FILM | Downton Abbey : comme un air de nostalgie

5790766.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxCela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de film par ici mais excepté durant la semaine de festival de ma ville, j’y vais assez rarement et je choisis avec énormément de soin ce que je vais voir. Pourtant s’il y avait bien un seul film que je ne voulais rater sous aucun prétexte cette année, c’est bien le film de Downton Abbey. Peu importe les appréhensions du passage du petit écran au grand, je me devais d’aller le voir. Point noir le jour de la sortie : il n’est pas dans TOUTES les salles ! Sacrilège ! J’ai donc écumé tous les cinémas loin mais pas trop et j’ai pu finalement jeter mon dévolu dessus. Ouf ! L’honneur est sauf !

Synopsis : Les Crawley et leur personnel intrépide se préparent à vivre l’événement le plus important de leur vie : une visite du roi et de la reine d’Angleterre. Cette venue ne tardera pas à déclencher scandales, intrigues amoureuses et manigances qui pèseront sur l’avenir même de Downton. 

Cette séance a été un véritable bonheur. J’ai souri, je dois dire assez bêtement, pendant la totalité du film. Et je n’ai vraiment pas boudé mon plaisir de retrouver les Grantham, leur personnel et l’immense et majestueux domaine de Downton Abbey.

Je ne vais pas vous mentir : l’intrigue n’est pas fifolle. Celle qui sous-tend la totalité du film est la visite royale. Pas de point culminant, le déroulé n’est clairement pas celui d’un film mais il est parsemé de multiples incidents plus ou moins rapidement résolus et qui font intervenir chacun des personnages que l’on adore (à savoir tous). Pour autant, le film n’est pas mauvais du tout, c’est juste différent de ce que l’on voit habituellement et je me demande s’il n’ouvrirait pas une voie à un nouveau type de films où les tensions dramatiques sont nombreuses et pas forcément à couper le souffle. Peut-être que cela fonctionne parce que je connaissais la série et que j’étais déjà sous le charme ? Mais je pense sincèrement qu’il peut plaire également à celleux qui ne connaissent pas. Je vous renvoie à la chronique de June and cie qui développe très bien cet aspect là.

Le film est un petit bonbon doux-amer. Doux car l’on retrouve avec bonheur ces personnages qui nous ont fait vibrer par leurs histoires durant six saisons, amer parce que l’on sent que c’est une conclusion. Les arcs narratifs de tous les personnages se terminent, chacun trouve un certain bonheur, un objectif, une vie stable ou de nouveaux horizons. Pour preuve une réplique échangée entre Lord et Lady Grantham à la fin qui m’a tiré une petite larme. Pour autre preuve, les plans amoureux sur le château de Downton Abbey comme un majestueux au revoir.

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Je n’ai pas tant que cela à dire sur ce film mais je me devais de dire au revoir à mon tour à ce bel univers créé par Julian Fellowes. Enfin… je parle d’au revoir mais je pense bien me procurer les dvd de la série car le film m’a terriblement donné envie de m’y replonger. Dans tous les cas, il ne décevra aucun de ceux qui ont aimé la série car il répond à nos attentes dans le même état d’esprit que l’on peut l’être : la réalisation est nostalgique, nous rend nostalgique et rien que pour ça, je tire mon chapeau car ce n’était pas un exercice évident.

Connaissez-vous la série ? Prévoyez-vous de voir le film ? Si vous l’avez vu, qu’en avez-vous pensé ? Je suis curieuse de savoir si mon avis est partagé.

source photos : @allociné

Mrs Muir et le fantôme – R.A. Dick : Quand un revenant vous mène la vie dure

IMG_20180528_124722_051Aujourd’hui, je vous entraîne avec moi pour un voyage dans le passé. Cela faisait quelques temps que je n’avais pas lu de livres fin XIXe, début XXe et je dois bien dire que ce fut un séjour agréable en compagnie de Mrs Muir et le fantôme. R.A. Dick est une autrice britannique (1898 – 1979) qui propose dans ce roman un agréable tête à tête entre une veuve et le fantôme d’un capitaine décédé. Je ne savais pas à quoi m’attendre vraiment lorsque j’ai commencé cette lecture mais une chose est sûre, j’aime me laisser surprendre et ce fut le cas ici.

Résumé : Au début des années 1900, en Angleterre, une jeune et belle veuve, Lucy Muir, décide de louer un cottage dans la station balnéaire de Whitecliff où elle s’installe avec fils, sa fille et sa fidèle servante, Martha, afin d’échapper à sa belle-famille.
Dès le premier soir, elle surprend l’apparition du fantôme de l’ancien propriétaire, un capitaine de marine du nom de Daniel Gregg. Se noue alors entre eux une relation d’abord amicale, à peine troublée par quelques bouderies…

Avant toute chose, je précise que j’avais emprunté ce livre à ma mère qui me l’avait chaudement recommandé. Elle l’avait acheté il y a deux ans durant le Festival du cinéma d’Alès, Itinérances, au stand de la librairie Sauramps. Chaque année, on aime bien se laisser tenter par un livre là-bas. Il n’y a que cette année où nous n’avons pas craqué (faut croire qu’on devient raisonnable !) Le livre a donc inspiré un film en 1947, L’Aventure de Mme Muir, mais également une série, Madame et son fantôme, entre 1968 et 1970. Je n’ai vu ni l’un ni l’autre et j’ai donc découvert cette histoire pour la première fois avec le roman.

L’intrigue se déroule en Angleterre, entre Londres, Whitchester et une petite station balnéaire. Mrs Muir, jeune veuve, est forcée de déménager avec ses deux enfants faute de moyens financiers et s’installe avec volonté dans un cottage de bord de mer, hanté. Dès son arrivée, le fantôme du Capitaine Gregg discute avec elle. S’il croyait qu’il la ferait fuir, c’est râpé. Une amitié solide va naître de cette relation entre les deux personnages principaux.

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Lucy Muir est un personnage naïf et fragile, elle ne montre pas un tempérament ni un caractère très fort, souvent influencée qu’elle l’est par son entourage. L’héroïne est donc un brin fade mais cette douceur plate est contrebalancée par le caractère impétueux du fantôme. Bourru, vif, impulsif, un peu grognon aussi parfois, le Capitaine Gregg relève tout le récit et le saupoudre d’une note épicée en plus du comique de situation qu’il dégage souvent. Le fantôme, sans le reconnaître, s’attache rapidement à la veuve à qui il donne rapidement le surnom de Lucia. Sous ses aspects de vieux loup de mer, on lui découvre un cœur qui, même s’il ne bat plus, s’anime dès qu’il s’agit de son amie.

Le récit est court, mais j’ai trouvé cela suffisant. Certes, certains personnages sont laissés de côté mais cela ne m’a vraiment pas dérangé. L’histoire se centre sur la veuve et le fantôme comme l’indique clairement le titre. R.A. Dick a développé un peu les enfants de Lucy mais cela s’arrête là. La narration en est d’autant plus dynamique et la sensation du « juste ce qu’il faut » laisse un très bon goût de lecture après l’avoir terminé.

Lire ou ne pas lire : Mrs Muir et le fantôme de R.A. Dick ?

Sans être un chef d’oeuvre, ce roman a toutes les qualités pour vous faire passer un agréable moment de lecture. J’adore lorsque la littéraire des XIXe et XXe siècle offre aux lecteurs quelque chose de différent des Grands Classiques. Ici, le roman est court, on y trouve du surnaturel et une fin qui flirte sévèrement avec le romantisme. Oui, on s’attend à cette fin. Et alors ? Personnellement, je n’en voulais vraiment pas une autre et j’ai refermé le livre le sourire aux lèvres ! Alors, ça vous dit ?

Pivoines pourpres – Hélène Toulhoat

41-FpkyqIQL._SX324_BO1,204,203,200_Un grand merci à l’auteure, Hélène Toulhoat, pour la découverte de son livre. J’ai découvert une belle plume et un roman extrêmement bien ancré dans la période historique choisie. Lorsque j’ai lu le résumé de Pivoines Pourpres, j’ai immédiatement accepté sa proposition, vous le savez j’adore l’histoire et les romans historiques. Je vous laisse le découvrir avant de vous dire plus sur mon ressenti.

Résumé : Nous sommes en 1827, pendant la Seconde Restauration, sous le règne de Charles X. Anna Seurel, âgée d’une trentaine d’années, vit avec son frère Antoine et ses deux enfants dans une belle maison de maître, située non loin d’Auxerre, dont elle a hérité de son père. Elle est divorcée – cela fut possible jusqu’en 1817 – et a un amant, Gabriel de Sauveterre. Elle se rend compte qu’elle est enceinte de lui ; or, à cette époque et dans ces milieux, être une femme divorcée était une situation très délicate. Pourra-t-elle épouser M. de Sauveterre ? Par ailleurs, lors d’une réunion de famille à l’occasion des fêtes de Pâques, une des domestiques est retrouvée morte dans la serre du parc. De quelle manière est-elle morte ? Pourquoi ? Est-ce un accident ? Ou bien a-t-elle été tuée ? Mais par qui ? Entre la Bourgogne et Paris, Anna et Antoine, aidés par quelques amis, vont s’atteler à la résolution de tous ces problèmes. Non sans mal… (Chapitre.com)

Une période historique méconnue en littérature

1827, la Seconde Restauration en France, en Bourgogne. La période historique et la zone géographique sont déjà très originaux lorsque l’on débute notre lecture. Personnellement, l’histoire de la France à cette période, je l’ai rapidement oublié après mes cours à l’université. Pourtant… Pourtant… Il y a clairement matière à l’écriture et à la romance. Et je trouve ça original. D’autant que Hélène Toulhoat parsème son histoire de petits détails propres à la période comme le fait du divorce possible un temps puis droit supprimé par la suite. Je ne savais pas du tout. J’ai donc appris beaucoup de choses sur une période historique que les français non-spécialistes ne maîtrisent pas forcément.

Hélène Toulhoat a réussi le pari de me faire apprécier une période qui ne m’intéressait pas plus que ça à la base. J’y ai vraiment trouvé du potentiel et c’est un joli cadre pour l’histoire qu’elle nous propose.

Un polar historique

Si on trouve de la romance dans Pivoines Pourpres, autant vous le dire tout de suite : il n’y a pas que ça. Et c’est tant mieux. Je préfère de loin quand il y a une réelle intrigue et que la romance vient enrichir l’intrigue principale, c’est ce que nous offre l’auteure avec brio. Si le jonglage entre les deux est un peu saccadé à mon sens, de longues scènes sur la romance, suivies de longues scènes sur l’intrigue du meurtre, cela ne gène pas vraiment la lecture.

A mon sens, l’accent est tout de même donné à la résolution de l’enquête et même si je ne suis pas du tout polar, je dois avouer qu’avec un cadre historique, j’aime bien. La preuve, j’ai beaucoup aimé découvrir peu à peu, à chaque « interrogation de suspects » apprendre de nouveaux indices. Si le suspense n’est pas à son comble, ce n’est pas très grave. L’intérêt réside dans le cheminement.

J’ai beaucoup aimé les personnages, ils ont une histoire et du caractère. L’héroïne m’était un peu antipathique au début, je la trouvais très rigide et peu à peu, on apprend à la connaître, on découvre son histoire et j’ai fini par m’attacher à elle, son frère et son amant adorable. La vie domestique se mélange à celle de ces aristocrates et on se prend également d’affection pour certains. D’ailleurs j’aurai bien aimé en savoir plus sur la fidèle domestique et confidente de l’héroïne, qui devait sans doute avoir sa propre vision des événements. Globalement, le récit est riche et intéressant et j’ai passé un très bon moment de lecture.

Lire ou ne pas lire : Pivoines Pourpres de Hélène Toulhoat ?

L’auto-édition ne réserve pas toujours des bonnes surprises. Les écueils, les coquilles qui passent à la trappe, les fautes… tout auteur a besoin de relecture, autre que lui-même. Pourtant, Pivoines Pourpres se place dans le haut du panier et mériterait vraiment une publication en maison d’édition. L’histoire tient la route, les personnages sont attachants, enquête et romance sont au rendez-vous, sans compter la plume agréable de Hélène Toulhoat. N’hésitez pas à vous procurer ce roman, je vous promets un bon moment de lecture et une belle continuation à l’auteure.

Pour trouver son roman : ChapitreAmazon

Histoire : 4/5 – Personnages : 5/5 – Style : 4/5 – Originalité : 4/5
Total : 17/20

La dernière impératrice – Daisy Goodwin : Sissi comme on ne la connaît pas vraiment

J’avais repéré ce livre à sa sortie poche à l’automne dernier et du coup j’ai profité de ce « mois milady » pour le sortir de ma PAL et le dévorer. Oui parce qu’en fait ça paye pas de mine, ce n’est pas forcément ce à quoi l’on s’attend, et pourtant, ça passe tout seul ! C’est frais, rafraîchissant et ça se lit bien. Un petit bonheur de retrouver une Sissi bien loin de l’interprétation de Romy Schneider mais quand même, et les deux autres héros qui donne du sel à cette petite histoire…

Résumé : Découvrez la plus méconnue des aventures amoureuses de Sissi. Élégant et raffiné, le capitaine Bay Middleton est le meilleur cavalier d’Angleterre, mais est dénué de fortune. Jusqu’au jour où il rencontre l’intrépide Charlotte Baird, une riche héritière, qui tombe amoureuse de lui. Fuyant la Cour de Vienne et son atmosphère étouffante, Sissi va en Angleterre pour participer à une célèbre chasse à laquelle Bay se rend pour être son guide. Tous deux vont alors vivre une passion, ce qui mettra en péril leur avenir et les relations diplomatiques entre les deux pays…« C’est un régal pour les lecteurs enclins au romantisme… Mêlant les faits historiques à la fiction, Goodwin écrit avec une grâce innée et la finesse de ses dialogues est délicieuse. » Booklist« Un beau livre enchanteur qu’on ne peut poser avant de l’avoir fini. » Publishers Weekly (Babelio)

Les romances historiques, j’adore quand elles me rendent curieuse et qu’elles me donnent envie d’aller creuser un peu plus le sujet pour voir ce qui a été romancé et ce qui a été tiré de faits historiques. Mission accomplie pour La dernière impératrice car une chose est sûre, j’ai envie d’en savoir plus sur la vie de Sissi. J’ai d’ailleurs une biographie dans la bibliothèque familiale que je vais pouvoir sortir. Ce qui m’a rendu curieuse ? Le fait que la Sissi dépeinte soit tellement différente de celle de Romy Schneider principalement, car entre ces deux personnages presque opposés à mes yeux : l’une étant rebelle, adepte de liberté, incapable de s’habituer à un carcan protocolaire; l’autre étant beaucoup plus froide, distante, voire méprisante et parfois même un peu cruelle. Alors c’est sûr qu’il y a une différence d’âge entre les deux aussi puisque dans les films c’est au moment de son mariage et dans ce livre, elle est proche de la quarantaine et grand-mère. Cela dit, ça me rend curieuse de savoir où se situe la vérité et comment elle était en réalité.

Dans La dernière impératrice, ne vous attendez pas (comme moi) à ce que Sissi soit le personnage principal. Elle n’est que secondaire. Le personnage secondaire le plus important, certes. Mais ce n’est pas autour d’elle que s’articule le récit mais bien autour de Charlotte Baird et du capitaine Middleton. Rien de très original dans l’histoire, vous le devinez, c’est une histoire d’amour entre Charlotte et Middleton dans l’Angleterre victorienne. Toutefois, cette histoire est épicée par la présence de Sissi dont le rôle est indiscutablement intéressant. Usant de son autorité d’impératrice, du charisme et de la séduction qu’elle dégage en tant que femme « la plus belle d’Europe » selon les on-dits. Oui, Sissi impressionne dans ce livre. Elle impressionne Middleton et Charlotte, mais elle impressionne également le lecteur ce qui rend la lecture addictive. Une histoire d’amour très bien ficelée du coup qui laisse le suspense jusqu’à la fin quant à la résolution de cette histoire. Bon on se doute que ça finit bien, mais arrivée aux dernières 50 pages et au vu des imbroglios encore présent, j’ai sérieusement douté jusqu’à la fin.

Le plume de Daisy Goodwind est agréable et la traduction bien réussie sans aucun doute puisque j’ai avancé vraiment rapidement dans cette lecture. Là où il m’aurait fallu une semaine pour le lire, je n’ai finalement mis que 4 jours. Preuve de la fluidité de lecture.

Lire ou ne pas lire : La dernière impératrice de Daisy Goodwin ?

Bien sûr, je ne peux que conseiller la lecture de ce livre. Une lecture d’ailleurs parfaite pour l’été ou tout simplement pour ne pas se prendre la tête. J’ai aimé la fluidité de l’écriture, le contexte historique mais aussi les personnages principaux que j’ai trouvé très attachants. J’ai adoré suivre Sissi dans sa saison de la chasse en Angleterre, fait avéré semble-t-il. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à découvrir les détails ajoutés et romancés comme la vie de Charlotte Baird par exemple. Bref, on trouve tous les ingrédients d’une bonne romance historique, certes classique mais qui fait vraiment bien son job ! Je n’en demandais pas plus !

Histoire : 4/5 – Personnages : 4/5 – Style : 5/5 – Originalité : 4/5
Total : 17/20