L’étrange affaire de Spring Heeled Jack (Burton & Swinburne #1) – Mark Hodder : un mystère steampunk

DSC_0205Quoi de mieux pour bien débuter la semaine qu’un bon roman steampunk ? Non, je vois pas. Alors avec Alec à la bibliothèque on s’est lancées dans les aventures de Burton & Swinburne de Mark Hodder. Parce que le résumé est sacrément alléchant, vous trouvez pas ? Résultat, si le l’histoire n’est pas un coup de coeur pour moi, je me suis vraiment régalée à découvrir nos deux lascars et surtout l’histoire de Spring Heeled Jack.

Résumé : LONDRES, 1861
SIR RICHARD BURTON
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.
ALGERNON CHARLES SWINBURNE
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.
Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.
Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.
Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…
QUAND UNE POIGNÉE D’HOMMES CHANGE L’HISTOIRE, L’HISTOIRE CHANGE TOUS LES AUTRES.  (Babelio)

Jack Talons-à-Ressort aka Spring Heeled Jack, une légende urbaine

Il faut savoir que Spring Heeled Jack a vraiment existé, du moins sa légende. Il s’agissait d’un mythe qui a eu court tout au long du XIXe siècle, sous la période victorienne. Les premières apparitions de Spring Heeled Jack se seraient déroulées dans les années 1830 (1837 pour être précise). Les témoignages évoquaient un individu grand et musclé aux yeux rougeoyants se déplaçant par des sauts extraordinaire (il aurait sauté par dessus un mur de 2.70m).

Trois théories se font concurrences. Celle qui donnerait Henry Beresford, le Marquis fous, se cachant sous les traits de Jack par simple plaisanterie et envie de s’amuser. Celle qui voit en Jack un véritable diable. Enfin, celle qui dresse Jack comme un extraterrestre, théorie soutenue par des arguments tels que les sauts témoignant d’une planète à plus forte gravité.

De fait, la légende urbaine a perduré jusqu’en 1903, témoignage de sa dernière apparition. Personne n’a été suspecté et arrêté et le mystère demeure autour de cet individu particulier qui aurait pu donner naissance à la légende de Jack L’Eventreur.

Mark Hodder s’est appuyé sur cette légende pour construire un récit bien ficelé.

(source : Jack Talons-à-Ressort)

Burton, Swinburne et Spring Heeled Jack

Mark Hodder a su créé un univers vraiment particulier pour ses aventures de Burton et Swinburne. Bien évidement, on se retrouve dans le Londres victorien, mais en plus de ça, la technologie a prit une envolée et tout un tas de machines pullulent dans les rues de Londres. Je mentionnerai bien la rotochaise, une chaise hélicoptère mais également le vélocipède, vélo à moteur et bien d’autres petites choses qui égayent le roman. La grosse originalité c’est le concept d’eugénisme qui est développé. A savoir la création d’organismes génétiquement modifiés. On se retrouve donc avec des perroquets messagers mais dont l’effet secondaire est de parsemer les messages d’insultes plus vertes les unes que les autres. Je dois dire que je suis une grande fan de ces perroquets, ils m’ont marqué et j’adore !

L’intrigue est extrêmement bien menée. Même si j’ai trouvé le dénouement un peu trop tiré par les cheveux, j’ai aimé le parti pris de Mark Hodder de trouver une nouvelle théorie à la légende de Spring Heeled Jack. Je ne vous en dévoilerai pas plus pour vous laisser la surprise !

Quant à nos deux protagonistes, autant vous le dire tout de suite, ce premier tome tourne principalement autour de Richard Burton. Algernon Swinburne ne prend part que bien tard aux péripéties, mais on le découvre peu à peu, libertin, décadent, poète, l’exemple même du dandy victorien. Burton quant à lui m’a beaucoup fait pensé à Sherlock Holmes, peut-être un peu trop ? Je n’ai pas su dire. Le fait est qu’il a une logeuse, un collègue et un ami dans la police… On s’en éloigne tout de même du fait qu’il soit un explorateur travaillant pour la couronne d’Angleterre. Et ce n’est pas rien.

Lire ou ne pas lire : L’étrange affaire de Spring Heeled Jack (Burton & Swinburne #1) de Mark Hodder ?

Bien évidement, je ne peux que vous recommander cette lecture. L’intrigue est bien ficelée même si l’auteur en fait un chouilla trop, le lecteur est quand même pris par le suspense et se demande comment tout ça va bien pouvoir être dénoué. J’ai énormément apprécié le fait que Mark Hodder s’inspire d’une légende urbaine pour créer son récit et qu’il en propose une nouvelle explication. Je note un petit regret, pas de personnage féminin important dans le livre, tant pis, peut-être dans le tome 2 ? En attendant, on se régale quand même !

Découvrez la chronique d’Alec à la bibliothèque : L’étrange affaire de Spring Heeled Jack

Histoire : 5/5 – Personnage : 4/5 – Style : 4/5 – Originalité : 5/5
Total : 18/20

American Gods – Neil Gaiman : des dieux païens en amérique

IMG_20170420_142945_565Avec l’actualité d’American Gods de Neil Gaiman, j’ai du m’empresser de sortir le livre en vitesse de ma PAL le mois dernier pour pouvoir le lire avant de regarder la série. Premier épisode qui a d’ailleurs déjà été diffusé il y a quelques jours. Ne l’ayant pas encore regardé, je dois vous avouer que je suis particulièrement sceptique car American Gods est le genre de livre vraiment difficiles à adapter en image. Je me pose énormément de question sur les choix scénaristiques et la réalisation de certains passages (pour ne pas dire tous). Je prévois de le regarder avant publication de cette chronique, je vous donnerai un petit avis là-dessus à la fin du billet.

Résumé : Neil Gaiman sait redonner aux légendes établies un souffle nouveau. Celui qui, dans une nouvelle éblouissante, a osé présenter Blanche-Neige comme une criminelle sadique, se permet, dans American Gods, de mêler mythologie et conflits de l’Amérique d’aujourd’hui… Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d’émigrants, ils pensaient trouver un territoire à la mesure de leurs ambitions. Peu à peu, cependant, leurs pouvoirs ont décliné : Anubis – l’ancien dieu des morts égyptien – en est réduit à travailler dans une entreprise de pompes funèbres ! Et de nouvelles idoles – cinéma ou Internet – se sont imposées. C’est pourtant un humain, Ombre, qui se retrouve au cœur d’un conflit titanesque : à peine sorti de prison, découvrant que sa femme est morte et que son meilleur ami était son amant, il accepte un contrat aussi dangereux qu’étrange… Passionnant roman-fleuve, American Gods confirme que Neil Gaiman est un auteur aux ambitions littéraires affirmées et un raconteur d’histoires hors du commun. –Stéphane Nicot (Babelio)

Du Neil Gaiman à l’état pur

Pour tout les inconditionnels de Neil Gaiman, ce livre vous plaira sans aucun doute. On retrouve dans American Gods la plume particulière de l’auteur, les références culturelles (et les recherches qu’il a faite), ce petit côté légendes urbaines qu’on aime et surtout ce petit grain de folie mêlé à un peu de magie (plus ou moins sombre selon les livres). Si on apprenait un jour que Tim Burton et Neil Gaiman sont frères ne me surprendrait absolument pas !

Vous me connaissez, vous savez que je suis fan de Neil Gaiman, j’ai donc apprécié cette lecture. Je crains toutefois de ne pas avoir saisi des références trop subtiles liées à la culture américaine. Vous savez, ces moments où on sent qu’il y a quelque chose de bien mais qu’on arrive pas à mettre le doigt dessus ? ça m’est arrivé quelques fois avec American Gods. Il n’empêche, c’est un récit drôlement particulier et je ne suis pas certaines qu’il plaise à tout le monde. On découvre les choses au compte-goutte, le lecteur n’en sait pas plus que le personnage principal, Ombre, voire moins et cela laisse une sensation étrange de ne pas vraiment parvenir à s’approprier l’histoire à chaque fois que l’on referme le livre pour dormir. Mais au fond, peut-on vraiment s’approprier l’histoire des Dieux ? Sans aucun doute, non.

Au final, ceux qui connaissent déjà l’auteur le savent déjà, c’est un livre dans lequel il faut se laisser porter, accepter de ne pas comprendre tout dans l’instant. Les réponses sont diffuses, elles viennent tard dans le récit comme l’eau qu’on donne enfin à un assoiffé. La frustration éprouvée durant la lecture se transforme alors en sourires et je me suis dit « ça va, il a bien géré son coup ».

Entre ésotérisme, paganisme et hallucination collective

Comme vous le savez ou devinez, dans American Gods, les Dieux jouent un rôle important. Il y en a quelques uns qui sont même principaux, récurrents. Bref, ce n’est pas simplement le décors. L’histoire même de chaque personnage s’ancre dans une tradition mythologique profonde utilisant des caractéristiques et des attributs de pouvoir (ou non) connus. Neil Gaiman a fait un gros travail de recherches là-dessus et si j’en ai reconnu l’effort sur les dieux que je connaissais, j’aimerais lire également d’autres mythologies qu’il utilise dans son récit pour en saisir toute la richesse.

Avec le style de Gaiman, le paganisme prend un véritable aspect ésotérique avec des Dieux puissants mais sur la déchéance (un peu comme Hero Corp dans la saison 1 voyez), ils se sont posés, ont vécu des vies plus ou moins morales tout en gardant la mélancolie de leurs cultes passés. Oui, ça frôle l’hallucination collective. Par moment, je me suis demandé si Mr. Monde et tous ses autres Messieurs n’avaient pas raison de dire que ces mecs se prétendaient juste être des dieux et devaient finir en asile psychiatrique. Et ouai. Mais c’est tout l’art de Gaiman. Car jusqu’à la fin, on se demande si on a vraiment à faire à des dieux ou pas. Des fois on en est persuadé, d’autres fois, on doute. Bref, un régal.

Lire ou ne pas lire : American Gods de Neil Gaiman ?

J’aurais du mal à vous dire de ne pas lire American Gods, j’ai adoré. J’ai retrouvé la plume d’un auteur que j’adore, son sens de la subtilité, des détails et du laisser aller de l’imagination qu’il provoque. J’ai aimé ses recherches sur les différentes mythologies, principalement scandinave, mais aussi égyptienne, indienne, africaine, celte et j’en passe… Pour autant, je ne le conseillerai peut-être pas à tout le monde. Contrairement à Stardust qui peut plaire à un lectorat très large, American Gods plaira beaucoup plus aux amateurs affichés de SFFF aimant plonger dans la magie et parfois l’absurde, la métaphysique et le laisser aller.

Histoire : 4/5 – Personnages : 5/5 – Style : 4/5 – Originalité : 5/5
Total : 18/20

Bref retour sur le 1e épisode de la série : Et bien c’est une grosse claque. Moi qui me demandais comment ils pouvaient mettre en images certaines scènes, ils l’ont fait. Et bien par dessus le marché ! Le visuel est sublime et colle vraiment bien à l’ambiance du livre. Les scènes, la chronologie du livre sont plus que bien respectées à mon sens alors que cela me semblait le plus difficile à faire avec les « histoires » parallèles et les rêves d’Ombre. En parlant d’Ombre, je suis totalement amoureuse de l’acteur et de son interprétation du rôle ! Moi qui ne suis d’habitude pas attirée par les blacks, je dois dire que je trouve Ombre carrément sexy, touchant et j’en ferai bien mon 4h.
La série est totalement psyché, autant, si ce n’est plus que le livre mais qu’est-ce qu’elle est bien faite. Malgré l’aspect un peu gore (beaucoup de sang) (ce qui était prévisible à la lecture du livre cela dit), tout y est. Le visuel, le respect du texte et un casting à tomber. A lire ET à voir donc !

1984 – George Orwell : une dystopie classique qui fait frémir

IMG_20170410_084439_453Comment vous dire, aujourd’hui, à quel point je suis contente d’avoir enfin pris le temps de lire ce grand classique du fantastique ? Enfin fantastique si on veut. C’est surtout une dystopie, pure et dure. Surtout dure. Parce qu’il faut bien le dire, on ne rigole pas beaucoup à la lecture de 1984. Tout le contraire. Et pourtant, je trouve Orwell presque visionnaire et c’est un livre important à lire, voire même à étudier au lycée (un cours interdisciplinaire entre l’histoire et le français peut-être).

Résumé : « De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée. » (Babelio)

Tout le monde connaît l’effrayante rengaine : Big Brother vous regarde. Et tout le monde aujourd’hui entend derrière cette appellation de « Big Brother » devenue courante, les USA. Faut dire que depuis que l’on sait ce que l’on sait sur la surveillance des USA sur ses citoyens et le monde, le terme n’est pas volé. Seulement, dans un aujourd’hui encore plus récent, je préfère ne pas jeter la pierre qu’aux USA car ça semble être une manie de gouvernement de vouloir contrôler et surveiller sa population. Quoi qu’on en dise, quoi qu’il soit fait ou pas encore…ça reste, à peu d’exceptions près, une grande ambition des gens de pouvoir.

Vous me trouvez pessimiste ? Ne lisez pas 1984 alors car ça n’arrange rien. Le récit est brut et douloureux. Il offre une description de la vie et du monde totalement désenchantée. Les citoyens (peut-on encore les appeler citoyens quand ils n’ont plus droits ni devoirs), la population est bridée, seulement faite pour travailler et assurer la survie et la bien-aisance d’une élite cachée dont on entend pas parler. Tiens, ça ne vous fait penser à aucun programme de candidat aux élections présidentielles françaises ? Moi si… deux en particuliers : Fillon et Macron. Faciliter la vie des riches, leur permettre de s’enrichir et pour ça, utiliser ce qu’il reste de force aux classes moyennes (puisque les pauvres n’ont plus rien à donner de toute façon).

Je ne voulais pas parler politique sur Pause Earl Grey. Pourtant, il y a des lectures qui amènent inévitablement à ce sujet. Et moi qui voulait poster cette chronique lundi, je la poste finalement avant le premier tour des élections. Parce que c’est maintenant que ce genre de discours comptent un peu.

Alors oui, 1984 est à lire. Je ne noterai pas ce livre pour la bonne et simple raison que noter un classique est inutile. C’est un classique car il a une importance dans l’histoire, dans la culture, dans l’évolution d’une société, d’un pays, du monde. 1984 fait partie de ces livres qui amènent à réfléchir, qui devraient empêcher de faire les même erreurs que d’autres ou que l’on a déjà commise par le passé. 1984 fait ouvrir les yeux sur l’importance de la liberté individuelle et non commerciale, l’importance de la liberté de penser avant tout, oui, mais pas de penser n’importe comment : en réfléchissant. En utilisant les livres d’histoire, les études, en faisant des recherches, en ne prenant pas l’information prémâchée que nous balance les médias mais en creusant plus loin et en croisant les sources pour en venir à se demander la fiabilité de l’information que l’on nous balance, à la vérifier, apprendre aux gens autour de nous et à nos enfants l’importance de réfléchir et se faire sa propre opinion. Et, au final, de prendre les bonnes décisions…

Il est important de nous exprimer dimanche. Parce qu’on nous demande notre avis trop peu souvent ces derniers temps. Nous sommes les citoyens de ce pays et malgré les apparences, sur le papier, c’est nous qui avons le pouvoir. Exerçons-le au lieu de nous en laver les mains.

Finalement, j’ai beaucoup parlé politique. Enfin si on veut. Les programmes restent des opinions. Mais ces opinions nous avons le droit et le devoir de les exprimer. 1984 de George Orwell m’a finalement inspiré un discours très engagé et dans la peur d’une société privée de liberté dans laquelle la population ne disposerait d’aucun droit sur son corps, de ne pas aimer qui ils veulent, de ne pas prier qui ils veulent. Je voterai pour un programme de changement. Un programme qui n’empêche pas les gens de s’aimer, d’être qui ils sont, de croire en ce qu’ils veulent.

Le manuscrit perdu de Jane Austen – Syrie James

Pour ce début de semaine, je vous propose de nous pencher sur Le manuscrit perdu de Jane Austen écrit par Syrie James. Vous connaissez tout l’amour que je porte à Jane Austen, alors quand j’ai vu ce livre, j’ai difficilement résisté à l’envie de le découvrir. Je m’imaginais partir à l’aventure d’un manuscrit caché, déception. Au final, je me suis retrouvée avec deux livres en un seul. Vous me direz, vu le prix des livres, c’est plutôt sympa ?! Oui mais bon… C’est un peu trop facile.

Résumé : Samantha McDonough mène la vie sans surprise d’une bibliothécaire sans histoire. Un jour, elle fait une surprenante découverte. Un livre, déniché dans une petite librairie, qui va changer sa vie. Car entre ses pages se cache une lettre vieille de deux cents ans. Une lettre signée par l’une des plus grandes romancières anglaises: Jane Austen. Voilà Samantha lancée sur la piste d’un manuscrit perdu, dans une course contre le temps, qui va la guider tout droit entre les murs d’un manoir magnifique, et entre les bras de son séduisant propriétaire… (Babelio)

Je l’admets, je ne m’attendais absolument pas à avoir le déroulé entier du manuscrit retrouvé. J’ai même trouvé ça carrément gros de vouloir écrire le « nouveau » Jane Austen. Il y avait tellement à faire avec l’histoire principale que je n’ai pas bien compris pourquoi l’auteure avait voulu faire ça… Ou alors c’est amené de façon assez maladroite si les idées d’Austen lui plaisaient et lui avaient donné l’inspiration. Cette recherche du manuscrit était une idée géniale mais malheureusement traitée de façon accessoire, le dénouement sur ce qu’il va advenir de ce manuscrit est tout aussi rapide…alors que sincèrement, moi c’était cette histoire qui m’intéressait le plus. Quel dommage!

Cette erreur d’aiguillage mis à part, je dois reconnaître que la plume de Syrie James n’est pas désagréable à la lecture. Quand on prend du recul sur la déception de l’histoire principale, et que l’on s’attache au « manuscrit de Jane Austen », la lecture est plaisante et l’histoire aurait pu facilement faire l’objet d’un roman à part inspiré de l’univers de Jane Austen car il lui rend totalement justice. Bien qu’il manque un peu de critique de la société à mon goût, ça n’en est pas moins une romance historique sympathique à lire avec des espoirs et des rebondissements qui maintiennent le suspense jusqu’à la fin.

Lire ou ne pas lire : Le manuscrit perdu de Jane Austen de Syrie James ?

Pour la délectation de s’identifier à la fan-bibliothécaire de Jane Austen tout émoustillée par sa découverte, je dirai oui. Je doute qu’il me laisse un souvenir impérissable toutefois, mais je ne regrette pas non plus cette lecture. J’aurais simplement préféré le lire sur la plage au soleil, période propice à la légèreté des lectures comme celle-là. Dommage que le fait d’écrire deux histoires en une seule les rende incomplètes avec des personnages pas suffisamment aboutis. Elles auraient mérité d’être approfondies l’une comme l’autre.

Histoire : 3/5 – Personnages : 3/5 – Style : 4/5 – Originalité : 4/5
Total : 14/15

Frankenstein (ou le Prométhée Moderne) – Mary Shelley

L’autrefois, je suis tombée sur cet article de Brice de Malherbe sur Slate et ça m’a donné envie de partager avec vous une ancienne chronique, publiée la première fois sur Bookyboop mais que je n’avais pas repris ici. Vous pouvez retrouver l’article Slate en suivant le lien > Le transhumanise risque bien de nous détruire < et je vous laisse avec ma chronique de Frankenstein de Mary Shelley.

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’aller voir les deux retransmissions du National Theater de Londres de la pièce Frankenstein mise en scène par Danny Boyle. Les deux acteurs principaux, Benedict Cumberbatch (Sherlock, le dernier Star Trek, la voix de Smaug dans Le Hobbit…) et Johnny Lee Miller (Trainspotting, Elementary…) ont été vraiment bluffants car chacun jouaient les deux rôles : celui de Victor Frankenstein et celui de la créature. Pas en même temps, bien évidemment mais sur deux représentations, ils inversaient leur rôle. J’avoue ne pas pouvoir choisir quel rôle leur va le mieux à l’un ou l’autre car leur façon de jouer était complètement différentes mais tout aussi poignante et juste. Bref, je ne fais pas ici une chronique de cette pièce de théâtre mais bien du livre alors j’y viens.

Ces représentations ont été l’élément déclencheur qui m’a fait acheter le livre et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Tout au long du récit, je me suis revue dans cette salle de cinéma face à ces acteurs étonnants et fascinants. Et ça a été un vrai plaisir que de replonger dans ces souvenirs.

 

Mais alors Frankenstein, c’est quoi l’histoire, la vrai ? Parce-qu’on connait le mythe, on connait ce qui en a été extrapolé, je m’imaginais un savant fou dans son laboratoire, une table chirurgicale, un toit ouvrant pour qu’un éclair puisse y passer et les villageois dehors avec des torches qui veulent tuer cette bête. Bien évidemment, on retrouve ces éléments, mais beaucoup plus sous-entendus que je ne le pensais au départ. Frankenstein est un livre qui s’inscrit dans le mouvement gothique des XVIIIe et XIXe siècles en Grande-Bretagne, c’est-à-dire qu’il a pour but de donner des frissons et la chair de poule aux lecteurs. L’horreur est donc sous-entendue par moment, à d’autres, elle est plus présente et dans ce livre, c’est bien sûr la Créature qui est porteuse de cette horreur gothique. Et pourtant, son humanité est stupéfiante. Et c’est bien ce qui m’a le plus marqué. Pour résumer rapidement et ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, Victor Frankenstein, passionné de science voire d’alchimie, se met en tête de donner la vie à de la matière morte, il crée donc sa Créature, qu’il abandonne à la seconde où il s’aperçoit qu’il a réussi son entreprise, trop effrayé par ce qu’il vient de faire. La Créature se terre et se cache, tente d’apprendre à communiquer par des moyens indirects le langage des hommes et acquiert peu à peu une véritable conscience avec un sens réel du bien et du mal. Rejeté à cause de son physique par la communauté humaine, il se jure de détruire son créateur qui lui a offert une vie de misères.

Ce que je tiens particulièrement à partager avec vous, c’est mon ressenti par rapport à la Créature. Le livre est écrit de telle sorte que Victor Frankenstein est la malheureuse victime même s’il est conscient d’une part de responsabilité et c’est ce qui m’a vraiment choqué. Comment lui vient-il à l’idée de se victimiser alors que la misère dont il est actuellement victime est entièrement sa faute ? Je veux dire par là qu’il a créé un individu vivant qui a acquis une conscience, un sens moral, une envie de vivre profondément humaine et qui se fait rejeté par son créateur d’abord puis par tout le genre humain. Pour moi, Frankenstein aurait dû assumer sa responsabilité paternelle envers sa Créature et il n’y aurait pas eu tous les problèmes qui en ont découlé. Cependant, même si mon avis est tranché sur la question, je peux comprendre que l’on puisse avoir un autre ressenti car c’est justement le cœur de ce livre selon moi : la question d’éthique, de morale. Si l’on crée un être doté d’une conscience, d’une capacité à réfléchir, on se doit de lui apporter l’aide et le soutien nécessaire à la vie en société, peu importe son apparence. Au-delà du roman d’horreur, ce livre touche plus profondément à l’acceptation des différences et c’est peut-être à cause de l’actualité que je l’ai ressenti de cette manière mais je pense sincèrement que c’est la principale question que pose ce livre.

J’espère vous avoir rendu curieux pour ceux qui ne l’ont pas lu, et pour ceux qui l’aurait déjà lu, je serais vraiment curieuse d’avoir votre avis sur la question !

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