Verte et les oiseaux – Pinar Selek : un joli conte pour enfant venu de Turquie

Aujourd’hui, je vous propose une chronique un peu particulière : à la fois une chronique de livre, de conte plutôt, Verte et les oiseaux mais également un petit topo sur l’auteure Pinar Selek dont le destin est terrible et intéressant à la fois.

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Brève biographie

Sur son propre site, Pinar Selek se définit elle-même comme féministe, antimilitariste, sociologue, écrivaine et militante. Ces cinq mots forts de sens suffisent à avoir une idée de la personne qu’elle peut être : riche et intéressante, mais aussi dangereuse pour un gouvernement.

Née en Turquie en 1971, Pinar Selek a baigné dès son plus jeune âge dans des idées libertaires et égalitaires puisque son père est avocat, défenseur des Droits de l’Homme. Son mémoire de licence ainsi que son mémoire de DEA en sociologie la placent immédiatement sous le signe d’une forte compréhension de l’exclusion en Turquie et de sa volonté pour l’enrayer. Par ces premiers écrits, elle sensibilise le pays sur des questions, telles que la transsexualité. Elle se penche également sur la question Kurde qu’elle tente de comprendre et d’analyser par des voyages fréquents. Son leitmotiv ? Enrayer les guerres. Un travail énorme qui rend la plupart des pacifistes peu actifs, mais il faut bien lui reconnaître qu’elle tente de faire bouger les choses.

Suite à ses recherches et aux interviews qu’elle mène concernant la question Kurde, elle est arrêtée et torturée en 1998 dans le but qu’elle révèle les noms des interviewés. Elle refuse de révéler les noms et se retrouve accusée à tort de la pause d’une bombe aux conséquences meurtrières. S’ensuit un acharnement politico-judiciaire. Elle est libérée en 2000 mais une suite de procès où elle est acquittée puis de nouveau inculpée ne cesse de se dérouler jusqu’à aujourd’hui encore. 17 ans que cela dure.

A l’heure actuelle, Pinar Selek est exilée en France. Elle continue de faire entendre sa voix par des rencontres, des articles dans des magazines spécialisés ainsi que ses livres.

Je vous ai fait un très bref résumé de sa biographie que vous pouvez retrouver de manière plus complète sur son site. Le fait est que si je dois retenir une seule chose de son destin, c’est que plus on veut faire taire un être humain, plus il parle et continue de parler. Ce n’est pas tant l’être humain que sa pensée, son idée, qui parvient, coûte que coûte, à se faire comprendre et attendre à travers les barreaux d’une prison, à travers les territoires, et si la voix passe d’abord par la parole orale, elle passe également à travers l’écriture. Un auteur, un scénariste, un acteur a dit un jour « Souviens-toi de l’idée ». Mais pour s’en souvenir, le monde a peut-être besoin de personne comme Pinar Selek pour le lui rappeler.

L’information la plus récente concernant son statut : « Le 25 janvier 2017, après une attente infinie, le procureur de la Cour de Cassation a donné son avis : il demande une condamnation à perpétuité. »

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Verte et les oiseaux

Il s’agit d’un conte pour enfant. Un conte pour enfant comme on en voit plus beaucoup j’ai l’impression (même si je ne suis pas trop cette actualité-là). Dans ce récit, j’y ai retrouvé tous les codes que j’aimais des contes traditionnels. Qu’ils soient européens ou non, un conte garde toujours la saveur particulière de ses origines et c’est le cas pour Verte et les oiseaux dont on sent les coutumes moyen-orientales.

Ce que je retiens particulièrement de cette lecture c’est d’abord la poésie et la magie : une grand-mère apprend le langage des oiseaux et l’enseigne à sa petite fille. Toutes deux vont tisser une amitié particulière avec les oiseaux qui vont aider Verte (le nom de la petite-fille donné par les oiseaux). Ensuite, le message est dual selon moi avec d’un côté le respect de la nature et un début de réflexion possible sur l’éthique animale avec l’enfant à qui sera lu le conte, mais aussi une certaine forme d’apprentissage de la vie : on ne peut pas toujours fuir les conflits, il faut parfois s’y confronter pour faire évoluer une situation.

En résumé

Pinar Selek est une auteure à découvrir. De mon côté, je pense d’ailleurs à me procurer un de ses romans pour voir ce que donne sa plume en littérature générale. Pour ses contes pour enfants, c’est les yeux fermés que je vous les conseille, notamment Verte et les oiseaux. Il y a beaucoup de choses à en dire et peut ouvrir à des discussions très intéressantes avec vos enfants et ceux qui vous entourent.

Conclusion (3)

La perle de Pondichéry – Rose Morvan : un voyage en Inde

IMG_20170518_120929_645Certains d’entre vous savent déjà que je suis les actualités de la maison d’édition Gloriana de très près. La perle de Pondichéry de Rose Morvan est le tout premier livre de chez eux pour lequel j’ai craqué. Il faut dire que la couverture appelle au voyage et le résumé nous y plonge en plein dedans.

Résumé : Lorsqu’une princesse orgueilleuse rencontre un voleur désespéré…
Pondichéry, un des comptoirs de la Compagnie des Indes orientales, fut considérée comme la capitale de l’Inde française au XVIIIe siècle. Cultures française et tamoule se sont côtoyées et ont donné naissance à de nombreuses histoires de princesses et de maharajas. La Perle de Pondichéry est l’une de celles qui nous sont restées aujourd’hui.
Dans les jardins du palais de Jaipur, sous les étoiles étincelantes va se jouer une rencontre qui changera à tout jamais la vie de la princesse Haydée… Reste à savoir si cela ne marquera pas sa chute. (Babelio)

Et comment vous dire à quel point j’ai fait un magnifique voyage.

Ce court roman (pas plus de 150 pages) m’a entraîné vers l’Inde dans un mélange de soie, de senteurs et de fruits exotiques. Rose Morvan a su capter l’essentiel de cette région riche d’histoire. En effet, l’histoire de Pondichéry remonte à l’antiquité, on y trouve même des ruines romaines ! Mais il faut dire que l’extension de l’Empire Romain a été gigantesque. La perle de Pondichéry se situe au XVIIIe siècle. A cette époque là, le territoire est une colonie française cédée à la fin du XVIIe à la Compagnie des Indes afin de concurrencer le monopole de la Compagnie hollandaise. Les français sont donc sur place depuis quelques décennies. Rose Morvan a très bien mis en scène la mixité culturelle française-indienne, l’enthousiasme encore de cette mixité, le goût et la curiosité des indiens pour les français, celle des français pour les indiens. Nous sommes encore au tout début de cette alliance, loin encore des problèmes liés à la colonisation.

Rose Morvan nous propose ce récit comme un conte venu de cette époque romantique où les récits merveilleux se sont développés. J’ai trouvé cette approche vraiment intéressante car elle confère à ce récit un véritable mystère. J’ai eu cette impression de retomber en enfance pour découvrir un nouveau conte venu tout droit d’une contrée étrange et nouvelle, fabuleuse.

Comme dans un conte, les personnages ne sont pas extrêmement développés, mais suffisamment pour cerner leur personnalité. Aussi, on découvre une princesse Haydée hautaine et gâtée qui, confrontée à la réalité de la vie, s’enrichit et mûrit. D’un autre côté, Dorian est déjà usé par la dureté de la vie, mais semble rajeunir au contact de la fraîcheur et naïveté de la princesse. Leur histoire d’amour, bien que rapide, apporte de la douceur et une envie de profiter de la vie et des instants qui nous sont donnés.

Lire ou ne pas lire : La perle de Pondichéry de Rose Morvan ?

Comment passer à côté d’un aussi joli titre, d’une belle plume et d’un retour en enfance ? Impossible. A vrai dire, je pense que c’est un livre que je pourrais offrir régulièrement autour de moi car il fait parti de ces histoires qu’on apprécie forcément. On voyage vraiment, dans l’histoire mais aussi dans le monde et j’ai pris énormément de plaisir à découvrir un nouveau lieu à rêver. Le format, en plus, est idéal pour amener sur la plage pour une lecture estivale !

Histoire : 5/5 – Personnage : 5/5 – Style : 5/5 – Originalité : 4/5
Total : 19/20

Cinder (The Lunar Chronicles #1) – Marissa Meyer

img_20170101_164112_437C’était un de mes défis pour l’année 2017, lire plus en VO. J’en lisais assez régulièrement à une époque et puis j’ai arrêté, finalement j’ai décidé de m’y remettre et notamment avec des livres young adult fantasy histoire que je ne sois pas trop larguée au niveau de la compréhension. Idéalement j’aimerai en lire au moins un par mois, minimum 6 dans l’année. Et ce mois de janvier, j’ai décidé de me lancer dans les Chroniques lunaires dont j’entends beaucoup parler. Grand bien m’a pris de le lire en VO car il m’a permis d’apprécier ma lecture malgré les moments où j’ai roulé des yeux (et qui auraient rendus mon avis exécrable en VF). Mais laissez-moi m’expliquer…

Résumé : Les humains et les androids se pressent dans les rues bruyantes de la Nouvelle-Pékin. Une peste mortelle ravage la population. Depuis la lune, un peuple sans pitié observe la situation, en attendant de passer à l’attaque… Personne ne sait que le sort de la Terre ne dépend que d’une seule fille… Cinder est un cyborg, une mécanicienne très douée. Citoyenne de seconde classe, elle a un passé mystérieux, et vit avec ses désagréables belle-mère et belles-sœurs. Sa rencontre avec le prince Kai va la précipiter au cœur d’une lutte intergalactique. Partagée entre le devoir et la liberté, la loyauté et la trahison, elle doit découvrir les secrets de son passé, afin de protéger l’avenir de son monde. (Babelio)

Les Chroniques lunaires, et notamment Cinder, s’appuie sur une réécriture du conte de Cendrillon. Je dirai plutôt que le livre en est seulement inspiré car il faut quand même dire que le conte est très loin. Certes on a Cinder, « esclave » d’une « belle-mère » ayant deux filles. Mais ici, Cinder est une androïde : de la chair, de la peau mais des parties du corps totalement mécanique. Une chose est sûre : le concept est original. Et c’est d’ailleurs ce qui m’a attiré pour cette lecture. Pourtant, j’ai quand même eu du mal à accepter ce côté hyper-futuriste. De base, je suis plus une habituée et adepte de fantasy et de fantastique alors un univers comme ça… l’adaptation fut rude et m’arracha de nombreux roulements des yeux. Mais ça, c’était jusqu’à ce que je parvienne à me détacher du conte de Cendrillon. Tant que je prenais le livre comme une réécriture, j’étais gênée par ces changements trop importants, quand j’ai décidé qu’il s’agissait d’une histoire à part entière (présentant des similitudes avec le conte), j’ai bien mieux apprécié ma lecture.

En VO, le vocabulaire « technique » de robotique est un peu difficile et beaucoup de mots m’ont échappé. Malgré ça, ça ne m’a pas gêné pour la compréhension globale du texte et j’ai été même ravie de voir à quel point je n’avais pas trop perdu (du moins pas autant que je le croyais). Tout ça m’encourage à continuer mon objectif VO. Ma prochaine lecture sera Rebel of the sand aka Rebelle du désert d’Alwyn Hamilton. J’ai également craqué sur ma première box littéraire : une fairyloot ! Et j’ai hâte de voir le livre VO YA qui m’attend dedans…

Lire ou ne pas lire : Cinder de Marissa Meyer ?

Même si ce n’est pas un coup de coeur, j’aurais tendance à dire oui. Un oui mitigé… 100 pages avant la fin, j’avais deviné le twist final, ça peu en déranger certains. En le lisant en anglais pour ma part, j’étais plutôt fière d’avoir réussi à le deviner, traduit, ça m’aurait certainement énervée. En dehors de ce twist final, j’ai trouvé les autres intrigues intéressantes et bien menées. Je ne sais pas encore sous quelle forme je vais continuer la saga mais sans aucun doute, je poursuivrai cette découverte.

Si vous ne l’avez pas encore lu et que vous êtes tenté, pensez bien à prendre du recul avec le conte originel dès le départ, votre lecture n’en sera que plus agréable !

Ma note : 15/20

Peter Pan – J.M. Barrie : un peu de magie avant Noël

img_20161212_200012Peter Pan, vous le connaissez sans aucun doute, conte de fée entendu dès notre plus jeune âge. On trouve le dessin animé Disney, les films dérivés, notamment Hook pour celles et ceux qui, comme moi, ont grandi avec Robbin Williams, Neverland, Pan etc… Bref, l’histoire de Peter Pan, tout le monde la connaît. Mais jusqu’à présent, je ne m’étais jamais penchée sur l’histoire originelle, celle rédigée par James Matthew Barrie. Chose faite aujourd’hui, bien qu’un brin déçue.

Résumé : Peter Pan est un petit garçon bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge, et ignore ce qu’est un baiser. Wendy est intriguée par ce petit bonhomme qui lui rend visite la nuit, accompagné d’une lumière tintinnabulante nommée Clochette. D’où vient-il donc ? « Je me suis enfui le jour de ma naissance », répond Peter Pan.  » Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée.  » Wendy et ses deux frères, John et Michael, n’hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l’Île merveilleuse, au pays de l’Imaginaire… (Babelio)

Malheureusement, je ne pensais pas m’embêter à ce point-là durant cette lecture. Mais il faut croire qu’avec la totalité des interprétations de ce livre, tout a été dit. En effet, je pensais découvrir des aspects non-traités dans le passé, des passages omis ou oubliés, mais non chaque scène est aujourd’hui éculée. « Pourquoi pleures-tu petit garçon ? », connu. Les fées, les pirates, les sirènes, peaux-rouges et même Le crocodile… Je n’ai rien appris dans cette lecture.

La seule chose que j’ai découvert, c’est la narration particulière employée par J.M. Barrie. Il s’agit d’un narrateur omniscient, qui anticipe souvent sur la suite du récit. Cela donne un aspect intéressant et c’est ce qui m’a permis de lire le livre en entier.

Je passerai sur le rôle de la femme que prône Barrie, dans un contexte historique, ce n’est pas hors de propos. Toutefois, ça le rend difficile à lire aujourd’hui. J’aurai pu dire que le livre doit très bien passer en lecture du soir à un enfant mais si c’est pour véhiculer une telle image de la femme cantonnée au rôle de mère, malgré le « syndrome Peter Pan », non, mieux vaut lire une histoire où la femme n’a pas un rôle si cliché.

De plus, on se retrouve avec un Peter Pan et une Clochette très loin d’être attachants. D’ailleurs, cette version cruelle de Peter m’a fait penser à son interprétation dans la série Once Upon A Time, première fois où je voyais ce personnage dépeint de cette manière. Au début, j’ai été surprise mais je dois dire qu’aujourd’hui je trouve ce choix scénaristique très intéressant. Chapeau aux scénaristes.

Lire ou ne pas lire : Peter Pan de J.M. Barrie ?

Autant dire que si vous connaissez les versions dessin animé et cinéma, vous pouvez clairement passer sur le livre. Le fait de ne rien apprendre d’autres sur l’histoire, plus l’image de la femme me font dire qu’il n’est pas utile de se pencher plus sérieusement sur la version originelle. Tout a été dit !

Ma note : 12/20