LoveStar – Andri Snaer Magnason : science-fiction métaphysique

IMG_20180215_163343_224Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas proposé de chronique littéraire. Il est temps de remédier à cela et comme promis je vous fais part de mon avis sur LoveStar de Andri Snaer Magnason. Un roman de science-fiction qui non content de poser les bases d’un univers régi entièrement par la publicité, propose également une vision de la vie, l’amour, de la mort (et par extension, de dieu). J’ai rarement de coups de cœur en science-fiction car le côté magie qui me transporte n’est par définition pas dedans mais je dois dire que j’apprécie toujours les questions existentielles qu’ils peuvent soulever pour certains et on peut dire que j’ai été servie avec LoveStar.

Grand Prix de l’imaginaire 2016 – Roman étranger

Résumé : LoveStar, industriel génial et visionnaire, a bâti sa fortune sur un système de communication inspiré des oiseaux migrateurs, libérant pour toujours l’humanité du carcan de l’électronique. Et ce n’était que le premier jalon de son empire. Entre autres inventions révolutionnaires, REGRET vous permet de rembobiner vos enfants, inLove calcule votre âme soeur sans erreur possible, et avec LoveMort vous pouvez offrir à vos concitoyens le spectacle grandiose de votre corps changé en étoile filante. Indridi et Sigidur filaient le parfait amour, jusqu’au jour où Sigidur reçoit sa lettre d’inLove : ça y est, le système a trouvé son seul et unique… mais ce n’est pas Indridi !

Une société de sur-consommation

Sur la base des inventions d’un savant fou, Andri Snaer Magnason nous propose avant tout de découvrir une société extrême. Etant très sensible à la consommation, que ce soit la mienne (je réfléchis à chaque achat non indispensable par exemple), ou celle de la planète et du mouvement global de l’humanité, j’ai particulièrement été écœurée par ce que l’auteur décrit (et sans aucun doute condamne). La publicité a envahit le quotidien, à tel point que l’humain est bombardé sans discontinuer par des spots commerciaux tout au long de la journée, ciblés en plus de ça pour correspondre à chaque groupe d’individu afin d’être certain à 99,9% de provoquer l’achat. Autant vous le dire tout de suite : la journée du Black Friday en octobre dernier m’a totalement traumatisé, j’ai résilié 95% de mes newsletters et je supporte de moins en moins la pub où quelle soit car je me mets à l’analyser (quel public elle vise ? le message est-il pertinent ? abusif ? équilibré ? Me prend-on pour une courge ? Oui ? Non ? Sbravaradjan ?) Alors oui, ce livre, cette société décrite m’a parlé. Et elle m’a dit que c’était définitivement un truc que je détesterai. Cela dit, l’univers est intéressant car justement l’auteur dénonce une certaine dérive vers le « too much » question publicité et j’ai apprécié son propos.

Les questions de toute une vie, de toutes les vies

En parallèle de cet univers qui situe particulièrement bien le lecteur, Andri Snaer Magnason s’attache aux trois questions fondamentales de l’être humain : la vie (autrement dit, la naissance), l’amour et la mort. Le personnage du savant fou s’attache à développer des « produits consommables » pour chacune de ces trois domaines.

Tout d’abord : les naissances. Il est possible de « rebooter » un enfant jusqu’à un certain âge s’il n’est pas conforme dans son comportement à ce que les parents attendent. Il y a trois essais, trois éprouvettes contenant exactement le même ADN. Autant dire que si vous foirez l’éducation du premier, pas de soucis, vous pouvez vous rattraper. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point cela semble incroyable et éthiquement discutable.

Ensuite : l’amour. Le savant fou met au point un programme qui trouve votre âme sœur. Pratique pour certains. Mais quid de la spontanéité ? De l’évolution des goûts et de la mentalité ? Des circonstances de vie tout simplement ? De la beauté d’une rencontre ?… Les deux personnages que nous suivons dans le roman en font les frais et il est bien difficile d’aller contre le système…

Puis : la mort. Une nouvelle fois, le savant fou a une idée. Plus de cimetières, on envoie les défunts dans les étoiles dans des capsules et se transforment en étoiles filantes. En soi, l’idée est poétique. C’est sans doute l’idée la moins scandaleuse en terme d’éthique du roman.

Enfin : se pose la question de Dieu. Et c’est une évidence, l’auteur ne s’engage pas dans une réponse mais le savant fou se met bien en quête de cette entité qui transcende les âmes en cherchant l’endroit où vont les prières de l’humanité. Car oui, il l’a découvert : les prières vont bien quelque part.

Lire ou ne pas lire : LoveStar de Andri Snaer Magnason ?

Pour tout dire, je suis assez conquise par ce livre. Sans être un coup de cœur, je pense que c’est un livre dont je me souviendrai longtemps car il pose des questions et fait réfléchir à des choses fondamentales. C’est peut-être pour ça que le livre à reçu un prix : il parle forcément à tout un chacun. Tout le monde à son opinion, sa vision de la vie/l’amour/la mort/Dieu, et chacune de ces visions est différente et peut s’enrichir d’autres raisonnements. C’est bien là tout l’intérêt de la philosophie et de la métaphysique.
J’ajouterai que même s’il s’agit d’un roman de science-fiction, le vocabulaire employé (notamment due aux sujets traités) n’a rien d’incompréhensible comme parfois dès que l’on aborde le cyberpunk et la robotique. L’écriture est fluide, simple tout en développant un contenu d’un intérêt certain. Un très bon livre que je recommande aux amateur.ice.s de science-fiction et celleux qui aiment parfois se questionner sur les grandes énigmes de l’humanité.

N’hésitez pas à aller lire d’autres chroniques : Un Rat des villes

Si vous l’avez déjà lu, je suis bien curieuse de connaître votre avis aussi ? C’est le genre de livres qui amène forcément des discussions. Et si non, avez-vous l’intention de le lire ?

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Interférences – Connie Willis : Trop d’interférences

51FrTeNyt1LJe remercie les éditions Bragelonne et NetGalley pour cette lecture.

Comme chaque semaine, on débute avec une chronique littéraire. J’ai terminé le week-end en compagnie d’Interférences de Connie Willis, une lecture qui m’a pris un peu de temps, pour diverses raisons. Notamment celle du fond du récit, ou plutôt de sa forme. Parce que autant j’ai totalement adoré le pitch de base, l’intrigue et son développement, autant j’ai trouvé certains passages longs, d’autres extrêmement oppressants. Je vous en dis plus mais avant, de quoi ça parle, Interférences ?

Résumé : Dans un futur proche, une intervention cérébrale a été mise au point pour améliorer la vie de couple. Briddey se réjouit quand Trent, son petit ami, lui propose cette opération avant leurs fiançailles : ils percevront les pensées l’un de l’autre et leur lien émotionnel en sera renforcé. Or les choses ne se déroulent pas comme prévu : malgré elle, Briddey se retrouve connectée à quelqu’un d’autre. Les choses empirent quand elle découvre la propension étrange de sa famille à s’immiscer dans ses pensées… Briddey prend alors conscience des risques d’un excès d’informations. Elle comprend que l’amour – et la communication – s’avèrent bien plus complexes qu’elle ne l’imaginait… (Babelio)

Interférences pose le problème de la communication (et surtout de la connexion) à outrance. Evidemment, c’est une problématique majeure de notre société ultra-connectée et qui vise à l’être toujours plus, moyennant une intoxication à la publicité par la même occasion. C’est un sujet qui m’intéresse, forcément, et m’interroge. Depuis quelques années, j’y suis sensible et si je suis quelqu’un de très connectée (encore plus depuis que je blogue) j’ai toujours eu besoin de prendre du temps pour poser les choses, mettre de la distance. Vous l’aurez peut-être remarqué mais le week-end, je suis rarement sur les réseaux sociaux et de manière générale, j’ai horreur du téléphone, la sonnerie appels ou notifications me procure un stress absolu quand je l’entends, aussi, il est très souvent en silencieux (vérifiant régulièrement messages/appels/notifications quand je sais avoir le temps de répondre). C’est presque une phobie. Et Interférences joue particulièrement bien son rôle là-dessus. Briddey, l’héroïne, est parfois tellement sollicitée par diverses personnes de son entourage (famille, emploi, etc…) que j’en avais la gorge serrée pour elle. Forcément, j’ai du poser le livre plusieurs fois durant ma lecture pour prendre des pauses et ne jamais rentrer trop complètement dans cette histoire.

Parce que level up de la connexion/communication à outrance, c’est la télépathie. Nom de Zeus, c’est une véritable horreur ! Où passe la vie privée ? Le roman nous le fait bien comprendre : disparue. La notion n’existe plus. Je vous épargne le réseau d’embrouilles qui se forme au fur et à mesure du récit, principalement car Briddey n’est pas connectée à la bonne personne, mais sachez que c’est à s’arracher les cheveux de la tête. Je me suis d’ailleurs souvent demandée pourquoi elle ne se jetait pas d’un pont ou de la fenêtre de son appartement…

Malgré ce sentiment d’angoisse rondement amené par le développement de l’intrigue par Connie Willis, j’ai trouvé certains passages excessivement longs voire répétitifs. Forcément, cela touche les pensées, en plus de ça on a des intrusions de communication de tous les côtés, résultats les digressions sont nombreuses. Trop nombreuses. Ce qui est franchement dommage. Je me suis demandée si l’auteure aurait pu trouver une autre façon de raconter son récit évitant ces longueurs mais je n’ai rien trouvé qui aurait permis de vraiment entrer dans les détails de ces connexions télépathiques. Malheureusement, le texte en pâtit.

Lire ou ne pas lire : Interférences de Connie Willis ?

Evidemment, si le sujet de la communication et ses dérives vous intéresse, je pense que le livre peut vous plaire. Vous le savez maintenant, il y aura quelques longueurs, mais l’histoire est vraiment intéressante. Si ce n’est pas trop votre trip, je me vois dans l’obligation de vous dire que vous pouvez passer au livre suivant. Pourtant, la plume de l’auteure m’ayant beaucoup plu, ce livre ne sera que le premier que je lirai d’elle et je compte bien jeter mon dévolu sur Blitz dès que l’occasion se présentera.

D’autres chroniques : Boudicca (Le Bibliocosme)

Blade Runner 2049 – Denis Villeneuve : une claque visuelle

597734.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxPour bien commencer la semaine, on attaque avec un retour sur un film que j’attendais particulièrement. J’avais beau ne pas avoir vu Blade Runner avant le printemps/été dernier, pas eu l’occasion de le voir à la TV et absence sur la plateforme Netflix, c’était quand même le genre que j’affectionnais particulièrement. Mais par dessus tout, c’est la présence de Harrisson Ford qui me rendait impatiente. J’ai beau adorer Ryan Gosling (je ne suis pas un monstre aveugle), Harrisson Ford c’est toute mon enfance et adolescence entre Indiana Jones et Han Solo. Me voilà donc enfin devant vous pour vous parler de ce film dont le public attendait vraiment beaucoup.

Synopsis : En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies… (Allociné)

Quand je suis sortie de la salle de ciné, j’étais totalement sous le choc. Choc visuel. C’est bien ce que l’on retient en premier de Blade Runner 2049. L’image. A l’instar du premier film, on retrouve énormément de contemplation de l’univers. Un univers apocalyptique, des villes grouillantes de vies (ou plutôt de survies), des lieux désolées, déserts, des plaines ravagées par une catastrophe, d’autres tout simplement désertées pour les villes. On en prend plein les yeux. Que ce soit des images ultra-chargées dans la ville ou totalement nue en dehors, on a l’impression d’avoir une superposition de cartes postales magnifiques appelant l’imagination.

En terme d’intrigue, on est complètement dans une suite du premier. Les humanoïdes Nexus 8 sont dit obsolètes et les Blade Runner toujours chargés de les éliminer. Particulièrement ceux-là. Comme dans le premier, la réflexion porte sur l’humanité de ces humanoïdes qui pensent, réfléchissent, éprouvent des sentiments comme l’espoir ou le doute, même l’amour (ce que le personnage de Ryan Gosling exprime par exemple). Là où le premier film posait la question, 2049 nous incite clairement (selon moi) à nous positionner sur la question : oui ils peuvent être considéré égaux humains. Et c’est peut-être pour ça qu’ils sont d’autant plus dangereux. Ce sont des Humains 2.0. La question étique et morale repose plutôt sur ça : un humain peut-il être amélioré (au même titre qu’une machine) ? Dit comme ça, vous et moi répondrions avec affect : bien sûr que non ! Et pourtant en sortant du film, même si la réponse peut toujours être la même, le doute s’installe, des nuances particulières viennent s’immiscer dans la réflexion.

En terme de casting, je dois bien dire qu’il est particulièrement réussi. Harrisson Ford est toujours parfait dans son rôle de Rick Deckard. Ryan Gosling plante un superbe Blade Runner, frois, violent, mais capable de doute et d’amour. Jared Leto en tant qu’acteur déjà ambigüe de nature incarne un étrange méchant aveugle à la limite (ou pas) du gourou. J’ai particulièrement apprécié Ana de Armas qui interprète le rôle de Joi, le programme informatique de partenaire féminin. Au début, j’ai été assez déstabilisée par ce personnage qui me semblait juste être la pour faire de la figuration et montrer qu’il y a des actrices dans le film, mais au fur et à mesure, je lui ai trouvé beaucoup de subtilité et de symbolisme.

La seul ombre au tableau, c’est le traitement du corps de la femme. Je me suis fait la remarque pendant le film, c’est peut-être du pinaillage dans la totalité du film qui est excellent (et le reste totalement). Le nombre de fois où l’on voit un corps nu de femme à l’écran est assez important. Je peux concevoir le fait que cela fasse parti de cet univers, c’est peut-être là où c’est le plus vicieux car cela passe très bien à l’écran et dans l’intrigue. Le fait est que si le corps féminin est utilisé comme objet, le corps masculin, lui est totalement absent. Il y a nettement une surexposition du corps féminin seulement (je ne suis pas totalement contre l’objectification du corps dans notre société de consommation, par contre je suis contre le fait que ce ne soit le cas qu’avec le corps de la femme). Je comprends le parti pris mais dans notre société et dans ce que l’on veut faire passer comme message (notamment aux ados qui iront voir ce film), il est temps de se demander comment va être perçu tout ça. Je reconnais que ce n’est pas évident, qu’on peut tomber facilement dans le « je-ne-montre-plus-rien » mais le problème c’est que cela demande une réflexion avec les jeunes après visionnage qu’ils n’ont pas forcément et de fait n’ont pas le recul nécessaire pour se dire par exemple « oui le corps de la femme est mis en avant, vu comme un objet, non ce n’est pas le cas dans la vie réelle ». A une époque où le harcèlement de rue pose autant problème, ce genre de détails deviennent malheureusement importants.

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Voir ou ne pas voir : Blade Runner 2049 ?

Malgré cette exposition du corps féminin, Blade Runner 2049 a vraiment répondu à toutes mes attentes. Il est dans une belle continuité du premier film, le casting est très bon, la réalisation excellente. Le plus gros point fort est pour moi la photographie. J’ai adoré les images, les plans, les costumes, les contrastes, les jeux de lumières, tout au niveau visuel m’a subjugué et je n’ai hâte que d’une chose : le revoir ! Me faire même une après-midi avec la duologie car pour 2049 semble vraiment avoir été pensé dans cet état d’esprit et ce n’était pas gagné après autant d’année entre les deux. Denis Villeneuve et toute son équipe ont fait un travail exceptionnel qui ne nous vend pas 2049 comme un film « suite », « je-surfe-sur-la-vague », bien au contraire. Un excellent moment de cinéma !

source photos : allociné

Le sultan des nuages – Geoffrey A. Landis

IMG_20171004_172436_325Depuis le début, cette nouvelle collection de la maison d’édition Le Bélial’ me fait de l’oeil. Il s’agit de la collection de « Une heure-lumière » aux couvertures épurées et aquarellées renfermant un contenu de science-fiction. Le prix particulièrement abordable de cette collection (moins de 10€) m’a incitée à la découverte (en plus des sublimes couvertures) et mon choix s’est porté sur Le sultan des nuages de Geoffrey A. Landis dont le titre me vendait déjà du rêve. Un rêve, c’est le moins que l’on puisse dire pour qualifier ce court récit…

Résumé : L’humanité a colonisé le système solaire au bénéfice de consortiums privés omnipotents régnant sur les transports spatiaux. Et ce jusqu’à la plus infernale des planètes, Vénus, dans l’atmosphère létale de laquelle flottent de stupéfiantes cités volantes, véritables miracles de technologie high tech.
Plusieurs milliers d’entre elles sont sous la coupe d’un seul et même individu, Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum, le sultan des nuages, qui n’entrera en pleine possession de son héritage qu’une fois marié, et dont l’immense pouvoir attire toutes les convoitises.
Pour David Tinkerman et le Dr Léa Hamakawa, scientifiques récemment arrivés de Mars en vue d’une expertise, les forces souterraines à l’oeuvre autour du jeune satrape vont vite s’avérer plus mortelles que Vénus elle-même… (Babelio)

A la lecture de ce récit, j’ai bien senti que j’étais vraiment novice en matière de science-fiction dure (cyberpunk etc…). En effet, on se retrouve dans un univers futuriste où les sociétés se sont transformées (beaucoup) et les technologies également. Tellement que j’en perds mon latin (ou en tout cas mes bases de références). Je suppose que c’est dû au fonctionnement de mon cerveau. Mes études d’histoire, ma préférence pour les périodes historiques, tout ça fait que je me sens immédiatement déstabilisée dans un univers trop futuriste qui chamboule les sociétés et mentalités. Mais ça n’en est pas moins intéressant pour l’esprit de devoir faire cette gymnastique.

Dans Le sultan des nuages, il existe toujours des privilégiés et d’autres qui le sont moins. Sur ce plan là, on reste dans des choses malheureusement bien connues. Les privilégiés sont au-dessus du reste du monde (en l’occurrence de la population vénusienne). Bref, quand on creuse un peu, on arrive à se raccrocher à des détails qui m’ont permis personnellement une certaine stabilité.

Le récit est très court. L’intrigue n’est donc pas énormément poussées. C’est presque un prétexte à la description d’une société nouvelle. A travers les yeux du narrateur, le lecteur découvre donc ce monde de technologies avancées, les villes flottantes de Vénus et son bien jeune dirigeant le sultan des nuages. Et quelle imagination. Geoffrey A. Landis m’a fait complètement rêver avec son univers. En à peine 100 pages, je n’étais plus sur terre en 2017 mais bien sur Vénus dans un futur indéfinissable.

Lire ou ne pas lire : Le sultan des nuages de Geoffrey A. Landis ?

Les amateurs de science-fiction dure aimeront sans aucun doute la plongée dans ce récit original. Pour les autres, ce sera certainement un peu plus complexe, cela demandera un certain travail pour trouver ce qui vous fera aimer le livre. Dans mon cas, j’ai pu trouver ce petit truc qui m’a stabilisé et qui m’a permis d’apprécier ma lecture. Il ne conviendra sans doute pas à tous les lecteurs mais ce texte ne démérite vraiment pas dans le paysage de la science-fiction.

Conclusion (1)

Mois de l’imaginaire | 3 livres de Science-fiction à lire

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Coucou les Earl Grey’s !

Pour cette première semaine du Mois de l’imaginaire, je vous propose des suggestions de lectures sur la Science-Fiction. A savoir qu’on y trouve beaucoup de sous-genre comme les utopies, dystopies et uchronies (relevant du fonctionnement des sociétés) mais aussi biopunk, cyberpunk (relevant de la technologie) ou encore du steampunk (que je ne vous présente plus sur ce blog tellement j’en lis). Autant dire qu’il y a matière à découvrir du côté de la science-fiction et moi-même qui n’étais pas forcément adepte du genre, j’ai appris à affiner mes préférences car ce dont je ne suis pas adepte finalement, c’est de la science-fiction dite dure relevant de la technologie (encore que les voyages dans le temps font considérablement exception).

L’Empire Electrique – Victor Fleury (Bragelonne)

61HEqyAVlKLVous me connaissez, le steampunk c’est ma tasse d’Earl Grey, il était évident que je vous en propose. J’ai choisi en plus de vous suggérer un auteur français car finalement, en steampunk, on en trouve assez peu. Voici donc l’univers électrique de Victor Fleury qui pioche son inspiration dans les romans de Jules Verne et la capitale lyonnaise d’un vaste empire européen. Un univers riche et bien construit qui nous plonge dans un XIXe d’inspiration française. J’ai beau adorer le Londres victorien, je ne peux que reconnaître cette originalité et vous conseiller de le lire.

Résumé : En cette fin du XIXe siècle, au cœur de l’Empire Électrique, les technologies voltaïques ont transformé la civilisation. L’Europe, sous le règne de Napoléon II, domine la planète.
Pourtant…Un terroriste insaisissable menace l’ordre établi en Écosse française. Les Bonaparte décident de recourir aux services d’un prisonnier politique aux talents fameux, un certain Sherlock Holmes…
Marc Frankenstein est l’héritier d’une lignée de savants. Il pratique une science revitalisante, la médecine voltaïque. Un soir, la police vient le chercher à son domicile. Le docteur devra faire face aux sombres secrets de sa famille…
L’Australie est une terre de non-droit où sont déportés les utopistes de tout poil. Gavroche Thénardier, vieux révolutionnaire, est capturé et enfermé dans le terrible bagne Vidocq. Pour s’évader, il rassemble une équipe de prisonniers…
Le capitaine Nemo, cet infâme pirate, ressurgit après trente ans de silence pour attaquer la flotte française. Le lieutenant Justinien, son ennemi de toujours, embarque à bord du Léviathan pour lui donner la chasse…
Figures historiques et mythes littéraires se donnent la réplique dans ce recueil de nouvelles aussi réjouissant qu’endiablé, livré par le nouveau talent du steampunk à la française ! (Babelio)

Poumon Vert – Ian Macleod (Le Belial’)

51ea4iw4rKL._SY346_Conseillé par une libraire Sauramps en Cévenne : Lucile Aubry. Pour elle, il s’agit d’un court roman SF, initiatique et humaniste, épatant qui se déroule au rythme nonchalant des saisons d’Habara. Selon elle, l’auteur est trop méconnu en France. A découvrir !

Résumé : Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour – le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards – oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes… (Babelio)

L’homme tombé du ciel – Walter Tevis (FolioSF)

51PPJYPE1XL._SX282_BO1,204,203,200_S’il y a bien une chose qui m’a toujours attirée dans la science-fiction, c’est la découverte d’autres formes d’intelligence, d’autres civilisations. Oui dans Stargate, j’étais totalement fan de l’archéologue-linguiste capable de trouver un moyen de communication avec n’importe quelle forme de vie. La classe intégrale. Aussi, je choisi de vous proposer un livre d’extra-terrestre où ce dernier doit apprendre à vivre avec notre mode de vie. Un choc des cultures, une plaidoirie sur l’évolution de notre société telle que nous la connaissons, et pourtant écrite dans les années 80.

Résumé : Il est venu seul de sa planète détruite par les guerres et dont la civilisation va disparaître. Il est venu chercher de l’aide, mais à qui peut-il s’adresser sans passer pour un envahisseur ? Pourtant, si les rescapés d’Anthéa parvenaient à le rejoindre sur Terre, leur science et leur expérience pourraient éviter à notre planète de subir un destin similaire. Mais il est si seul, écrasé par une pesanteur trop forte, malhabile, malheureux malgré la fortune que lui rapportent ses brevets d’inventions… Et puis, que peut apporter à sa race ce monde arriéré qui a brisé ses ailes ? Une œuvre mélancolique et grave, qui a donné lieu à une adaptation cinématographique où David Bowie, plus diaphane que jamais, tenait magistralement le rôle de L’homme qui venait d’ailleurs.  (Babelio)

Et vous quel est LE livre de science-fiction (tout sous-genre confondus) que vous conseilleriez ? Un de ceux-là si vous les avez lu ? D’autres ? Dites-moi tout !