L’écliptique – Benjamin Wood : de l’art à la folie, il n’y a qu’un pas

41ax3Ucm+6L._SX311_BO1,204,203,200_Merci aux éditions Robert Laffont et NetGalley pour cette superbe découverte.

Dès ma découverte du résumé de L’Ecliptique, ma curiosité a été piqué au vif. L’art, le processus créatif, l’illusion et la réalité sont des thèmes qui me parlent beaucoup en littérature générale et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé cette lecture. Au fil des pages, j’ai découvert un roman envoûtant que j’ai difficilement réussi à refermer le soir avant d’aller me coucher. Mais avant de vous en dire plus sur mon ressenti, je vous laisse découvrir le résumé.

Résumé : 1972, sur l’île de Heybeliada au large d’Istanbul, le refuge de Portmantle accueille des artistes en burn-out. Knell, talentueuse peintre écossaise, y vit depuis une dizaine d’années quand son quotidien est chamboulé par l’arrivée de Fullerton, un nouveau venu instable, qu’elle retrouve bientôt noyé dans sa baignoire. Cet événement l’oblige à considérer d’un oeil différent ce refuge régi par des lois singulières. Elle replongera aussi dans sa jeunesse en Écosse et dans ses années de formation dans le Londres des sixties.
Après le succès du Complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood s’interroge, dans ce nouveau roman, sur la question de l’intégrité artistique et des conséquences parfois tragiques qu’elle peut engendrer, et sur la fragilité insoupçonnée de la frontière entre réalité et illusion. Doué d’une plume hypnotique qu’il met au service de personnages fascinants, il confirme ici tout son talent pour happer et surprendre le lecteur. (Babelio)

Lorsque j’ai commencé les premières pages de ce livre, la plume de Benjamin Wood m’a totalement conquise. Ni trop, ni trop peu, il dresse un portrait des personnages et de leur refuge dans une première partie qui aurait pu être longue mais qui passe relativement vite. C’est surtout dû aux questions que l’on se pose. Si vous avez lu le résumé comme moi, il y a de quoi s’en poser dans un passage où tout semble aller parfaitement bien, dans un cadre totalement idyllique pour tout créatif. Je me suis surprise une nombre incalculable de fois à rêver d’un endroit identique pour travailler et écrire même si, je le reconnais, il est nécessaire de côtoyer le monde pour les créatifs (notre côté contradictoire assumé). Des questions, je m’en suis posée. Tout au long de la première partie, attendant cette illusion qui ne venait pas, décortiquant le moindre détail, jusque dans la deuxième partie où j’essayais de connecter les éléments. Une deuxième partie un peu longue quant à elle mais terriblement nécessaire à la fin du récit qui, même si j’en suis venue à le sentir venir, m’a laissé subjuguée.

Je n’aime pas trop me forcer à réfléchir lorsque je lis un livre. C’est sans doute pour ça que je n’aime pas les thrillers et les polars avec lesquels mon cerveau semble obligé de débusquer l’assassin. Au contraire, j’adore les livres durant lesquels mes neurones se mettent en action seuls, de manière presque instinctives et font un job fabuleux de connexions. Ce fut le cas avec L’écliptique.

Les thèmes du processus créatif et de la folie sont filés à travers tout le récit. Ou plutôt, Benjamin Wood passe du processus créatif à celui de la folie. Une idée intéressante car grand nombre d’artistes ont subi cette dérive, à la recherche de la muse, de l’oeuvre d’art au sein même de la roche aspiré peu à peu vers la recherche infinie et l’impossible création. Pourtant, ce n’est qu’un point de vue qui amène à la réflexion. Depuis quelques mois, « l’inspiration » est un sujet sur lequel je me suis penchée et si, à une certaine époque, le manque d’inspiration pouvait conduire à la folie, je crois qu’aujourd’hui c’est bien différent. Notre environnement est tellement rempli d’idées à l’état brut qu’il suffit de tendre la main pour en attraper ne serait-ce qu’une. Le tout étant de la mettre en forme ensuite qui demande un travail organisé et surtout beaucoup de passion. Je vous conseille de lire l’article de l’auteur Jean-Sebastien Guillermou à propos de l’inspiration, très intéressant.

Lire ou ne pas lire : L’écliptique de Benjamin Wood ?

L’écliptique est un livre que je me ferai un plaisir de conseiller à tous et toutes qui aiment l’art, l’histoire de l’art, le processus créatif, l’illusion et la folie. Le lecteur plonge complètement dans la façon de peindre de l’héroïne, bute avec elle durant ses moments de doute, se réjouit avec elle durant ses succès et vibre avec elle lorsque la fièvre créatrice s’empare d’elle. C’est un livre beau et terrible à la fois qui m’a totalement transportée.

Conclusion (3)

Max et la grande illusion – Emanuel Bergmann

519JEHuQmjLJe remercie les éditions Belfond et NetGalley pour cette lecture. J’avais repéré ce livre pour la rentrée littéraire.

Il y a des fois, le texte a beau être bon, ça ne passe pas. Malheureusement c’est ce qui s’est produit avec Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann. Je reconnais toutes les qualités du livre, malgré ça, la mayonnaise n’a pas pris de mon côté et j’en suis la première désolée. Mais avant de vous expliquer ça plus en détail, je vous laisse le résumé.

Résumé : Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d’une amitié improbable entre un enfant aux rêves plein la tête et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d’émotion, de drôlerie et d’une irrésistible tendresse.
Prague, 1934. Mosche Goldenhirsch, fils de rabbin, mène une existence bien triste et bien monotone. Sa mère adorée vient de mourir et les relations avec son père sont de plus en plus houleuses. Quand un cirque débarque à Prague, il décide de se lancer dans l’aventure et de suivre la troupe. Mosche se voue corps et âme à sa nouvelle passion et apprend toutes les ficelles du métier avec son maître, l’Homme demi-lune. Il rêve aussi à la très belle assistante, Julia… Et de fil en aiguilles, Mosche Goldenhirsch devient le Grand Zabbatini, ce magicien que tout le monde veut voir, Adolph Hitler y compris…
Los Angeles, 2007. Max Cohn a 11 ans et sa vie vient de basculer : ses parents vont divorcer. Le jeune garçon est effondré, surtout qu’il est persuadé d’être responsable du drame. En fouillant dans les vieilleries de son père, il tombe sur un CD du Grand Zabbatini et découvre son célèbre tour :  » le sortilège de l’amour éternel « . Max en est sûr, seul un magicien peut faire des miracles et réparer l’irréparable, alors il part à la recherche de celui qui représente son dernier espoir… (Babelio)

Ce qui m’avait particulièrement attiré dans le résumé de Max et la grande illusion, c’était le côté cirque/magie. J’aime beaucoup le côté cirque de ce milieu XXe siècle, j’y trouve un certain charme, plus de magie qu’aujourd’hui. Cet aspect vintage mêlé de merveilleux et cruel à la fois que l’on trouve dans Big Fish ou encore De l’eau pour les éléphants. J’adore. Alors j’espérais, je m’attendais à ça. Et c’est peut-être pour ça que la magie n’a pas prise sur moi. Le récit ne se place pas du tout du côté merveilleux mais bien du côté réaliste purement. Pourtant, ce n’est pas un choix mauvais.

A vrai dire, c’est un peu à la mode d’alterner les chapitres avec une histoire contemporaine et un récit historique. C’est intelligent, ça permet d’avoir l’attention des lecteurs qui aiment l’historique et ceux qui aiment le contemporain. Mais c’est du revu. Et malheureusement, ça m’a sauté aux yeux car je n’étais pas rentrée dans l’histoire.

Le récit est aussi extrêmement ancré dans le judaïsme et pour moi qui ne connaît pas du tout les pratiques de cette religion, je dois dire que ça a participé au fait de me sentir à l’écart du texte. Des mots hébraïques parsèment le récit, il y a un lexique en fin d’ouvrage, peut-être aurait-il été plus judicieux d’insérer les traductions directement dans le texte. Les pratiques et cérémonies juives sont également expliquées à la fin. De la même façon, je pense que ça met une barrière de ne pas l’avoir dans le déroulement du récit.

J’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher aux deux personnages principaux. Max et Mosche. Max a 10 ans et m’a semblé parfois en avoir 15, d’autres fois 8, si ce n’est 6. Mosche est un vieillard acariâtre dont même l’histoire compliquée de sa vie n’arrive pas à justifier un comportement aussi farfelu.

La mayo n’a pas pris. C’est bien le cas de le dire.

Lire ou ne pas lire : Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann ?

Je serai malhonnête si je vous recommandais ce livre. Je n’ai pas passé un bon moment de lecture c’est un fait. Par contre, comme d’habitude, je ne peux que vous inciter à satisfaire votre curiosité si vous en avez car je pense sincèrement que ce livre a du potentiel et peut être bon. Il a son public, j’en suis convaincue car il traite de la guerre, de la déportation, de la situation terrible des juifs mais aussi des homosexuels que l’on entraperçoit. Même si la façon ne m’a pas séduite, elle en séduira d’autres. Mais de mon côté, je l’oublierai vite.

Conclusion

Révoltées – Carole Trébor : l’anniversaire d’Octobre rouge

cover120315-mediumMerci aux éditions RAGEOT et NetGalley pour cette splendide découverte coup de cœur.

Editions : RAGEOT
Sortie : 4 octobre 2017
Prix : 13,90€

C’est le résumé qui m’a poussé à demander ce livre. Un roman jeunesse sur les révolutions russes de 1917 ? Il y a carrément de quoi attiser ma curiosité car faire aimer l’histoire aux jeunes, ce n’est pas évident. Je suis intéressée par tous/toutes ces auteur.e.s qui tentent d’aviver cet intérêt historique. Je ne me suis rendue compte qu’après coup que Carole Trébor était aussi l’auteure d’un livre de la saga U4 (Jules) dont j’ai beaucoup entendu parler mais que je n’ai jamais lu. Elle a également écrit un livre que je comptais lire en décembre (Lumière), autant vous dire que je n’hésiterai plus beaucoup à l’acheter car Révoltées est un coup de cœur.

Résumé : RUSSIE, OCTOBRE 1917.
La révolte gronde dans les rues de Moscou. Huit mois après la chute du Tsar et la mise en place d’un gouvernement provisoire, la persistance des inégalités, le spectre de la famine et la poursuite de la guerre contre l’Allemagne rendent la situation explosive. Le 26 octobre, au lendemain de la reddition de Petrograd, passée dans le camp bolchevik, l’insurrection éclate à Moscou. L’enjeu est énorme, et l’affrontement entre les troupes du gouvernement et les insurgés bolcheviks est sans pitié. Tout se joue en une semaine de combats intenses.
Une semaine qui va radicalement changer le visage politique de l’empire russe, le cours de la Grande guerre, la vie de millions d’hommes et de femmes… et la destinée de Léna et Tatiana. (éditeur)

Le cadre historique : un récit bien ancré dans l’histoire

L’écueil dans un roman historique, notamment destiné à la jeunesse, c’est d’oublier le cadre historique choisi. Carole Trébor s’en sort ici avec brio (ce n’est pas pour rien qu’elle est Docteur en histoire et spécialiste de la Russie). L’auteure plonge totalement son lecteur au cœur de Moscou avec suffisamment de noms pour s’y croire (mais pas trop pour ne pas perdre son lecteur). Le nom des rues, des bâtiments, le nom d’un poète Maïakovksi… Rien n’est oublié.

Nos deux héroïnes se retrouvent au milieu de la semaine révolutionnaire d’Octobre 1917. D’un côté, Lena est engagée du côté des bolcheviks et met sa vie en danger sur les barricades. Durant tout le récit, j’ai senti ce personnage animé par sa cause qu’elle n’aurait trahi pour rien au monde. De l’autre côté, sa sœur Tatiana se pose des questions, elle n’est pas engagée mais son opinion transparaît lorsqu’elle intègre une troupe de théâtre pour réciter les poèmes révolutionnaires du poète Maïakovski. Deux engagements différents qui questionnent sur cette idée « d’engagement ».

Lena et Tatiana sont au cœur du récit mais aussi de cette semaine sanglante. La narration est écrite à la première personne du sujet, du point de vue de Tatiana qui voit sa sœur aller et venir, frôler la mort, durant l’insurrection. Cela plonge complètement le lecteur au cœur de l’action et de la révolution à Moscou. La narration est également au présent, ce qui entraîne encore plus le lecteur dans l’action. Un choix extrêmement judicieux pour rapprocher le lecteur d’un passé centenaire.

C’est une réussite du point de vue historique.

Résonance d’une jeunesse révoltées

J’ai trouvé dans ce récit une certaine résonance avec l’actualité. Souvent, les révolutions sont menées par la jeunesse et j’ai bien l’impression que cela couve aujourd’hui. Le choix d’une narration à la première personne du singulier ainsi qu’au présent amène forcément le lecteur à se poser des questions, à se demander « et si j’avais été là, qu’aurais-je fait ? »

Rien que pour ça, c’est un livre incroyable que tous les jeunes (et moins jeunes) devraient lire. J’ai beau avoir 29 ans, je me suis régalée. J’étais à fond dans le destin des deux jeunes femmes, dans cette révolution russe qui a changé le destin du monde.

C’est un livre qui amène une réflexion, à la fois sur l’histoire, mais aussi sur soi-même et le monde actuel. Une discussion après la lecture (notamment avec les plus jeunes) peut totalement compléter les thèmes abordés pour construire une opinion personnelle, un moi réfléchi et ouvert au monde et aux enjeux d’actualité. La publication du livre est prévue pour Octobre 2017, pour fêter le centenaire de ces révolutions russes. C’est une occasion formidable pour en parler.

Lire ou ne pas lire : Révoltées de Carole Trébor ?

Évidement, ma réponde est cent fois oui. Que ce soit pour vous ou pour offrir (dès 12 ans), l’écriture passe très bien, sans être trop complexe, elle n’est pas non plus trop simpliste, en tout cas, le style glisse tout seul. A la fin du livre, vous pourrez retrouver un glossaire pour expliquer les termes techniques qui ne font pas partis de notre vocabulaire quotidien. En plein cœur de la révolution, on suit le destin de jeunes femmes aux convictions différentes et pourtant pleines de vitalité, d’envies et de besoin de changements. Bref, une grande réussite des éditions Rageot et de l’auteure Carole Trébor. Je pense déjà à l’offrir autour de moi !

Pivoines pourpres – Hélène Toulhoat

41-FpkyqIQL._SX324_BO1,204,203,200_Un grand merci à l’auteure, Hélène Toulhoat, pour la découverte de son livre. J’ai découvert une belle plume et un roman extrêmement bien ancré dans la période historique choisie. Lorsque j’ai lu le résumé de Pivoines Pourpres, j’ai immédiatement accepté sa proposition, vous le savez j’adore l’histoire et les romans historiques. Je vous laisse le découvrir avant de vous dire plus sur mon ressenti.

Résumé : Nous sommes en 1827, pendant la Seconde Restauration, sous le règne de Charles X. Anna Seurel, âgée d’une trentaine d’années, vit avec son frère Antoine et ses deux enfants dans une belle maison de maître, située non loin d’Auxerre, dont elle a hérité de son père. Elle est divorcée – cela fut possible jusqu’en 1817 – et a un amant, Gabriel de Sauveterre. Elle se rend compte qu’elle est enceinte de lui ; or, à cette époque et dans ces milieux, être une femme divorcée était une situation très délicate. Pourra-t-elle épouser M. de Sauveterre ? Par ailleurs, lors d’une réunion de famille à l’occasion des fêtes de Pâques, une des domestiques est retrouvée morte dans la serre du parc. De quelle manière est-elle morte ? Pourquoi ? Est-ce un accident ? Ou bien a-t-elle été tuée ? Mais par qui ? Entre la Bourgogne et Paris, Anna et Antoine, aidés par quelques amis, vont s’atteler à la résolution de tous ces problèmes. Non sans mal… (Chapitre.com)

Une période historique méconnue en littérature

1827, la Seconde Restauration en France, en Bourgogne. La période historique et la zone géographique sont déjà très originaux lorsque l’on débute notre lecture. Personnellement, l’histoire de la France à cette période, je l’ai rapidement oublié après mes cours à l’université. Pourtant… Pourtant… Il y a clairement matière à l’écriture et à la romance. Et je trouve ça original. D’autant que Hélène Toulhoat parsème son histoire de petits détails propres à la période comme le fait du divorce possible un temps puis droit supprimé par la suite. Je ne savais pas du tout. J’ai donc appris beaucoup de choses sur une période historique que les français non-spécialistes ne maîtrisent pas forcément.

Hélène Toulhoat a réussi le pari de me faire apprécier une période qui ne m’intéressait pas plus que ça à la base. J’y ai vraiment trouvé du potentiel et c’est un joli cadre pour l’histoire qu’elle nous propose.

Un polar historique

Si on trouve de la romance dans Pivoines Pourpres, autant vous le dire tout de suite : il n’y a pas que ça. Et c’est tant mieux. Je préfère de loin quand il y a une réelle intrigue et que la romance vient enrichir l’intrigue principale, c’est ce que nous offre l’auteure avec brio. Si le jonglage entre les deux est un peu saccadé à mon sens, de longues scènes sur la romance, suivies de longues scènes sur l’intrigue du meurtre, cela ne gène pas vraiment la lecture.

A mon sens, l’accent est tout de même donné à la résolution de l’enquête et même si je ne suis pas du tout polar, je dois avouer qu’avec un cadre historique, j’aime bien. La preuve, j’ai beaucoup aimé découvrir peu à peu, à chaque « interrogation de suspects » apprendre de nouveaux indices. Si le suspense n’est pas à son comble, ce n’est pas très grave. L’intérêt réside dans le cheminement.

J’ai beaucoup aimé les personnages, ils ont une histoire et du caractère. L’héroïne m’était un peu antipathique au début, je la trouvais très rigide et peu à peu, on apprend à la connaître, on découvre son histoire et j’ai fini par m’attacher à elle, son frère et son amant adorable. La vie domestique se mélange à celle de ces aristocrates et on se prend également d’affection pour certains. D’ailleurs j’aurai bien aimé en savoir plus sur la fidèle domestique et confidente de l’héroïne, qui devait sans doute avoir sa propre vision des événements. Globalement, le récit est riche et intéressant et j’ai passé un très bon moment de lecture.

Lire ou ne pas lire : Pivoines Pourpres de Hélène Toulhoat ?

L’auto-édition ne réserve pas toujours des bonnes surprises. Les écueils, les coquilles qui passent à la trappe, les fautes… tout auteur a besoin de relecture, autre que lui-même. Pourtant, Pivoines Pourpres se place dans le haut du panier et mériterait vraiment une publication en maison d’édition. L’histoire tient la route, les personnages sont attachants, enquête et romance sont au rendez-vous, sans compter la plume agréable de Hélène Toulhoat. N’hésitez pas à vous procurer ce roman, je vous promets un bon moment de lecture et une belle continuation à l’auteure.

Pour trouver son roman : ChapitreAmazon

Histoire : 4/5 – Personnages : 5/5 – Style : 4/5 – Originalité : 4/5
Total : 17/20

Les mémoires de Zeus – Maurice Druon : la mythologie grecque vue par le roi des dieux

IMG_20170613_090459_304La mythologie et moi, c’est une grande histoire d’amour qui remonte déjà à l’époque où je faisais encore mes dents. Mythologie grecque, mythologie égyptienne pour mes premières préférences, plus tard, ce sont les mythologies nordiques et celtes qui s’y sont greffées. A croire que les religions polythéistes me parlent beaucoup plus que les monothéistes. Il manque encore bien d’autres mythologies à mon arc mais je ne désespère pas de les connaître également. Revenons au panthéon grec car avec Les mémoires de Zeus, c’est bien là que je veux vous amener.

Résumé : À ceux qui pensent que vivre pour un dieu est aisé, je dis : «Détrompez-vous.» Aux mortels qui croient que notre vie n’est que volupté et délices, je dis : «Apprenez de votre erreur.» Ayant échappé à l’infanticide, j’ai grandi seul, caché sur une île. Je suis devenu homme, et, guidé par ma grand-mère Gaïa, j’ai concocté un plan afin de renverser mon père, Cronos, maître de l’Olympe. Seul, j’ai appris la vie, l’amour, la mort et la colère. J’ai levé une armée, j’ai réveillé les géants, j’ai libéré mes frères et mes sœurs. J’ai accompli mon destin ! Moi Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire… (Babelio)

Toute l’originalité des Mémoires de Zeus de Maurice Druon réside justement dans le fait d’en avoir fait des mémoires. On se retrouve donc avec un récit à la première personne du singulier puisque c’est Zeus qui raconte l’histoire de la mythologie grecque, son histoire. Cette particularité est à la fois un avantage et un inconvénient.

Apollon dans la série Hercules (je me devais de partager ce gif avec vous)

L’avantage ? C’est d’avoir le point de vue imaginé du roi des Dieux, ce qui n’est pas rien. J’ai trouvé très agréable et sympathique, notamment au début, de retrouver toute cette mythologie qui m’était familière mais du point de vue d’un Dieu. Maurice Druon a bien cerné le caractère de son personnage narrateur : mâle, dominateur, séducteur, ambitieux, un brin belliqueux  et assez ronchon sur les bords. Mais à plus des deux tiers du livre, cet avantage lui porte un peu préjudice à mon sens. A force, j’en suis presque venue à le détester alors même que je ne suis pas certaine que cela eut été le but de Maurice Druon. Mais sincèrement, la vision que Zeus a de la femme a vite commencé à me taper sur le système. Il a beau admirer sa fille Athéna pour ses valeurs morales, son goût du travail, la volonté de ne pas choisir d’époux, bref des choix loin de « ce que l’on attend d’une femme », il finit par raconter qu’elle s’est laissée aller entachant de fait sa réputation d’une manière assez méprisante. Un choix narratif discutable à mon sens, sans compter toutes les descriptions des femmes – hystériques la plupart du temps. Dommage.

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Aphrodite (il me semble) dans la série Hercules et la vision qui transparaît dans le livre : même combat.

A côté de ça, c’est le personnage, je le reconnais. Mais si au début je le voyais sous cet angle, j’ai eu de plus en plus de mal à me détacher de cet aspect là.

Ce que j’ai apprécié par contre, c’est de trouver une véritable chronologie dans toutes les histoires issues de la mythologie grecque. C’est vraiment le gros atout de ce récit qui permet de remettre un peu d’ordre dans un univers extrêmement riche mais dont il est parfois difficile de rassembler les morceaux. Ainsi, j’ai réussi à bien mieux me situer niveau filiation entre les Dieux. Je me suis rendue compte que c’était un peu le bazar dans mes souvenirs (coucou la série Hercule que j’ai tant aimé mais dont je doute que tout soit bien respecté).

Come and laugh with Hercules

C’est donc avec beaucoup de bonheur que j’ai redécouvert Gaïa la déesse Terre, Chaos, Cronos, Apollon, Aphodite, Perséphone et Hadès, Héphaïstos et Arès, Hermès (par dessus tout mon préféré)…. J’ai apprécié que leur caractère soit développé tout en restant suffisamment dans ce que l’on en sait. Toujours ces personnages féminins un peu en dessous et présentent presque uniquement pour la procréation. Bon, c’est de la mythologie… mais quitte à écrire un récit et à extrapoler des choses, je pense qu’il y avait aussi de quoi faire mieux de ce côté là.

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Apollon me vend du rêve.

Lire ou ne pas lire : Les mémoires de Zeus de Maurice Druon ?

J’ai découvert la plume de Maurice Druon avec ce livre et je dois dire que j’ai aimé ce que j’ai lu. Même si le style est un peu ampoulé car Zeus est le narrateur, le texte garde en fluidité ce qui le rend agréable à lire. Je note donc dans un coin de ma wishlist de me procurer Les Rois maudits.
J’ai adoré redécouvrir la mythologie grecque à travers le point de vue de Zeus, c’est une façon originale de voir l’histoire et le panthéon de la Grèce antique. La vision que Zeus a des femmes reste désagréable au fil du récit, mais je pense que ça vient surtout de moi qui supporte de moins en moins de voir la femme rabaissée dans une multitude de domaines. A part ça, c’est un bon livre que j’ai quand même pris plaisir à lire. Mon petit plaisir coupable était d’attendre l’apparition d’Hercule (ben ouai.)

Rien que pour le plaisir, Kevin Sorbo as Hercules (so kitch so flex!)

Histoire : 5/5 – Style : 5/5 – Personnage : 3/5 – Originalité : 5/5
Total : 18/20

D’autres avis : Boudicca (Le Bibliocosme)

P.S. : en cherchant des gifs de la série Hercules, je viens de me rendre compte que c’était RYAN GOSLING qui jouait dans Young Hercules ! J’hyperventile, je reviens.

Ryan ? Est-ce bien toi le beau gosse qui a trop la classe dans mon écran ciné ?!