BD | Brindille – Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci : explosion de beauté naturelle

51sm85yNGjL._SX365_BO1,204,203,200_Fin mars paraissait le deuxième tome de la bande dessinée Brindille orchestrée par Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci. J’avais déjà repéré le premier tome de cette duologie dans mon magasin de BD favori mais n’aimant pas trop entamer de séries dessinées sans connaître le nombre de tomes, je ne m’étais pas laissée tenter (oui, je me suis fait complètement avoir pour The Ancient Magus Bride et manque de bol je suis accro maintenant…) Quand j’ai su qu’il s’agirait d’un diptyque, ma curiosité a repris le pas et j’ai attendu avec impatience la sortie de ce tome 2 pour me les offrir. Et grand bien m’en a pris.

Résumé : « Qui es-tu, jolie créature ? »
Une jeune femme se réveille dans un village du petit peuple. Elle ne se souvient de rien, ni de 51l3KBTneOL._SX365_BO1,204,203,200_son nom, ni de comment elle est arrivée ici. Alors qu’elle tente de retrouver la mémoire et découvre les habitants de ce monde, elle s’éveille peu à peu à des pouvoirs qu’elle ne contrôle pas. Est-elle une fée ? Une jeune fille ordinaire ? Une sorcière ? Les réponses à toutes ces questions se situent sans doute dans cette mystérieuse forêt qui entoure le village. Trouvera-t-elle le courage de se rendre là où personne n’a le droit d’aller ?

Les auteurs de la très belle série animalière Love nous plongent dans une aventure féérique où nous suivons le parcours initiatique d’une jeune héroïne dans sa quête d’identité. Le premier volume d’un diptyque onirique et voilé de mystère, au dessin magistral.

Je ne sais pas vraiment commencer cette chronique. J’ai mis beaucoup de temps à m’y mettre. Et aujourd’hui encore, je ne sais pas comment organiser mes pensées et mes souvenirs pour partager tous les sentiments qui m’ont traversé à la lecture de cette BD. Émerveillement devant la beauté des dessins. Curiosité quant à l’identité de Brindille. Inquiétude face aux obstacles qu’elle doit surmonter. Tristesse aussi, mélancolie transcendées par la simple beauté de la vie insufflée dans cette histoire.

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La représentation de la nature est omniprésente. C’est un thème qui me touche énormément, j’aime la nature, la vie qu’elle véhicule et la couleur verte qui la domine. Dans cette histoire, c’est donc la nature, le vert des dessins et la vie qui règnent en maîtres. Lorsque les dessins sont rouges, c’est la colère, la violence qui prend le pas sur le reste. L’orangé et le brun sont les couleurs de la mélancolie, tandis que le bleu amène à un univers aquatique. La symbolique des couleurs a une place prépondérante dans Brindille et j’y ai été particulièrement sensible. C’est fait avec beaucoup d’expressivité et j’ai adoré !

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L’histoire de Brindille pourrait se résumer à une quête d’identité, pourtant elle n’est pas que ça. Comme je le dis plus haut, c’est une ode à la vie et à la nature. Le rôle du loup, le guide de notre héroïne, est bien amené, bien dessiné, bien joué. J’ai été touchée par le message qu’il véhicule, plus encore par la quête sans relâche de ce qui fait de nous ce que nous sommes. Se trouver est primordial pour pouvoir survivre, sinon, c’est la mort de notre être, de notre essence même.

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La chute de l’histoire m’a surprise. Je dois dire que je m’y attendais un peu mais je n’arrêtais pas de me dire : « Non, ils ont pas fait ça ! » Eh bien si. Et même si cela peut être discutable, même s’il aurait pu y avoir des fins alternatives aussi bonnes, j’ai aimé qu’ils osent. C’est un vrai parti pris qui ne ravira sans doute pas tout le monde, mais le propos, le sens de la vie est là, jusqu’à la fin.

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Lire ou ne pas lire : Brindille de Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci ?

Pour ma part, j’ai été happée par cette histoire et totalement séduite par le graphisme. Les dessins sont beaux, parlants, émouvants, touchant. J’ai respiré la nature à chacun d’entre eux. L’effet est magique. Ces dessins sont sublimés par l’histoire de Brindille en quête d’identité qui parcourt le monde magique à la recherche de ses souvenirs perdus. Mention spéciale au Loup, mon personnage préféré (et sans doute celui de beaucoup de lecteurs qui se laisseront envoûter par ce bien joli diptyque). Vous l’avez compris, je vous le recommande fortement, si vous avez l’occasion de le lire !

Connaissiez-vous Brindille ? L’avez-vous déjà lue ? Lisez-vous de la BD surtout ?

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Devil’s lost soul #1 – Kaori Yuki : fidèle à elle-même

Quand j’ai acheté ce premier tome de Devil’s lost soul de Kaori Yuki, cela faisait un moment que je n’avait pas suivi ses sorties. D’ailleurs, j’en ai pas mal à rattraper, notamment la totalité de cette série. Mais bon avant de tous les acheter, je voulais savoir si l’histoire me plairait. Même si sincèrement, Kaori Yuki devrait travailler dur pour me décevoir. J’aime son coup de crayon, j’aime ses personnages qui se ressemblent physiquement, et j’aime par dessus tout son univers un peu glauque et gothique. Parlons plutôt de cette dernière série en date : Devil’s lost soul.Lire la suite »

Le Transperceneige – Lob, Rochette & Legrand : La BD à l’origine du film

Cette BD du Transperceneige me fait de l’oeil depuis quelques temps déjà. A vrai dire, depuis que j’ai vu le film, Snowpiercer du réalisateur coréen Bong Joon Ho. Déjà dans cet article, je vous parlais de la curiosité que le film avait soulevé en moi. Ayant reçu la BD dans mes cadeaux de Noël, je me suis empressée de satisfaire cette curiosité.

Pour l’histoire, la base est la même que pour le film : il s’agit d’un train circulant à très grande vitesse autour de la Terre, il transporte les derniers survivants de l’humanité après une catastrophe climatique qui a plongé la Terre dans une période de glaciation violente. L’intrigue diffère par contre entre la BD et le film, c’est assez peu surprenant car la BD n’aurait pas forcément été évidente de retranscrire telle qu’elle à l’écran. Il y a, en quelques sortes, deux histoires en une. J’ai lu la version de la BD en édition intégrale : à savoir regroupant les 3 albums Le Transperceneige, L’Arpenteur et La Traversée. Les personnages principaux du Transperceneige ne sont pas les mêmes que ceux de L’Arpenteur et de La Traversée. Les histoires sont pourtant entrecroisées et les deux derniers albums font des rappels au premier.

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La particularité du graphisme : il est en noir et blanc. Ce visuel renforce évidemment les propos de l’histoire. Quoi de mieux pour souligner ce paysage de neige et de glace que le noir et blanc ? Il permet un effet de clair-obscur qui sert le thème écologiste d’un univers suivant une catastrophe climatique. Aujourd’hui plus que jamais, on ressent une certaine véracité dans les propos. Commencée au début des années 80, pensée et réfléchie par Lob depuis bien des années avant ça, on se rend compte que depuis 30 ans, rien n’a vraiment changé et que l’on se trouve encore sur cette route qui nous conduit à un futur de ce type. Certes, c’est une vision pessimiste de l’avenir. Et pourtant…. On ne peut s’empêcher de se dire qu’on y va tout droit.

Il faut savoir que Jacques Lob était sensible à ce thème de l’évolution technique et technologique ainsi que des transports. On peut dire avec Le Transperceneige, qu’il était aussi un peu un visionnaire.

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J’ai vraiment apprécié lire cette BD. Faut dire que ça me change un peu des mangas et Astérix/Tintin & co. J’ai aimé le propos écologique que raconte l’histoire, mais également le propos politique et moral. Une hiérarchie politique se met inévitablement en place avec un système policier violent et abusif. Les mensonges, l’hypocrisie politique et le fanatisme font partie intégrante de ce que nous raconte Lob, Rochette et Legrand. On se pose des questions dont la réponse nous paraît évidente aujourd’hui mais sans doute moins dans une situation comme celle du Transperceneige. Bref. Un vrai moment de réflexion et de détente réfléchie. Le meilleur des combos.

Je mets donc 5 birdybooks au Transperceneige de Lob, Rochette et Legrand. Après un excellent film de Bong Joon Ho, Snowpiercer, je n’ai vraiment pas été déçue. C’est vraiment une BD que je conseille à tous les amateurs de bandes dessinées et de Science-fiction. D’ailleurs, il semble qu’il y ait une suite avec un dernier album intitulé Terminus et publié aux éditions Casterman, comme l’intégrale, par Rochette et Bocquet. Il faudra donc que j’en arrive au Terminus de cette série également.

Pour un autre avis sur cette BD : Curieuse Grignoteuse

 

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