui ne sont pas forcément très faciles à jouer (aucun des personnages n’est totalement lisse et banal). Je viens d’avoir un choc dans mes recherches pour cette chronique : le « médecin » interprété par Jason Isaac dont le visage me disait tellement quelque chose mais j’étais bien incapable de savoir où je l’avais vu, nul autre que Lucius Malefoy ! (Certains crieront au scandale de ne pas connaître le nom de l’acteur de Lucius mais franchement, je ne fantasmais pas sur lui à l’époque des films – sur aucun d’ailleurs, désolé le cast -) Bref. Bon sang mais c’est bien sûr. Et quel bon acteur (charmant de surcroît) mais…wouah. Voilà. Quel personnage que son personnage ….je ne m’en remets toujours pas de son ambiguïté constante.

Ce qui déroute et peut être les aspect les moins bons : les erreurs de narration, on se pose pas mal de questions (que j’ai choisi d’ignorer), les « mouvements » (dont je ne vous dis pas plus mais qui, hors contexte peuvent paraître très tribal… j’ai vu le mot « ridicule » revenir souvent, pour ma part, j’ai pensé immédiatement au haka, cette danse tribale censée intimider un ennemi) et enfin cette scène finale dont les choix sont un peu dérangeant (pour ma part, je n’ai pas été choqué, malheureusement, cela fait partie de la réalité que nous connaissons, pourquoi ne pas l’utiliser dans une série de ce genre, ça ne me paraît pas hors propos).

Je ne sais pas vraiment si mon article vous a donné envie ou pas. Pour tout dire, c’est plutôt de la curiosité que j’ai voulu susciter là (elle se suscite toute seule quand on veut éviter les spoilers je crois…) Je crois que c’est une série à regarder. Si le synopsis vous plaît et que vous aimez bien les trucs métaphysique, je crois qu’il ne faut pas trop vous poser de questions et vous laisser tenter. Vous aimerez. Vous n’aimerez pas. Vous accepterez le récit et la réalisation ou pas. Dans tous les cas, elle vous fera réfléchir et suscitera des émotions. Au final, est-ce que ce n’est pas le but de l’art : susciter des émotions ?

!! SPOILERS : Pour ceux qui l’ont déjà vu, je vous laisse l’article de Slate (avec spoilers) que je trouve extrêmement intéressant et dont le journaliste se situe dans le camp des sceptiques. Cela permet de varier les appréciations. !!