L’âge de raison – Jami Attenberg : attention, lecture à risque

IMG_20180503_125636_737Je remercie les éditions Les Escales pour l’envoi de ce roman.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le dernier roman de Jami Attenberg, L’âge de raison. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a deux ans, j’avais découvert l’auteure avec Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés et ce roman avait été un énorme coup de cœur tant sur le fond que sur la forme car il présentait une narration particulière qui donnait beaucoup d’originalité à l’histoire. C’est donc avec enthousiasme que je souhaitais découvrir son dernier roman. Malheureusement, comme tout bon auteur, parfois l’originalité parle au lecteur, d’autre fois, pas du tout. Et pour le coup… ça n’a pas fonctionné du tout pour moi avec L’âge de raison.

Résumé : Les tribulations d’une New-Yorkaise bien décidée à vivre selon ses propres règles. Autour d’Andréa, célibataire légèrement alcoolique ayant renoncé à sa vocation artistique, tout le monde semble avoir une idée bien précise de ce que signifie  » être adulte  » : Indigo, sa meilleure amie, a choisi de se marier, son frère vient de devenir papa, et son ami Matthew consacre tout son temps à la peinture en espérant percer un jour. Pour Andréa, la vie d’adulte ressemble surtout à une lutte permanente. À l’ombre de l’Empire State Building, elle cherche sa voie. Comment tracer son chemin à New-York quand on aime les pas de côté ? Existe-t-il vraiment un âge de raison ?

Honnêtement, avec le résumé, je m’attendais à un roman plutôt léger abordant le sujet si particulier de l’âge de raison, ce moment où l’on passe de l’adolescence à l’âge adulte (si tant est qu’on y passe un jour, ce qui à mon sens, n’a rien de sûr). Bien mal m’en a pris.

Loin de retrouver une Bridget Jones un peu plus raisonnable que l’originale, je me suis retrouvée avec un Droopy qui n’en menait clairement pas large et qui refusait de prononcer sa mythique phrase indolente « I am happy ». L’héroïne n’est pas happy. Mais alors pas du tout. Du tout. Du tout. A tel point que j’ai peiné à terminé les malheureuses 200 pages qui composent le roman tant la morosité ambiante, soutenue par un récit à la première personne du sujet, était lourde.

Loin de moi l’idée de dire que le livre est mauvais, attention. J’ai tout de même retrouvé la plume vraiment agréable à lire de Jami Attenberg et, en soi, le roman est une tranche de vie particulière correspondant à cet âge de raison. L’héroïne se cherche, se cherche beaucoup, se trouve assez peu, mais le lecteur découvre un personnage abîmé par la vie dans son être profond et dans ses interactions avec le monde : ses amis, sa familles principalement.

Mais ce n’est vraiment pas le genre de livre que j’aime lire. A aucun moment je ne me suis sentie vraiment à l’aise durant cette lecture et le personnage principal m’était totalement antipathique. Ses choix de vie me paraissaient tous dénués de logique (à part une logique auto-destructrice, sans aucun doute) et cette façon de vivre se trouve tellement à l’opposé de la mienne que j’ai eu beaucoup de mal à éprouver des émotions pour/avec elle. Droguée, alcoolique, auto-centrée et j’en passe… Quel dommage ! Je suis bien d’accord que l’art est censé provoquer des sentiments (quels qu’ils soient, même négatifs) mais je trouve aussi important de susciter des émotions positives, surtout dans le monde dans lequel nous vivons.

Lire ou ne pas lire : L’âge de raison de Jami Attenberg ?

Vous aimerez ce livre si vous êtes un peu maso et que vous aimez les histoires tristes, les personnages torturés jusqu’à la moelle et les tranches de vie.
Vous aimerez moins si vous adorez vraiment beaucoup la chick litt, on y est pas du tout.
Pour ma part, je recherche de bonnes ondes dans mes lectures et ce n’est définitivement pas ce que je retiens de ce livre. Mazie était bien plus porteur de positivisme et d’espoir que celui-ci, très sombre. Pas de coup de cœur donc, mais je suivrais tout de même l’auteure car son style est particulièrement intéressant.

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[Rentrée Littéraire] Mazie, Sainte patronne des fauchés et des assoiffés – Jami Attenberg

IMG_20160812_093152C’est Mazie qui ouvre le bal de mes chroniques concernant les livres de la rentrée littéraire. Et quelle entrée en matière! Quand j’ai lu le résumé de ce livre, je me suis dit qu’il pouvait être sympathique, que ça changerait un peu de l’ordinaire. Et je ne croyais pas si bien dire car c’est un coup de coeur (et vous savez combien je suis difficile en coup de coeur). Je remercie donc chaudement les Editions Les Escales de m’avoir permis de découvrir un si beau livre, qui, je l’espère fera parler de lui car il le mérite.

Résumé : Personnage haut en couleur, Mazie Phillips tient la billetterie du Venice, cinéma new-yorkais du Bowery, quartier populaire du sud de Manhattan où l’on croise diseuse de bonne aventure, mafieux, ouvriers, etc. Le jazz vit son âge d’or, les idylles et la consommation d’alcool – malgré la Prohibition – vont bon train. Mazie aime la vie, et ne se fait jamais prier pour quitter sa « cage » et faire la fête, notamment avec son amant « le capitaine ».
Avec l’arrivée de la Grande Dépression, les sans-abri affluent dans le quartier et la vie de Mazie bascule. Elle aide sans relâche les plus démunis et décide d’ouvrir les portes du Venice à ceux qui ont tout perdu. Surnommée « la reine du Bowery », elle devient alors une personnalité incontournable de New York.
Dans ce roman polyphonique, Jami Attenberg nous fait découvrir Mazie – dont on entend la gouaille à travers les lignes de son journal intime –, mais aussi Soeur Ti, son unique amie, sa soeur Jeanie, l’agent Mack Walters, porté sur la bibine et qui aime flirter avec elle… Le lecteur découvre, fasciné, une personnalité hors du commun et tout un monde bigarré et terriblement attachant. Lire la suite »