Là où chante l’étoile – Olivia Zeitline : danser sur le chemin des étoiles

51Z6nx5UCpL._SX342_BO1,204,203,200_Avant tout je tiens à remercier Madame Kotoba, Olivia Zeitline et Solar éditions pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

J’étais particulièrement impatiente de découvrir ce second roman signé Olivia Zeitline car son premier Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête avait été un véritable coup de cœur pour moi, à tel point que je l’ai fait lire à ma mère qui elle-même l’a offert à plein de personnes autour d’elle. C’est donc avec plaisir que j’ai commencé cette lecture dès que je l’ai reçue dans le courant du mois de juin et que je l’ai savouré. On y retrouve le thème de prédilection de l’autrice : l’intuition, et son héroïne Charlotte dans sa nouvelle vie consacrée à la danse.

Résumé : À 34 ans, Charlotte a enfin la vie qu’elle a tant désirée. Elle a intégré la troupe d’un célèbre chorégraphe, Asar, et a trouvé son équilibre dans sa relation amoureuse avec Tom. Quand Asar annonce que son prochain spectacle se montera à Los Angeles, elle est prête à le suivre, poussée par des rêves étranges dans lesquels une ombre familière lui apparaît. Arrivée à Los Angeles, la ville de tous les possibles mais aussi des mirages, Charlotte est en proie au doute. A-t-elle fait les bons choix ? Alors que l’ombre mystérieuse continue de la visiter dans son sommeil, son amie Théa, initiée aux rêves télépathiques et à la culture amérindienne, lui ouvre de nouvelles pistes pour écouter les signes que lui apporte la nuit. De la scène artistique de L.A. aux canyons de Californie, ce voyage en terre inconnue va la conduire au-delà de ce qu’elle n’aurait imaginé.
Un roman qui nous relie à l’intuition de la nuit, là où l’étoile chante en chacun de nous.

Là où chante l’étoile. Peut-on déjà commencer par parler de ce titre absolument magnifique ? Moi qui ai tant de mal à trouver un titre à peu près correct et évocateur, quand je lis ce genre de titres, je reste sur les fesses, admirative de la simple poésie qu’il évoque, de toute l’ambiance qu’il transporte avec lui.

Je ne sais pas si c’est l’effet « suite » qui m’a perturbé mais Là où chante l’étoile n’est pas le coup de cœur auquel je m’attendais. J’ai adoré ma lecture mais le fait est que je n’ai pas eu l’effet surprise et découverte que j’avais eu avec le premier. Je pense vraiment que c’est dû au fait que ce soit une suite : on connaît l’héroïne, on a déjà vu une évolution de son caractère, on connait déjà sa passion pour la danse. C’est un peu dommage mais cela n’enlève rien à toutes les qualités du roman car si j’ai commencé par vous parler de ce petit point négatif, il est largement contrebalancé par les positifs qui suivent.

Charlotte poursuit son intuition très loin cette fois, jusqu’aux USA, jusqu’à Los Angeles. Et comme souvent lorsque l’on prend des décisions aussi radicales que la sienne, on ressent une période de doutes incroyables : ai-je fait le(s) bon(s) choix ? Ne me suis-je pas complètement trompée ? Faut-il continuer dans cette voie ? En changer ? Mais comment ? Bref, c’est l’angoisse. Charlotte n’y coupe pas. Même si elle vit des périodes plus épanouie que par le passé, ce démon du doute ne l’a pas complètement quitté. La sérénité pas autant au rendez-vous qu’elle l’avait espéré.

Cette fois, c’est par les rêves que son intuition la guide. Des rêves récurrents, des symboles, des notes, des personnes qui reviennent sans cesse lui porter un message qu’elle ne parvient pas à décrypter. Olivia Zeitline nous parle bien du pouvoir des rêves dans ce roman. Les intuitions peuvent venir de l’environnement mais aussi de son propre inconscient et même plus. Toujours armée de sa plume douce et délicate, l’autrice nous entraîne dans le sillage de Charlotte qui poursuit son chemin terriblement humain avec les doutes et les erreurs. Cette sensibilité à l’être humain et à ses faiblesses est une des grandes forces d’Olivia qui parvient à transmettre son message avec beaucoup de bienveillance.

Lire ou ne pas lire : Là où chante l’étoile d’Olivia Zeitline ?

Si vous avez lu et aimé Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête, vous aimerez forcément Là où chante l’étoile. S’il manque un brin de fantaisie à cause des doutes qui assaillent le personnage principal, l’histoire n’en est pas moins apaisante pour le lecteur. Olivia Zeitline nous invite à nous pencher sur nos rêves, les noter au réveil, apprendre à les décrypter pour comprendre ce qu’ils nous disent. Elle nous invite aussi à assumer nos choix, bons ou mauvais, ils sont fait et certains engagent notre responsabilité. Mais avant tout l’autrice ne juge pas, conseille à peine, suggère un peu plus en nous donnant des pistes de réflexion sur notre propre vie et rapport au monde. Ce deuxième roman est un pari réussi et je peux dire officiellement que c’est une autrice que je vais aimer suivre.

Développement personnel | La recherche du bonheur, aide ou « injonction » ?

 

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Coucou les Earl Grey’s,

Aujourd’hui, j’ai bien envie de me pencher sur la thématique du développement personnel. Je m’y suis mise assez récemment (depuis un an environ) et depuis quelques semaines, je vois beaucoup passer sur les réseaux sociaux une affirmation que le « bonheur » est devenu une injonction. Après quelques recherches, je me suis aperçue que cela venait d’un livre de la rentrée littéraire (paru le 23 août 2018) : Happycratie de Edgar Cabanas et Eva Illouz. Je ne l’ai pas lu et je ne compte pas le lire. Les articles que j’ai lu montre suffisamment son contenu : une dénonciation de la recherche de bonheur devenue à la mode et dont se sert les petites comme les grandes entreprises que ce soit dans le marketing ou pas.

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Comme j’ai toujours tendance à me remettre en question, je n’ai pas hésité à me poser cette interrogation sur ma propre façon d’aborder et rechercher le bonheur. J’ai vu plusieurs personnes qui rejoignaient cette idée d’injonction, même les articles qui commentaient le livre comme si cette pensée était avérée et complètement admise. Tout le monde semble d’accord sur le fait. Je me suis donc demandé si j’étais un mouton de Panurge, si j’étais influencée ou si c’était autre chose, de peut-être plus profond… La mode est-elle au bonheur ou sa dénonciation ? Le bonheur est-il trop mainstream ? Je vais m’attacher un peu plus au développement personnel via la littérature et les éditeurs de livres sur le bien-être évidement, tout en cherchant à comprendre ce qui peut amener à penser que nous sommes dans une « Happycratie ».

Comment j’en suis arrivée à lire des livres de développement personnel ?

Tout d’abord, pourquoi en vient-on à lire des livres de développement personnel ? Parce que bon, c’est quand même un genre tout à fait spécial qui existe depuis longtemps mais qui a pris un essor certain depuis quelques années (voire quelques mois). Les maisons d’éditions spécialisées sont de plus en plus visibles sur les réseaux sociaux (Solar éditions, First éditions, Dunod Bien-être, Eyrolles…) et nous offrent des couvertures (et des maquettes) bien plus sympa que par le passé, il faut bien l’admettre.
Je vais prendre mon cas pour exemple. Je suis loin d’être un cas classique par contre (du moins, je l’espère) alors je ne sais pas vraiment si l’on peut généraliser. J’attends vos commentaires et expériences pour cela.
51DNmb8+chL._SX332_BO1,204,203,200_A vrai dire, je n’avais jamais été vraiment attirée par le développement personnel jusqu’à récemment. J’ai beau me remettre en question régulièrement, je n’étais jamais tombée sur un résumé qui me parle vraiment et m’amène à approfondir la question posée. Il y a un an et quelques mois, j’ai tenté un roman de développement personnel, celui d’Olivia Zeitline (Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête, Solar éditions). Depuis, je ne jure que par ce livre qui m’a énormément touchée. Pourtant, je n’en attendais rien à première vue. Mais le sujet du livre tournant autour de l’intuition m’a parlé et me parle encore.
Depuis, j’ai découvert plusieurs autres livres qui m’ont aidé à comprendre un aspect de ma personnalité que je ne comprenais pas encore. J’ai proposé le Petit Bonheur hebdomadaire sur le blog durant l’année écoulée. J’ai distillé au quotidien (ou presque) des instants de bonheur accessibles à tous et toutes : l’odeur de la pluie, le goût du premier café/thé de la journée, le moelleux d’un plaid sur les épaules… Et j’ai découvert que ce genre de choses relevaient en grande partie du Hygge scandinave. Encore une injonction au bonheur ?! Oui et non, car beaucoup de choses dans le Hygge sont accessibles à tous les budgets. Le Lagom n’est pas étranger non plus à l’acquisition de ce bonheur. Il s’agit d’une forme de minimalisme et pour moi, c’est surtout le fait de s’affranchir d’une société de consommation qui oblige les envies, qui oblige à acheter pour être heureux.

Pourquoi le bonheur est-il à la mode ?

Je n’avancerais pas d’affirmation sur cette question là. Les philosophes, sociologues et anthropologues doivent avoir des sources sûres avec des études et tout le toutim. Ce que je veux aborder ici, c’est surtout mon ressenti.
La société va mal. Le monde va mal. Plutôt qu’une injonction au bonheur, je vois des injonctions multiples à faire de l’argent par brassées parce que le « bonheur » qu’on veut nous vendre réside dans la consommation et la possession de biens personnels. Si pour être heureux, vous avez absolument besoin de ce dernier téléphone alors que vous avez acheté le vôtre l’an dernier, alors ils se pourraient que vous finissiez par vous dire que le bonheur est une sacrée injonction et que vous ne parviendrez jamais à l’atteindre, et que c’est une totale arnaque. La société ressent un manque. Un manque de tout ce qu’elle n’a pas. La société a perdu le sens de la vie en travaillant dans le seul et unique but d’obtenir de l’argent pour consommer et posséder.
La question que je pose alors : est-ce que la vie signifie posséder ? Posséder signifie-t-il être heureux ?
Je risque sans doute de m’attirer les foudres des libéraux, néo-libéraux et pro-consommation avec ce discours mais le fait est là. On a, pour beaucoup de nationalités/sociétés, perdu le sens de la vie. Et j’ai aussi l’impression que peu s’en rendent compte (ce n’est pas plus mal car on est vraiment malheureux lorsque c’est le cas). Si vous êtes dans ce cas, sachez que je compatis à votre souffrance car je l’ai vécu avant de décider d’agir.
Mais alors : est-ce que nous sommes obligés d’accepter cette forme de bonheur consumériste ? N’existe-t-il que cette version là ? N’y en a-t-il pas une plus accessible ?
Et je me la suis posée longtemps, durant toutes mes études.

Les dérives d’un marché qui fonctionne

Malheureusement, comme pour tous les nouveaux « produits » qui marchent, les gens de pouvoir se sont emparés de cette recherche désespérée de donner un sens à une vie qui a perdu le sien, de parvenir à s’épanouir dans un filet de plus en plus serré. Rien de plus normal dans une société de consommation et c’est bien dommage. Le profit est un point d’honneur pour une partie de la population déjà riche mais jamais suffisamment et puis, il faut bien surfer sur les vagues pour intéresser les gens.
C’est là, à ce niveau de dérive et d’abus complet que se situe le livre de Edgar Cabanas et Eva Illouz.

« Une véritable industrie. « L’un des phénomènes les plus inquiétants de ce début de siècle », annonce la quatrième de couverture d’Happycratie, le nouveau livre de la sociologue israélienne, cosigné avec le docteur en psychologie Edgar Cabanas. Réquisitoire contre la psychologie positive, une discipline apparue à l’aube des années 2000 avec l’objectif d’établir une science du bonheur, il accuse celle-là d’avoir engendré une sorte de tyrannie du smiley. L’« happycratie », c’est l’injonction au bonheur, un contentement exigé par de « nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles », avertissent les auteurs. Etre heureux deviendrait ainsi une obligation pour chacun, mais avec un bonheur réduit à une vision formatée selon les fondamentaux de l’économie néolibérale. »

Brice Perrier, dans Marianne
09.09.2018

Article de Marianne réservé aux abonnés, je n’ai donc pas eu le loisir de le consulter en entier mais pour celleux qui le peuvent : L’injonction au bonheur, nouvelle alliée du capitalisme.

A mon sens, le simple fait de raisonner de cette façon est un frein inévitable au bonheur. Pourtant, c’est bien de ce « bonheur »-là, de ces dérives que dénoncent les auteurs qui m’ont donné matière à réflexion. Dans sa chronique,  Usbek & Rica explique bien tout ce qui a pu découler de cette « Happycratie » que ce soit le développement d’emplois dans les entreprises dédiés à ce bonheur, ou bien des applications qui vous permettent un suivi au jour le jour de votre humeur. Mais est-ce bien utile ? Est-ce que ce type de management peut marcher ? Est-ce que ce type de marketing berne tant de monde que ça ? Parce que le bonheur, tant qu’on ne le veut pas, on ne le trouve pas qu’on me donne une application pour travailler sur moi-même ou pas. Et quand on le veut, on se penche surtout sur la littérature et la réflexion personnelle.

« Les effets pernicieux de la dictature du bonheur ne s’arrêtent pas là, développent les auteurs dans ce qui constitue le cœur de leur argumentaire : une société qui a fait du bonheur sa valeur cardinale façonne les individus de telle sorte qu’ils en viennent à se détourner du collectif, du soin aux autres, et de l’intérêt commun. »

Usbek & Rica
30.08.2018

Etes-vous en accord avec cette assertion ? Moi, pas tellement.
Enfin, je suis d’accord dans les faits, car c’est en partie ce qu’il se produit aujourd’hui avec ces dérives. Mais est-ce une fin en soi ? Est-ce vraiment la seule façon d’obtenir le bonheur ? Est-ce que finalement, ça ne sert à rien d’être heureux parce que ça nous rend égoïste ? Le bonheur n’est qu’une illusion, un idéal inaccessible car chaque fois que l’on croit l’atteindre, le collectif est lésé ? Le bonheur individuel est-il nécessairement incompatible avec le bonheur collectif ?
Non. Cent fois non. Pas comme ça. Pas avec des applications. Pas guidé par quelqu’un d’autre. Cet autre bonheur, celui qui est accessible à tous, doit venir de l’intérieur, oui. Avant de pouvoir rayonner à l’extérieur.

France Culture (podcast) : La tyrannie du bonheur

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Une autre forme de bonheur

Vous le voyez peut-être souvent mais « être heureux », c’est un choix. Et c’est véridique. J’ai changé ma façon de penser, sans être très positive, j’ai cessé d’être négative, j’ai révisé mon alimentation ainsi que ma façon d’acheter. Je me pose plusieurs questions avant de dire : oui, j’achète. Depuis que j’ai décidé d’être heureuse, et bien c’est plus facile de jours en jours de ressentir cette plénitude et cet accord avec moi-même. C’est une manière de vivre totalement différente et très loin des injonctions sociales que l’on connaît : faire des études, réussir ses études, avoir un emploi stable, avoir un mari, un enfant, une maison, un jardin, un chien, un chat, des perroquets. Tout cela peut compter mais ne doit pas être le but de tous. Si les vôtres sont différents, et bien tant mieux ! Vous contribuez à la diversité et richesse de l’humanité ! Il faut de tout et aucun rêves n’est en dessous d’un autre. Et ce n’est pas parce que vous ne rentrez pas dans la case « normale » que vous n’avez pas le droit d’être heureux.

« Mais qu’est-ce ça veut dire ça des vrais fous, enfin, les fous ils sont fous par rapport à une norme. Mais pour eux-mêmes c’est les autres qui sont fous. Au théâtre ça existe pas les fous. »

Alexandre Astier,
Kaamelott, L.III, E.XV
Guenièvre et Euripide

Revenons à cette idée que le bonheur individuel serait incompatible avec le bonheur collectif.
Je pense que la recherche du bonheur au quotidien passe inévitablement par une première étape individualiste. Renouer avec soi-même n’est pas facile à mettre en place, il faut parvenir à trouver les bonnes solutions, on tâtonne avant d’y parvenir. Pourtant, je peux déjà dire que même cette première étape a eu une influence sur le collectif de mon côté car j’ai commencé à manger plus bio, plus local, et moins d’animaux (vous adhérez ou pas ces principes, je n’impose rien, j’ai seulement fait des choix qui me permettaient d’être plus en accord avec mes idéaux, vous n’avez peut-être pas les même, ni les même priorités, et c’est encore heureux puisque chaque individu est différent), je fais du tri dans mes placards et apporte ce dont je n’ai plus besoin à des associations (Emmaüs, Le secours populaire). Le fait est que ces choix ont déjà clairement un impact sur le collectif. A présent, je ressens le besoin de m’ouvrir au monde.
Alors oui, je crois que le bien individuel et le bien collectif ne sont pas antinomiques dès lors que l’on ne raisonne en termes financiers comme le bonheur dénoncé par le livre de Edgar Cabanas et Eva Illouz.
Les livres de développement personnel ne sont là que pour nous aider. Certains vous parleront plus que d’autres, c’est normal. Certains répondront à vos questionnements, d’autres pas, c’est normal aussi ! Mais se développer, s’épanouir, chercher le bonheur sont avant tout des démarches personnelles et bien heureusement, les livres sont des soutiens intéressants et peuvent être à la base d’une réflexion qui doit se développer, pas devenir une bible suivie à la lettre.

« Transformer notre conscience individuelle, c’est enclencher le processus de transformation de la conscience collective. »

Thich Nhat Hanh

Le respect de ceux qui refusent le bonheur

Pour autant, on peut voir cette « injonction » différemment, si vous sentez que l’on veut vous forcer à être heureux, je ne vous jetterai pas dans une fosse de crocodiles affamés de dépressifs. J’ai longtemps vécu avec cette sensation de tristesse, de dépression latente sans en être vraiment une. Et c’est, je pense, le propre aussi de l’être humain de ressentir ce genre de choses. Encore plus pour celleux qui sont un peu plus sensibles que les autres et qui ressentent l’absurdité du monde dans lequel on vit. Encore aujourd’hui, il m’est difficile de mettre cette pensée de côté. Et je dois fournir des efforts pour conserver un peu d’espoir dans l’avenir de notre monde lorsque je regarde les actualités chaque jours.
Au dernier festival Itinérances (mars 2017), j’ai pu voir un documentaire extrêmement intéressant sur la souffrance, la dépression et l’art, réalisé par Iggy Pop et Michel Houellebecq, Rester Vivant. Présenté comme un feel good movie sur la souffrance, je suis sortie de la séance particulièrement perturbée par le propos qui en ressortait : faut-il être en souffrance pour être un artiste ? Et comme j’avais abandonné depuis déjà quelques temps ma propre souffrance, pouvais-je continuer à écrire moi-même ? C’est un tout autre débat mais le fait est que Iggy Pop et les artistes interrogés ne semblaient pas vouloir de ce « bonheur ». Le chanteur expliquait qu’il se nourrissait de cette souffrance et qu’il en avait besoin.
Aussi, c’est une chose que je respecte tout à fait chez les autres à présent. C‘est un choix comme un autre. Et finalement, le collectif ferait sans doute mieux de respecter les choix de tout un chacun s’il veut obtenir son respect et surtout s’il ne veut pas se déliter. Parce qu’au fond, ce qui nuit le plus au collectif, ce n’est pas tant le développement individuel, mais bien les idées rétrogrades des individus qui n’ont aucune morale et profite de tout ce qui devient à la mode pour s’enrichir et contrôler les autres.

Conclusion

Une « Happycratie » existe-t-elle ? Sans aucun doute. Je m’en rends compte désormais et je ferai un peu plus attention au marketing, notamment, qui essaye de me vendre du bonheur en bouteille. Pour autant, ce n’est pas une raison pour renoncer à rechercher le bonheur (et à le trouver). La littérature de développement personnel peut apporter beaucoup à certains moments de notre réflexion, voire même être très utile lorsque nous sommes patraques. La littérature feel-good est faite pour ça et j’y joindrai également les romans de développement personnel comme ceux de Laurent Gounelle, et Raphaëlle Giordano pour les plus connus.
La recherche du bonheur est une réflexion individuelle avant toute chose, loin de rendre égoïste selon moi, bien au contraire.

Et vous, que pensez-vous de l’injonction au bonheur ? le bonheur mène-t-il à l’individualisme pour vous ? Pensez-vous qu’il est possible de vivre autrement notre société de consommation ? J’ai été un peu bavarde pour ce premier article de réflexion mais j’avais beaucoup de choses à dire là-dessus semble-t-il…

Promets-moi d’être heureux – Célestin Robaglia : un furieux appel au bonheur

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Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Harmonie Solar ainsi que NetGalley pour la découverte de ce livre.

Je vous l’ai déjà dit, en ce moment, je suis en mode développement personnel. Je cherche beaucoup de chose que ce soit sur moi, sur mon environnement et sur mes croyances. Promets-moi d’être heureux est donc tombé au bon moment et j’ai adoré me plonger dans cette lecture. Je dois bien avouer que mes deux essais chez Harmonie Solar ont été concluantes (souvenez-vous mon coup de cœur de l’été dernier : Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête d’Olivia Zeitline).

Résumé : Maintenant, promets-moi d’être heureux, lui souffle Clara dans son rêve…
Désabusé par la vie, Gabriel a renoncé à ses rêves de changer le monde. À 27 ans, il est enlisé dans sa routine parisienne et partage son quotidien avec son cousin Noé, un rêveur asocial. La vie de Gabriel bascule lorsqu’il se retrouve sans préavis tuteur d’Aziliz, sa nièce de dix ans. Avec une sagesse déconcertante, Aziliz remet en cause le simulacre de vie qu’il mène avec Noé et le pousse à écouter ses désirs enfouis. Gabriel se rappelle alors la promesse qu’il a faite à sa sœur, Clara, lors d’un rêve étrange. Poussé par cet engagement, il décide de tout plaquer. Sans projet ni point de chute, il part avec Aziliz et Noé direction la Bretagne, avec un seul rêve : trouver un lieu où ils pourront vivre en symbiose avec la nature. Pour Gabriel, c’est le début d’un cheminement personnel. Au contact de l’essence vibratoire de la forêt, il se reconnecte à sa propre nature et apprend à cultiver les bonheurs simples de la vie.
Cette histoire poignante, au cœur de la forêt bretonne, promet de vous relier à la nature. Toute la magie de la sobriété heureuse pour vivre en harmonie avec soi…

Je trouve toujours assez compliqué de parler d’un roman de développement personnel, surtout quand on l’a aimé. Pourquoi ? Parce que c’est le genre de livre qui nous touche forcément dans une certaine intimité, dans un passé, des souvenirs que l’on n’a pas forcément envie d’étaler sur un blog. Je fais partie des blogueurs pudiques qui ne dévoilent que très peu d’eux-même (même si je fais des efforts et j’adore ça avec le PBH) et je dois forcément en dire un peu lorsque je fais ce genre de chronique.

Promets-moi d’être heureux est un livre qui ne traite pas que d’un seul sujet. Certes, le but du héro est bien de trouver le bonheur mais c’est un objectif, non un sujet omniprésent. Par moment, il m’a semblé que l’auteur parlait d’un peu trop de choses et c’est peut-être ce qui fait que le livre n’est pas un coup de cœur pour moi. Mais avec du recul, j’ai compris que toutes ces choses n’étaient tout simplement que des propositions, des solutions possibles. Certaines parleront plus au lecteur que d’autres, l’essentiel est de trouver sa propre façon d’attirer le bonheur. Parce que c’est bien ce qu’il faut retenir du livre : on peut décider d’être heureux et y parvenir. J’en ai moi-même fait l’expérience, j’ai suivi mon intuition (cette petite voix dans ma tête), j’ai écouté ce que me disait mon corps, j’ai décidé d’en prendre soin pour qu’il m’aide à traverser cette vie, j’ai appris à repérer les signes, à ne pas forcer les choses et c’est de cette façon que j’ai aussi réussi à être heureuse au quotidien. Et je suis bien contente que ce roman montre aux gens que c’est vraiment possible.

Nous suivons donc la quête de Gabriel qui perd sa sœur dans un accident de voiture et se retrouve avec la tutelle de sa nièce. Gabriel qui n’a jamais vraiment été heureux. Gabriel qui fait un métier auquel il ne trouve pas le moindre sens moral. Gabriel qui s’obstine dans une vie qui ne lui convient pas. Et grâce à ce triste événement, il décide de prendre les rênes de sa vie en main et cherche à tout prix à être en phase avec lui-même. Aligné avec lui-même comme le lui dit son ami Efflam, le druide. Je trouve cette expression d’alignement très juste d’ailleurs et lorsque l’on apprend à le ressentir, on détecte immédiatement le moment où l’on ne l’est plus ce qui permet de corriger la trajectoire. Et cet alignement est indispensable au bonheur.

Lire ou ne pas lire : Promets-moi d’être heureux de Célestion Robaglia ?

Si vous aimez la littérature feel-good, si vous vous demandez comment être heureux, si c’est encore possible dans notre monde, je vous invite à lire ce roman. Si vous avez déjà fait un pas sur ce chemin, cette lecture vous confortera dans vos choix, et vous proposera de nouvelles choses à essayer au quotidien. Mais avant tout, il faut prendre cette décision, pas si facile que ça aujourd’hui, dans notre société de consommation qui martèle que vous êtes malheureux s’il vous manque ce dernier smartphone ultra-perfectionné. Je choisis d’être heureux.se. Si, c’est possible, je vous l’assure. Les sourires se cachent de partout.

Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête – Olivia Zeitline : roman de développement personnel, une bonne idée ?

IMG_20170526_095153_361Je remercie NetGalley et les éditions Solar pour cette belle lecture.

Des romans de développement personnel… vous en aviez déjà entendu parlé ? Je dois avouer que c’est assez récent. En tout cas, moi je ne vois passer ce terme que depuis peu de temps. On connaît tous les livres de développement personnel plus ou moins utiles selon notre implication et notre motivation, au titre plus alambiqué les uns que les autres. J’avoue que si certains retenaient mon attention, je passais devant sans vraiment m’arrêter. Et puis il y a eu cette idée de passer par une histoire simple, un personnage qui évolue pour faire passer ces même messages. Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête d’Olivia Zeitline en est un bel exemple et c’est une expérience que je retenterai avec un réel plaisir. Mais en vrai, ça donne quoi un roman de développement personnel ?

Résumé : Un soir, une phrase étrange au ton mélodique, comme un air de musique, résonne dans la tête de Charlotte. Peur ou prémonition ?
Après un burn-out, Charlotte, une jeune trentenaire, quitte son job dans le marketing et tire un trait sur son ancienne vie. Elle retourne à ce qui la fait vibrer depuis toujours, la danse. Mais rien ne se passe comme elle le voudrait : les factures s’accumulent, sa relation amoureuse s’étiole, son rêve s’éloigne. Stella, une amie musicienne, lui conseille alors d’écouter sa voix intérieure et lui ouvre le chemin de l’intuition. De rencontre en rencontre, pas à pas, Charlotte apprendra à apprivoiser cette voix mystérieuse, à se fier aux signes du hasard et à suivre les mouvements de son corps.
Cette belle histoire vous entraîne dans son sillage magique et vous donne envie de suivre votre intuition. Vous ne lirez pas ce livre par hasard.
Comprendre les mécanismes de l’intuition, savoir l’accueillir, développer cette énergie du coeur pour s’accepter et faire les meilleurs choix de vie, c’est ce que nous apprend ce roman, à travers les nombreux conseils pratiques et pistes de réflexion distillés dans le récit. Une belle histoire qui donne envie de suivre son intuition : une histoire inspirante, des clés pour s’initier à la magie de l’intuition, une invitation à vivre en accord avec soi. (Babelio)

La lecture, c’est garder l’esprit ouvert

Quand j’ai commencé ma lecture de Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête, je n’attendais rien de spécial. J’étais curieuse, le titre poétique, et d’après le résumé, je m’attendais à un roman léger. J’étais intriguée par cet aspect « développement personnel » instillé entre les lignes d’un roman mais je n’attendais rien, ou j’attendais tout. Bref, j’avais gardé l’esprit ouvert.

Dès le début, j’ai été surprise par la plume fluide, simple et légère d’Olivia Zeitline. Une écriture qui ne se prend pas la tête, qui est là, tout simplement, qui raconte une histoire efficacement. C’est bien ce qui m’a poussé à continuer ma lecture car j’ai trouvé une légèreté rare dans l’écriture.

Distillés au fil du roman et de l’évolution de l’héroïne, les conseils se succèdent. Charlotte aime la danse, c’est sa passion, elle veut pouvoir vivre grâce à elle, mais dans cette société ce n’est pas évident. Elle découvre peu à peu son intuition, pas toujours de mauvais conseil, bien au contraire. Elle apprend au fil du roman à la décrypter, à l’écouter. Si au début elle y est réticente, elle finit par s’y abandonner.

Faire du développement personnel un roman : bonne idée ?

Je dois bien dire que cette formule me parle complètement. Je n’ai pas cessé au fil du roman de me comparer à Charlotte car s’il y a des aspects similaires dans ma vie et la sienne, il y a aussi beaucoup de différences. J’ai pu constater des conseils que j’appliquais déjà dans mes choix de vie, ceux que je pourrais appliquer mais que je ne fais pas encore et ceux qui ne parlent pas du tout et que je n’ai pas l’intention d’appliquer.

Charlotte part de zéro en terme de réflexion sur sa propre personne pour arriver à un degré assez élevé de spiritualité (si je peux appeler ça comme ça). Mais si la fin du parcours de Charlotte ne m’a pas attiré, ce personnage effectue un cheminement complet et c’est au lecteur de savoir où il se situe déjà sur ce chemin et jusqu’où il voudrait aller. On ne ressent aucune obligation dans ce roman, seulement notre cerveau (notre intuition ?) qui fait le travail tout simplement.

Pourquoi ça marche ? Je ne sais pas pour vous, mais le fait qu’il s’agisse d’un roman m’a permis de m’identifier, en quelque sorte, à la jeune femme. Le burn-out, tout le monde connaît ou presque, en tout cas, beaucoup de monde connaît cette sensation d’effectuer un travail qui n’a aucun sens. Je lisais d’ailleurs un article récemment sur les cadres et haut-diplômés qui quittent leur métier pour effectuer un travail plus manuel, qui a plus de sens, au final. Le thème, les sujets qu’abordent le roman parleront donc forcément à beaucoup de lecteurs.

Lire ou ne pas lire : Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête d’Olivia Zeitline ?

Je recommande totalement ce livre. Les yeux fermés. Rares sont les personnes à qui ce roman ne parlera pas du tout selon moi. La fraîcheur qui s’en dégage est très agréable, ce qui rend le livre idéal à lire pendant les vacances ! La plume d’Olivia Zeitline est douce, fluide et nous amène inévitablement à se demander si ça marche de suivre notre intuition. Sur le chemin de Charlotte, on peut commencer de rien, comme elle, si vous n’avez pas encore pris le temps de réfléchir à ces signes qui parfois vous paraissent étranges, une coïncidence… Si vous avez déjà commencé cette réflexion, vous vous y retrouverez tout autant car l’expérience de Charlotte nous amène à faire un bilan sur nous-même.
C’est un véritable coup de coeur pour moi en tout cas, je pense déjà à l’offrir autours de moi !

Histoire : 4/5 – Style : 5/5 – Personnage : 5/5 – Originalité : 5/5
Total : 19/20