Comme un conte – Graham Joyce : voyage en pays des fées

IMG_20171130_092030_192Tous le mois de novembre, j’ai eu hâte de me plonger dans Comme un conte de Graham Joyce. Le résumé me donnait particulièrement envie (déjà depuis que je l’avais repéré cet été) alors il ne faisait pas trop de doute pour moi de commencer le mois de décembre avec. J’ai mis un peu de temps à le lire, rejointe par Isa pour une lecture commune, car je n’ai pas eu le temps de lire une seule page à Paris mais je ne regrette pas de l’avoir pris avec moi malgré tout. Dès les premières pages, la plume de Graham Joyce m’a transporté et ce jusqu’à la toute dernière…

Résumé : Il y a vingt ans, une adolescente nommée Tara disparaît sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, et sa famille a fini par accepter son deuil. Pourtant, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte. Sur le seuil se tient une jeune fille qui ressemble étrangement à Tara. Et elle a l’air toujours aussi jeune… après la joie des retrouvailles, des questions se posent. Peter, qui ne croit pas aux miracles, croit encore moins à l’histoire de sa soeur, qui prétend avoir été enlevée par des fées… (Babelio)

Pour être tout à fait honnête, ce n’est clairement pas le récit auquel je m’attendais. En général, quand on s’attend à un autre contenu, ce n’est jamais une bonne surprise. Pourtant, il existe des exceptions et Comme un conte est la mienne. Je m’attendais à plus de Noël, mais on passe vite sur la journée du 25 décembre finalement pour plonger en plein cœur d’une magie un peu plus particulière. Car au fil des pages, c’est le monde des fées qui se dévoile peu à peu. Non pas celui des contes de fées, mais bien du folklore des fées : êtres espiègles, ni bons, ni mauvais, aux façons de vivre bien différentes, merveilleuses, mais animées par un brin de cruauté. Et franchement, même si le roman parle peu de Noël, si on m’amène dans le pays des fées à la place, ça me convient parfaitement.

L’originalité de l’histoire est qu’elle est racontée du point de vue de nous autres, humains. A aucun moment le lecteur ne plonge dans l’esprit ou la conscience de ces êtres dont on ne sait jamais vraiment s’ils sont réels ou non. A nous de croire ou pas. Mais j’ai bien envie d’y croire de mon côté. Après tout, lorsqu’un enfant, dans le monde, dit qu’il ne croit pas aux fées, l’une d’entre elles meurt… Et je n’ai pas envie de passer les fêtes à applaudir pour les sauver toutes alors voilà c’est décidé : j’y crois (même si je ne suis plus une enfant). C’est bien là tout l’exploit de Graham Joyce qui nous raconte cette histoire du point de vue d’un adulte sceptique (principalement) en conservant toujours une porte de sortie pour signaler au lecteur que l’adulte-sceptique n’a peut-être pas conscience de tout pour réellement émettre un avis objectif sur la question. Ce que je dis vous paraît un peu obscur ? Je m’en excuse. J’ai un peu de mal à expliquer comment la magie se dissémine à travers les pages et les mots du roman.

Le fait que cette histoire est servie par une plume agréable et fluide et que même si on ne sait jamais vraiment où Graham Joyce veut nous amener, c’est un plaisir certain de se laisser entraîner par la féerie ambiante et le folklore anglais.

Lire ou ne pas lire : Comme un conte de Graham Joyce ?

Aucun doute là-dessus, c’est un livre que je recommande pour les amoureux des fées, les férus de magie et les sceptiques qui souhaitent entrouvrir une porte sur de nouvelles croyances. Les sceptiques purs et durs risquent de se heurter à un mur d’incompréhension face aux discours de Tara, soutenant avec force le psy. Je respecte même si je trouve ce choix bien moins empreints de joies et de bonheurs que le chemin des fées. En tout cas, de mon côté, le choix est fée…fait.

L’avis du Petit Monde d’Isa : Comme un conte

Ronces Blanches et Roses Rouges – Laetitia Arnould : conte de fées et magie

img_20170302_094555_276Suivant de très près les éditions Magic Mirror, vous risquez de voir passer souvent leurs titres sur le blog. Et bien évidement, je ne risquais pas de louper le tout premier titre de leur catalogue et un bon choix avec lequel la maison d’édition tape très fort. J’ai donc lu Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia Arnould en ce début de moi et quelle belle découverte !

Résumé : Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite. Au cœur d’une fôret obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur. Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage. Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges. Quitte à croire en la magie. Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compse une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours… La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge. (Babelio) 

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Réécriture de conte : Blanche-Neige et Rose-Rouge

Autant vous le dire immédiatement, je ne connaissais absolument pas le conte qui a servi de base à cette réécriture. J’ai beau avoir été bercé par les contes, je me souviens plus des Contes de la Rue de Brocca et de la Rue Mouffetard (comme quoi, ça me parlait beaucoup plus la touche d’absurde de Pierre Gripari). Pour aborder la réécriture dans de bonnes conditions, j’ai fait au moins quelques recherches pour savoir de quoi parlait le conte d’origine. Le fait est que je n’aurais pas du forcément perdre du temps à le chercher sur internet car les éditions Magic Mirror ont pris soin de mettre le conte originel en annexe, ce que je trouve très intelligent surtout pour un conte qui ne fait pas partie des plus connus.

Le conte étant extrêmement court, Laetitia Arnould avait donc beaucoup de travail pour proposer une réécriture sous forme de roman. Et elle a fait un travail considérable et réussi. Les bases ont été conservées, à savoir les deux soeurs, leur caractère et leur relation, ainsi que le cadre environnemental et les personnages. A cette base, elle a su apporté toutes les caractéristiques des contes de fées pour rendre son récit vivant, dynamique et intéressant. Son message principal étant qu’il ne faut pas se fier à l’apparence des choses et des gens. Car oui, les personnages de Laetitia Arnould sont construits avec une vraie profondeur jouant entre l’image qu’ils donnent mais aussi leur moi intérieur et véritable. Plus complexes même parfois qu’une simple dualité… j vous laisse découvrir ça par vous même.

Un détail à souligner, histoire de pinailler : même si j’ai trouvé le personnage de Sirona très sympathique et attachante avec ses qualités et ses défauts, on ne se trouve clairement pas dans une histoire où le rôle de la femme est transcendé. Elle est l’héroïne, oui, mais au final, j’ai eu un peu une impression de « Damsel in destress » (Demoiselle en détresse). Cela dit, c’est un détail car il s’agit également d’un choix d’écriture car ce choix qui est fait correspond aux contes traditionnels. J’ai quand même passé un excellent moment de lecture.

Laetitia Arnould : une plume à suivre

En plus de découvrir une toute jeune maison d’édition (mais prometteuse) avec Ronces Blanches et Roses Rouges, c’est la plume de Laetitia Arnould que l’on découvre. Un style épuré et poétique mais précis. A ma lecture, j’ai aimé découvrir la maîtrise des codes du conte de fées. Tous les détails y sont et c’était un plaisir de les retrouver comme par exemple le chiffre 7, sacré dans ce genre littéraire (souvenez-vous des bottes de 7 lieues) et bien elle a pensé à s’en servir et j’ai adoré ce détail.

Cela me conforte dans mon envie de découvrir son prochain livre qui paraîtra en juin aux éditions Gloriana : Solstices et qui m’a l’air très intéressant mêlant historique et fantastique avec une héroïne qui semble forte de ce qu’en dit le résumé.

Lire ou ne pas lire : Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia Arnould ?

Sans hésitation, oui. C’est une très jolie réécriture, très poétique, qui nous transporte vraiment dans un univers de magie et nous ramène totalement en enfance. Ce n’est peut être pas une réécriture moderne, je la qualifierai surtout et complètement de poétique. L’histoire est agréable à lire, les personnages attachants et l’univers très bien enrichi par la maîtrise du genre traditionnel de l’auteure. En somme, c’est un excellent choix de la part des éditions Magic Mirror qui plante avec ce premier livre de leur catalogue le décors de leur ligne éditoriale. Une histoire sans prise de risque, mais tellement belle qu’on en redemande avec beaucoup de plaisir.

D’autres chroniques : Le calepin d’une lectrice I believe in pixie dustLes lectures de MarinetteLaura PassageLe carnet enchantéMarion reading books

Pour retrouver : Les éditions Magic MirrorLaetitia Arnould

J’ai décidé d’être un peu plus précise dans mes notations de livres, j’inaugure ce nouveau système aujourd’hui donc, je ne sais pas ce que vous en pensez mais, à mon sens, c’est plus éclairant sur mon ressenti :

Histoire : 5/5 – Personnages : 5/5 – Style : 5/5 – Originalité : 3/5
Total : 18/20

Poison, Charme, Beauté – Sarah Pinborough : « Plus de princesse parfaite »

img_20170126_105754_951On se retrouve en ce début de semaine pour une petite chronique sur l’intégrale des Contes des Royaumes de Sarah Pinborough contenant Poison, Charme et Beauté parue aux éditions Milady en 2015. Les adeptes de disney auront peut-être saisi la référence dans mon titre d’article… Pour celles et ceux qui aiment moins disney, désolée, je n’ai pas pu m’empêcher de le placer car au final, ça colle super bien. (La référence étant en l’occurrence des paroles de La reine des neiges et de la ‘fameuse’ chanson que tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie même l’ermite coincé dans un tronc d’arbre sur une montagne inatteignable. Oui cette chanson là.) Parce qu’on peut le dire clairement, les princesses de Poison, Charme et Beauté, ont tendance à être bien loin des conventions sociales…

Résumé : Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au bois dormant,trois contes de fées mythiques revisités :cruels, savoureux, et tout en séduction.Rappelez-vous l’innocente et belle princesse, la méchante reine impardonnable, le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d’amour sincère…Rappelez-vous les horribles belles-sœurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard…Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée…… et à présent, ouvrez cette intégrale et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, Cendrillon et la Belle au bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée. (Goodreads)

Avant que je ne commence cette lecture, j’avais reçu des avis particulièrement négatifs à propos de cette trilogie. J’en ai reçu de bons aussi mais globalement, ils étaient plutôt mauvais. Vous me connaissez, je l’ai tout de même lu car j’aime me faire mon propre avis sur les livres (et sur à peu près tout, mon naturel de curieuse). Par contre, mon niveau d’attentes a considérablement baissé avec ces retours et je dois dire qu’il me faut remercier tout ces gens-là car grâce à eux, j’ai plutôt bien apprécié cette lecture.

Effectivement, c’est le genre de livres qu’il ne faut pas commencer en attendant une lecture de folie qui transcendera votre vie. Clairement pas. Mais si, finalement, on en attend pas plus que ça et que l’on décide de se laisser simplement surprendre par les choix narratifs faits, la lecture en devient vraiment agréable. Je ne vous spoilerais pas les twists, certains sont plus gros que d’autres, mais globalement, j’ai trouvé beaucoup d’originalité dans les choix qui ont été fait dans la réécriture de ces contes (Blanche-Neige, Cendrillon et La Belle au bois dormant plus d’autres contes qui pointent le bout de leur nez). J’ai d’ailleurs trouvé très intelligent ce qui a été fait avec la Belle au bois dormant… Cendrillon est très très loin de la princesse pleine de bienveillance et parfaite de disney, elle est même un brin égoïste, déroutant mais j’ai bien aimé. Et que dire de ce Prince Charmant et pédant, égoïste, machiste et pervers ? Au final, j’ai trouvé le récit assez féministe (et pas faussement), les princesses ont des qualités autant que des défauts, elles sont très humaines tout en étant parfois courageuses. Bref, on prend le monde des contes, on les mets dans un bocal, on ajoute une dose de tous les défauts que peuvent avoir un être humain, on mélange bien comme il faut et on voit ce qu’il en ressort…

Le petit + : Ce que j’ai particulièrement apprécié et qui m’a beaucoup étonnée au début de ma lecture, c’est le style d’écriture qui reprend le ton presque en vers libres que peuvent avoir les contes de fées. Je ne sais pas dans la version originale, mais la traduction ici montre des signes d’allitérations de certains sons dans certaines phrases et j’ai vraiment trouvé ça super.

Lire ou ne pas lire : Les contes des Royaumes de Sarah Pinborough ?

Je répondrai oui sans trop d’hésitation, toutefois, ce n’est peut-être pas un livre pour tout le monde. Déjà, je pense que même si c’est un univers de conte de fées, il y a une grosse part de bit-lit dedans (il faut donc déjà apprécier le genre). Dans ce genre là, je trouve qu’il est vraiment bien écrit avec des choix intelligents (le prince charmant n’est pas l’attraction principale!) même si on n’est pas non plus dans la grosse surprise. Si vous aimez les contes de fées et la bit-lit, là c’est sûr vous allez aimer (et vous l’avez même peut-être déjà lu). Pour celles et ceux qui, comme moi, n’avait jamais lu de bit-lit, tout dépend au final votre penchant pour les contes de fées, les revisites et le non-conventionnel. Pour le coup, cette trilogie réunit tout ça et j’ai passé un bon moment de lecture.

Ma note : 16/20

Stardust – Neil Gaiman : Conte de fée et poussière d’étoile

img_20161215_135349Ce n’est pas une découverte de Stardust que j’ai effectué avec cette lecture, c’est plutôt une plongée dans un univers magique, un conte de fée bien ficelé que j’ai voulu retrouver au moment des fêtes de fin d’année. J’ai vu le film, j’ai lu le livre une première fois en anglais, j’avais envie de retrouver Tristan une nouvelle fois et je crois que ce sera sans doute un rendez-vous régulier dans ma vie.

Résumé : Un paisible village niché au cœur de la forêt anglaise, non loin d’un mur mystérieux, infranchissable. Mais pas pour Tristan, qui a juré de rapporter à la belle Victoria une étoile filante tombée de l’autre côté … Il y découvre un monde fantaisiste merveilleux où fées, sorcières, licornes et princes sanguinaires se disputent le pouvoir à coups de sortilèges et d’enchantements. Mais gèrent aussi tous les soucis du quotidien en pays magique … (Babelio)

Ce que j’aime particulièrement dans ce livre, dans cette histoire (en dehors du fait qu’elle soit sortie tout droit de l’imagination géniale de Neil Gaiman) c’est que l’on retrouve tous les codes du conte de fée. Je  trouve toujours dans ce genre littéraire une certaine beauté et c’est pour ça que j’aime les réinterprétations des contes de fées, une nouvelle mode mais à laquelle j’adhère complètement. Loin de la réinterprétation de classiques du genre, Gaiman a su construire un nouvel univers magique qui suscite autant de curiosité et réveille les étoiles dans les yeux des lecteurs, et ça, c’est un don particulier qu’il possède et maîtrise totalement.

Gaiman nous entraîne dans une Angleterre victorienne avant de nous faire basculer, lentement mais sûrement, dans un nouvel univers fantastique se situant simplement derrière le Mur. Dès le début, l’auteur suscite donc de la curiosité et une envie d’aventure tout comme son héro Tristan. La présentation de l’étoile, incarnée en Yvaine,  est absolument magnifique et c’est avec beaucoup de poésie que l’étoile est décrite tout au long du récit. Poursuivie par une sorcière et les héritiers du royaume, l’étoile grandit et mûrit de plus en plus, tout comme Tristan. D’ennemi, Tristan devient un ami d’Yvaine, partageant toujours plus pendant leur voyage. Leur histoire est construite avec beaucoup de finesse. Au final, chaque détail s’imbrique dans un autre permettant de surprendre le lecteur à chaque fois.

Lire ou ne pas lire : Stardust de Neil Gaiman ?

La question ne se pose même pas. Neil Gaiman est un de mes auteurs favoris. J’adore les contes de fées. Alors oui, Stardust est évidement à lire pour avoir la tête pleine de magie et de fantastique. C’est une lecture fraîche, simple, mais qui comprend des twists au niveau de l’intrigue qui surprennent même en moins de 300 pages.

Ma note : 20/20