The Circle – James Pansoldt : la dérive des réseaux sociaux dans un avenir plus proche qu’espéré

575672.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxSi ces derniers mois je ne vous avais plus proposé de chronique cinéma, il semble bien que je veuille me rattraper en ce mois estival de juillet. Après une séance de rattrapage avec Blade Runner, je vous amène cette fois vers une sortie récente en salle : The Circle, un film de James Pansoldt dont la présence d’Emma Watson dans le rôle principal m’a convaincu d’aller le voir. Il faut dire que le synopsis n’était pas non plus inintéressant.

Synopsis : Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c’est une opportunité en or ! Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière… (Allociné)

J’ai beau être hyper-connectée, j’aime les films qui proposent une vision des dérives d’internet et des réseaux sociaux. Inévitablement, The Circle m’a fait amèrement penser au cas Snowden, un film qui faisait froid dans le dos puisqu’il était tiré de faits réels. Ici, certes, il s’agit d’un film futuriste mais la vie quotidienne ressemble tellement au notre que ce futur semble tangible. On peut le toucher du bout des doigts. Seule l’entreprise The Circle construite comme un campus avec résidences et activités pour les employés sur ce même site, nous indique que nous n’en sommes pas encore là. Pas encore… Vous l’avez deviné, The Circle se veut futuriste mais donne des frissons car ce futur-là n’est pas si éloigné que cela.

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Et bien évidemment, le plus effrayant, c’est cette utilisation des réseaux sociaux. La pauvre Mae se retrouve obligée de mettre à jour son profil pour être « bien notée » en tant qu’employée. Tout dérape quand l’un des PDG développe une nouvelle technologie : une boule-caméra minuscule s’insérant dans n’importe quel paysage tel un caméléon. Et là, le drame dans ma tête. Toute l’horreur du livre de George Orwell, 1984, m’est revenue en mémoire et j’étais totalement effrayée de voir que l’on pouvait si facilement finir par arriver dans cet univers dystopique en ayant franchi la limite qui perdure encore aujourd’hui (aussi infime soit-elle) : la vie privée, la liberté.

Dès lors, le film a pris des allures prophétiques pour moi et je dois dire que le jeu d’Emma Watson résonnait incroyablement juste. Le plus effrayant dans ce film, c’est que le réalisateur ne montre pas de réelle opposition à tout ça. Il semble montrer des faits réels, à chacun de se faire sa propre opinion. Et le constat que j’en ai fait, à la fin du film, c’est : jamais. Aussi étrange que cela puisse paraître James Pansoldt, au début, nous fait apprécier le lieu de travail de Mae, ce n’est pas si rebutant que ça. Pourtant, insidieusement, des choses s’installent, des détails ne nous échappent pas. Et une scène terrible de dispute entre Mae et un ami à elle, finit par nous faire réagir. Une scène tragique (plus ou moins) se déroule devant nos yeux, et tous les employés, au lieu de soit se mêler de leurs oignons, soit tenter de désamorcer la situation, se postent tout autour, tablette à la main pour filmer le tout. Une dizaine de personne, tablette en main, à 10 mètres à peine, filme deux personnes en train de se disputer. Non. No way. Mais…en est-on si éloigné quand on voit des gens filmer une maman ourse et ses petits qui vont se baigner sur la plage, filmer des accidents de la route, et le moindre moment de leur vie ? A quel moment a-t-on arrêté de vivre dans l’instant ? A quel moment a-t-on arrêté de regarder le paysage de nos propres yeux ? A quel moment, notre société est-elle devenue une société de voyeurs ?

 

Voir ou ne pas voir : The Circle de James Pansoldt ?

Vous l’avez compris, The Circle amène à une réflexion réelle sur notre utilisation des réseaux sociaux et de la vie privée. Là où Snowden, dans sa réalité avérée, nous mettait en garde contre les gouvernements, The Circle est une mise en garde contre nous même et l’usage que nous faisons des réseaux sociaux car inévitablement, l’abus est dommageable pour la santé. La fin est douce-amère, je vous laisse la découvrir. Mais si justice est fait d’un côté, de l’autre, il y a cet arrière-goût : est-ce que ça va s’arrêter-là ? Maintenant que l’idée a été lancée…

 

Colonia – Florian Gallenberger : une histoire chilienne

Ce mercredi 20 juillet, le film de Florian Gallenberger sort au cinéma et si vous ne savez pas quoi faire le week-end prochain, qu’il fait trop chaud pour traîner près de la piscine ou à la mer, je vous conseille de vous faire une séance de grand écran avec Colonia car c’est un film à aller voir. J’ai eu la chance de le voir en avant première lors du festival du cinéma Itinérances en mars dernier à Alès et je vais tenter de vous expliquer pourquoi ce film m’a autant touchée…

Synospsis : Dans les années 70 au Chili. Un jeune couple est pris dans le tourbillon du coup d’état de Pinochet. Daniel est bientôt kidnappé par la police secrète. Lena part donc à sa recherche et retrouve sa trace au Sud du pays, dans un endroit baptisé la « Colonie ». Sous ses dehors « respectables », cette communauté est en réalité une prison dont personne ne s’est jamais échappé. Pour sauver Daniel, Lena décide rejoindre la Colonie… (Allociné)Lire la suite »