American Gods – Neil Gaiman : des dieux païens en amérique

IMG_20170420_142945_565Avec l’actualité d’American Gods de Neil Gaiman, j’ai du m’empresser de sortir le livre en vitesse de ma PAL le mois dernier pour pouvoir le lire avant de regarder la série. Premier épisode qui a d’ailleurs déjà été diffusé il y a quelques jours. Ne l’ayant pas encore regardé, je dois vous avouer que je suis particulièrement sceptique car American Gods est le genre de livre vraiment difficiles à adapter en image. Je me pose énormément de question sur les choix scénaristiques et la réalisation de certains passages (pour ne pas dire tous). Je prévois de le regarder avant publication de cette chronique, je vous donnerai un petit avis là-dessus à la fin du billet.

Résumé : Neil Gaiman sait redonner aux légendes établies un souffle nouveau. Celui qui, dans une nouvelle éblouissante, a osé présenter Blanche-Neige comme une criminelle sadique, se permet, dans American Gods, de mêler mythologie et conflits de l’Amérique d’aujourd’hui… Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d’émigrants, ils pensaient trouver un territoire à la mesure de leurs ambitions. Peu à peu, cependant, leurs pouvoirs ont décliné : Anubis – l’ancien dieu des morts égyptien – en est réduit à travailler dans une entreprise de pompes funèbres ! Et de nouvelles idoles – cinéma ou Internet – se sont imposées. C’est pourtant un humain, Ombre, qui se retrouve au cœur d’un conflit titanesque : à peine sorti de prison, découvrant que sa femme est morte et que son meilleur ami était son amant, il accepte un contrat aussi dangereux qu’étrange… Passionnant roman-fleuve, American Gods confirme que Neil Gaiman est un auteur aux ambitions littéraires affirmées et un raconteur d’histoires hors du commun. –Stéphane Nicot (Babelio)

Du Neil Gaiman à l’état pur

Pour tout les inconditionnels de Neil Gaiman, ce livre vous plaira sans aucun doute. On retrouve dans American Gods la plume particulière de l’auteur, les références culturelles (et les recherches qu’il a faite), ce petit côté légendes urbaines qu’on aime et surtout ce petit grain de folie mêlé à un peu de magie (plus ou moins sombre selon les livres). Si on apprenait un jour que Tim Burton et Neil Gaiman sont frères ne me surprendrait absolument pas !

Vous me connaissez, vous savez que je suis fan de Neil Gaiman, j’ai donc apprécié cette lecture. Je crains toutefois de ne pas avoir saisi des références trop subtiles liées à la culture américaine. Vous savez, ces moments où on sent qu’il y a quelque chose de bien mais qu’on arrive pas à mettre le doigt dessus ? ça m’est arrivé quelques fois avec American Gods. Il n’empêche, c’est un récit drôlement particulier et je ne suis pas certaines qu’il plaise à tout le monde. On découvre les choses au compte-goutte, le lecteur n’en sait pas plus que le personnage principal, Ombre, voire moins et cela laisse une sensation étrange de ne pas vraiment parvenir à s’approprier l’histoire à chaque fois que l’on referme le livre pour dormir. Mais au fond, peut-on vraiment s’approprier l’histoire des Dieux ? Sans aucun doute, non.

Au final, ceux qui connaissent déjà l’auteur le savent déjà, c’est un livre dans lequel il faut se laisser porter, accepter de ne pas comprendre tout dans l’instant. Les réponses sont diffuses, elles viennent tard dans le récit comme l’eau qu’on donne enfin à un assoiffé. La frustration éprouvée durant la lecture se transforme alors en sourires et je me suis dit « ça va, il a bien géré son coup ».

Entre ésotérisme, paganisme et hallucination collective

Comme vous le savez ou devinez, dans American Gods, les Dieux jouent un rôle important. Il y en a quelques uns qui sont même principaux, récurrents. Bref, ce n’est pas simplement le décors. L’histoire même de chaque personnage s’ancre dans une tradition mythologique profonde utilisant des caractéristiques et des attributs de pouvoir (ou non) connus. Neil Gaiman a fait un gros travail de recherches là-dessus et si j’en ai reconnu l’effort sur les dieux que je connaissais, j’aimerais lire également d’autres mythologies qu’il utilise dans son récit pour en saisir toute la richesse.

Avec le style de Gaiman, le paganisme prend un véritable aspect ésotérique avec des Dieux puissants mais sur la déchéance (un peu comme Hero Corp dans la saison 1 voyez), ils se sont posés, ont vécu des vies plus ou moins morales tout en gardant la mélancolie de leurs cultes passés. Oui, ça frôle l’hallucination collective. Par moment, je me suis demandé si Mr. Monde et tous ses autres Messieurs n’avaient pas raison de dire que ces mecs se prétendaient juste être des dieux et devaient finir en asile psychiatrique. Et ouai. Mais c’est tout l’art de Gaiman. Car jusqu’à la fin, on se demande si on a vraiment à faire à des dieux ou pas. Des fois on en est persuadé, d’autres fois, on doute. Bref, un régal.

Lire ou ne pas lire : American Gods de Neil Gaiman ?

J’aurais du mal à vous dire de ne pas lire American Gods, j’ai adoré. J’ai retrouvé la plume d’un auteur que j’adore, son sens de la subtilité, des détails et du laisser aller de l’imagination qu’il provoque. J’ai aimé ses recherches sur les différentes mythologies, principalement scandinave, mais aussi égyptienne, indienne, africaine, celte et j’en passe… Pour autant, je ne le conseillerai peut-être pas à tout le monde. Contrairement à Stardust qui peut plaire à un lectorat très large, American Gods plaira beaucoup plus aux amateurs affichés de SFFF aimant plonger dans la magie et parfois l’absurde, la métaphysique et le laisser aller.

Histoire : 4/5 – Personnages : 5/5 – Style : 4/5 – Originalité : 5/5
Total : 18/20

Bref retour sur le 1e épisode de la série : Et bien c’est une grosse claque. Moi qui me demandais comment ils pouvaient mettre en images certaines scènes, ils l’ont fait. Et bien par dessus le marché ! Le visuel est sublime et colle vraiment bien à l’ambiance du livre. Les scènes, la chronologie du livre sont plus que bien respectées à mon sens alors que cela me semblait le plus difficile à faire avec les « histoires » parallèles et les rêves d’Ombre. En parlant d’Ombre, je suis totalement amoureuse de l’acteur et de son interprétation du rôle ! Moi qui ne suis d’habitude pas attirée par les blacks, je dois dire que je trouve Ombre carrément sexy, touchant et j’en ferai bien mon 4h.
La série est totalement psyché, autant, si ce n’est plus que le livre mais qu’est-ce qu’elle est bien faite. Malgré l’aspect un peu gore (beaucoup de sang) (ce qui était prévisible à la lecture du livre cela dit), tout y est. Le visuel, le respect du texte et un casting à tomber. A lire ET à voir donc !

Stardust – Neil Gaiman : Conte de fée et poussière d’étoile

img_20161215_135349Ce n’est pas une découverte de Stardust que j’ai effectué avec cette lecture, c’est plutôt une plongée dans un univers magique, un conte de fée bien ficelé que j’ai voulu retrouver au moment des fêtes de fin d’année. J’ai vu le film, j’ai lu le livre une première fois en anglais, j’avais envie de retrouver Tristan une nouvelle fois et je crois que ce sera sans doute un rendez-vous régulier dans ma vie.

Résumé : Un paisible village niché au cœur de la forêt anglaise, non loin d’un mur mystérieux, infranchissable. Mais pas pour Tristan, qui a juré de rapporter à la belle Victoria une étoile filante tombée de l’autre côté … Il y découvre un monde fantaisiste merveilleux où fées, sorcières, licornes et princes sanguinaires se disputent le pouvoir à coups de sortilèges et d’enchantements. Mais gèrent aussi tous les soucis du quotidien en pays magique … (Babelio)

Ce que j’aime particulièrement dans ce livre, dans cette histoire (en dehors du fait qu’elle soit sortie tout droit de l’imagination géniale de Neil Gaiman) c’est que l’on retrouve tous les codes du conte de fée. Je  trouve toujours dans ce genre littéraire une certaine beauté et c’est pour ça que j’aime les réinterprétations des contes de fées, une nouvelle mode mais à laquelle j’adhère complètement. Loin de la réinterprétation de classiques du genre, Gaiman a su construire un nouvel univers magique qui suscite autant de curiosité et réveille les étoiles dans les yeux des lecteurs, et ça, c’est un don particulier qu’il possède et maîtrise totalement.

Gaiman nous entraîne dans une Angleterre victorienne avant de nous faire basculer, lentement mais sûrement, dans un nouvel univers fantastique se situant simplement derrière le Mur. Dès le début, l’auteur suscite donc de la curiosité et une envie d’aventure tout comme son héro Tristan. La présentation de l’étoile, incarnée en Yvaine,  est absolument magnifique et c’est avec beaucoup de poésie que l’étoile est décrite tout au long du récit. Poursuivie par une sorcière et les héritiers du royaume, l’étoile grandit et mûrit de plus en plus, tout comme Tristan. D’ennemi, Tristan devient un ami d’Yvaine, partageant toujours plus pendant leur voyage. Leur histoire est construite avec beaucoup de finesse. Au final, chaque détail s’imbrique dans un autre permettant de surprendre le lecteur à chaque fois.

Lire ou ne pas lire : Stardust de Neil Gaiman ?

La question ne se pose même pas. Neil Gaiman est un de mes auteurs favoris. J’adore les contes de fées. Alors oui, Stardust est évidement à lire pour avoir la tête pleine de magie et de fantastique. C’est une lecture fraîche, simple, mais qui comprend des twists au niveau de l’intrigue qui surprennent même en moins de 300 pages.

Ma note : 20/20

L’océan au bout du chemin – Neil Gaiman : horreur fantastique et poésie

DSC_0066Il faut croire que ce mois-ci j’ai décidé d’avoir les pieds dans l’eau car après avoir lu un livre de pirates, j’ai lu celui-ci : L’océan au bout du chemin. Bon d’accord, l’océan n’est pas vraiment tel que l’on peut l’imaginer mais avec Neil Gaiman, sait-on jamais….

Résumé : «Les adultes suivent les chemins. Les enfants explorent.» De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…
Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l’enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013. (Goodreads)Lire la suite »