Les Ombres d’Esver – Katia Lanero Zamora : entre rêve et réalité

41afk8od9hLEn cette veille de Noël, je prends quelques minutes pour partager avec vous mon avis de lecture sur Les Ombres d’Esver. Je remercie les éditions NAOS et ActuSF pour cette découverte qui m’a vraiment emballée. L’autrice nous offre un roman gothique frissonnant et réussi avec les aventures en terre d’Esver. Je vous laisse d’abord le résumé, une des premières choses à avoir attiser ma curiosité après la superbe couverture.

Résumé : Amaryllis, 16 ans, n’a jamais connu que la maison où elle est née, le domaine d’Esver, reculé, magnifique, mystérieux. Dans ce manoir où elle vit seule avec sa mère, elle étudie la botanique avec l’espoir d’en faire son métier, malgré des nuits hantées par de drôles de rêves… Le jour où elles reçoivent une lettre du père annonçant la vente du domaine et le mariage de force d’Amaryllis à un de ses associés, tout bascule. Derrière les portes fermées d’Esver, la jeune fille trouvera-t-elle de quoi échapper à son destin ?

Les Ombres d’Esver font partie intégrante de ces romans où je n’ai pas grand chose à dire dessus. Non pas qu’il soit mauvais (ceux-là, on peut en parler longtemps) mais il est bon. Très bon. Tout me plaît. Et j’ai toujours peur d’avoir l’air un peu trop enthousiaste quand j’aime tout dans un livre. Mais qu’est-ce que je peux bien y faire ? Je suis le cœur de cible de ce roman et je ne saurai dire mieux. Mais je vais quand même essayer…

Le Gothique. J’aime beaucoup les romans gothiques. Historique avec un brin (ou un peu plus) de frissons à ressentir durant la lecture. Même si je n’en ai pas encore lu beaucoup, c’est clairement un genre que je vais avoir plaisir à découvrir tout au long de ma vie. Ici, on est en plein dedans. Le roman se déroule en France à une date indéterminée, mais on ressent toute l’ambiance XIXe que l’on retrouve dans des films tels que Crimson Peak, Sleepy Hollow, From Hell et compagnie. L’autrice nous plonge dans cet univers historique dans une vaste maison au milieu d’un domaine étrange qui devient un des personnages principaux du récit. Au fil des pages, l’angoisse et le suspense qui président les rêves d’Amaryllis se dévoilent et m’ont fait frissonner à plusieurs reprises. Pari réussi pour l’ambiance !

Les personnages. Dans ce roman, on a très peu de personnages finalement. La mère, la fille, la maison. Autour d’elles gravitent des ombres plus ou moins importantes mais qui, finalement, ne restent que des seconds à l’histoire. Amaryllis et sa mère sont particulièrement réussies avec de véritables émotions, des convictions, un passé sombre et intrigant. Même si j’avais deviné l’un des twist dès les premiers chapitres, je n’ai pas boudé mon plaisir de découvrir le développement de leur histoire. La plume de l’autrice est juste, fluide et le roman a un petit côté page turner qui m’a bien plu laissant le lecteur douter régulièrement à propos de la santé mentale des personnages. Rêve ? Réalité ? Folie ?

Lire ou ne pas lire : Les Ombres d’Esver de Katia Lanero Zamora ?

Forcément, je conseille Les Ombres d’Esver tout particulièrement si vous partagez les même goûts que moi en terme de littérature et sujets de prédilection : historique, XIXe, gothique, imaginaire. Si vous aimez les films comme Sleepy Hollow ou Crimson Peak, si vous aimez globalement l’univers de Tim Burton à sa plus belle période, si vous aimez naviguer entre les rêves, les cauchemars et la réalité, si vous aimez flirter avec la folie… Ce livre est indéniablement fait pour vous et même si ce n’est pas forcément un coup de cœur, ce sera pour vous une lecture assurément plaisante. Pour ma part, j’ai adoré me plonger dans l’univers d’Esver et ses ombres, malgré quelques scènes un peu longues, j’ai passé des heures agréables avec Amaryllis.

Vous l’avez déjà lu ? Repéré ? Vous en aviez entendu parlé ou pas du tout ? Dites-moi tout !

Et en attendant de nous retrouver, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et Joyeux Noël !

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Une bonne âme – Audrey Perri : une belle plume pour ce fait divers victorien glaçant

IMG_20171231_121812_504Lorsque j’ai croisé le résumé de Une bonne âme, je savais déjà que j’allais lire ce livre tôt ou tard. En plus, il s’agit du premier roman d’une collègue blogueuse, doublement collègue puisqu’elle écrit aussi ! Avec Une bonne âme, le lecteur est bien loin des bons sentiments récurrents dans les romans (et que d’ailleurs j’affectionne). Non. Audrey Perri a choisi de plonger son lecteur dans une misère sombre et sans fond, une misère qui arrache le cœur autant que les larmes de colère d’un Londres victorien caractérisé par l’ultra-riche d’un côté et l’ultra-pauvre de l’autre. Tiens… ce clivage social me fait penser à quelque chose… Mais revenons au livre et à son résumé.

Résumé : Londres, 1899.
Florence Jones, jeune mère célibataire, décide de faire adopter sa fille Sélina, faute de pouvoir la garder auprès d’elle. Elle se tourne alors vers Mrs Hewetson, l’une de ces fermières de bébés qui pullulent dans la capitale et qui affirme pouvoir s’occuper de son enfant. Mais Florence ignore encore que cette femme, loin d’être la bonne âme qu’elle prétend être, est déjà impliquée dans la disparition de nombreux enfants… (Babelio)

Audrey Perri s’est inspirée d’un fait divers victorien pour écrire ce roman. Un fait divers particulièrement noir et sombre à propos des fermières à bébé de l’époque. N’ayant pas l’habitude (ni même la volonté) de lire (et écrire) des récits dont les sujets sont aussi durs, autant dire que je n’étais pas forcément le public cible même si le contexte historique me plaisait. Dès le prologue, le lecteur plonge dans la misère et pratiquement la folie. Ce n’était pas gagné, je ne savais pas si j’allais pouvoir lire jusqu’au bout, si mon cœur allait tenir le choc.

C’est la merveilleuse plume d’Audrey qui m’a permis de découvrir entièrement ce roman et je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture malgré le sujet difficile. Ce qui a été assez décisif pour moi, c’est la construction du personnage d’Ada. Sa cruauté est compensée par une narration introspective qui dévoile au lecteur tout son passé et qui, de fait, permet de comprendre (ou en tout cas atténuer) son comportement. Certes on trouve quelques répétitions et notamment un tic d’auteur assez récurrent au début (qui finit par disparaître ensuite), mais Audrey Perri a clairement beaucoup de potentiel et de choses à nous montrer.

L’introspection, c’est toute la force de ce roman, à mes yeux. Raconter l’histoire d’une fille-mère qui choisit, par nécessité, de laisser son enfant à une fermière de bébé londonienne n’est pas facile car les rebondissements ne vont pas de soi. L’action se déroule lentement, tout doucement, en prenant son temps, en prenant le temps de comprendre l’état d’esprit des personnages, le pourquoi de leurs choix, leurs doutes. Et c’est appréciable dans la société-zapping dans laquelle on est. Moi-même j’ai tendance à préférer quand l’action est vive et dynamique mais je dois bien reconnaître que prendre son temps est tout aussi bien.

Une bonne âme est avant tout une histoire de femmes. Les hommes jouent un peu les artifices dans ce livre et moi qui râle quand je ne vois pas de personnages féminins dans les romans, pour le coup je suis servie. Je suis tellement bien servie que les caractères et profils des femmes sont divers et variés, loin des clichés que l’on peut trouver parfois.

Lire ou ne pas lire : Une bonne âme d’Audrey Perri ?

Comment ne pas vous conseiller ce premier roman de l’auteure ? Impossible. Il a tous les ingrédients pour pouvoir passer un bon moment. Il faut être au courant que le sujet est difficile mais la plume est agréable à lire et le choix de l’introspection rend le roman agréable à lire et découvrir.
En plus de cela, Audrey Perri n’est autre que la blogueuse Cellardoor alors c’est plutôt chouette de soutenir des collègues. Il semble d’ailleurs qu’elle a annoncé sur son blog récemment qu’un prochain livre est en préparation de publication pour le printemps. Je sais d’ores et déjà que je lirai ce 2e roman, tôt ou tard !!

Alors, vous vous laissez tenter ?

La fiancée du Tsar – Marie Laurent : Romance au cœur de la Russie

IMG_20171214_084751_980J’avais gardé cette lecture de La fiancée du Tsar de Marie Laurent exprès pour le mois de décembre. Quoi de mieux pour attendre Noël qu’une jolie romance russe ? C’était une évidence pour moi et je n’ai pas regretté cette découverte.

Résumé : Saint-Pétersbourg, 1825. La princesse Irina Apraxine, jeune fille gâtée et prétentieuse, se prend de passion pour le tsar Alexandre Ier. Mais ce dernier, époux fidèle et souverain mystique, repousse ses avances. Qu’à cela ne tienne ! Elle le suit jusqu’à Taganrog en Russie méridionale, où il meurt inopinément. Irina refuse de croire à cette disparition et entame un long périple pour le retrouver, entraînant à sa suite Anatole, un jeune soldat éperdument amoureux. Entre un idéal inaccessible et un homme de chair et de sang, qui choisira-t-elle ? (Babelio)

La fiancée du Tsar offre une belle histoire agréable à lire. J’ai découvert la plume légère de Marie Laurent et les détails apportés à propos de la culture slave. C’est sans doute ce que j’espérais dans cette lecture : être plongée dans un univers, des codes, un vocabulaire différent et le roman a répondu à mes attentes. J’ai aimé découvrir des noms de plats que je ne connaissais, ainsi que d’autres qualifiants des objets du quotidien. Cela plonge le lecteur dans l’ambiance immédiatement.

Grosse surprise : l’héroïne de l’histoire. Irina n’est vraiment pas un personnage attachant, imbue d’elle-même, hautaine, méprisante, pas spécialement bienveillante bref totalement snob avec ceux qui sont d’un rang inférieur (à savoir tout le monde puisqu’elle est une princesse). La surprise réside dans le fait que malgré ce personnage horripilant, je me suis quand même attachée à son histoire. D’habitude, j’ai du mal avec les personnages antipathique car je n’arrive pas à les comprendre mais ici, pas de problème. Avec du recul, je pense que son obsession pour le Tsar me l’a rendu plus sympathique car je la plaignais un peu… Je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler.

Lire ou ne pas lire : La fiancée du Tsar de Marie Laurent ?

Il s’agit d’une belle histoire qui campe à la fois une romance et une sorte de voyage initiatique puisque l’héroïne va mûrir durant cette échappée. Je me suis retrouvée en pleine Russie et j’ai apprécié cette découverte. La plume est agréable à lire en plus de ça alors, pourquoi se priver ? La version numérique est d’ailleurs en promotion cette semaine si jamais vous êtes tenté de le lire cet hiver !

L’écliptique – Benjamin Wood : de l’art à la folie, il n’y a qu’un pas

41ax3Ucm+6L._SX311_BO1,204,203,200_Merci aux éditions Robert Laffont et NetGalley pour cette superbe découverte.

Dès ma découverte du résumé de L’Ecliptique, ma curiosité a été piqué au vif. L’art, le processus créatif, l’illusion et la réalité sont des thèmes qui me parlent beaucoup en littérature générale et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé cette lecture. Au fil des pages, j’ai découvert un roman envoûtant que j’ai difficilement réussi à refermer le soir avant d’aller me coucher. Mais avant de vous en dire plus sur mon ressenti, je vous laisse découvrir le résumé.

Résumé : 1972, sur l’île de Heybeliada au large d’Istanbul, le refuge de Portmantle accueille des artistes en burn-out. Knell, talentueuse peintre écossaise, y vit depuis une dizaine d’années quand son quotidien est chamboulé par l’arrivée de Fullerton, un nouveau venu instable, qu’elle retrouve bientôt noyé dans sa baignoire. Cet événement l’oblige à considérer d’un oeil différent ce refuge régi par des lois singulières. Elle replongera aussi dans sa jeunesse en Écosse et dans ses années de formation dans le Londres des sixties.
Après le succès du Complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood s’interroge, dans ce nouveau roman, sur la question de l’intégrité artistique et des conséquences parfois tragiques qu’elle peut engendrer, et sur la fragilité insoupçonnée de la frontière entre réalité et illusion. Doué d’une plume hypnotique qu’il met au service de personnages fascinants, il confirme ici tout son talent pour happer et surprendre le lecteur. (Babelio)

Lorsque j’ai commencé les premières pages de ce livre, la plume de Benjamin Wood m’a totalement conquise. Ni trop, ni trop peu, il dresse un portrait des personnages et de leur refuge dans une première partie qui aurait pu être longue mais qui passe relativement vite. C’est surtout dû aux questions que l’on se pose. Si vous avez lu le résumé comme moi, il y a de quoi s’en poser dans un passage où tout semble aller parfaitement bien, dans un cadre totalement idyllique pour tout créatif. Je me suis surprise une nombre incalculable de fois à rêver d’un endroit identique pour travailler et écrire même si, je le reconnais, il est nécessaire de côtoyer le monde pour les créatifs (notre côté contradictoire assumé). Des questions, je m’en suis posée. Tout au long de la première partie, attendant cette illusion qui ne venait pas, décortiquant le moindre détail, jusque dans la deuxième partie où j’essayais de connecter les éléments. Une deuxième partie un peu longue quant à elle mais terriblement nécessaire à la fin du récit qui, même si j’en suis venue à le sentir venir, m’a laissé subjuguée.

Je n’aime pas trop me forcer à réfléchir lorsque je lis un livre. C’est sans doute pour ça que je n’aime pas les thrillers et les polars avec lesquels mon cerveau semble obligé de débusquer l’assassin. Au contraire, j’adore les livres durant lesquels mes neurones se mettent en action seuls, de manière presque instinctives et font un job fabuleux de connexions. Ce fut le cas avec L’écliptique.

Les thèmes du processus créatif et de la folie sont filés à travers tout le récit. Ou plutôt, Benjamin Wood passe du processus créatif à celui de la folie. Une idée intéressante car grand nombre d’artistes ont subi cette dérive, à la recherche de la muse, de l’oeuvre d’art au sein même de la roche aspiré peu à peu vers la recherche infinie et l’impossible création. Pourtant, ce n’est qu’un point de vue qui amène à la réflexion. Depuis quelques mois, « l’inspiration » est un sujet sur lequel je me suis penchée et si, à une certaine époque, le manque d’inspiration pouvait conduire à la folie, je crois qu’aujourd’hui c’est bien différent. Notre environnement est tellement rempli d’idées à l’état brut qu’il suffit de tendre la main pour en attraper ne serait-ce qu’une. Le tout étant de la mettre en forme ensuite qui demande un travail organisé et surtout beaucoup de passion. Je vous conseille de lire l’article de l’auteur Jean-Sebastien Guillermou à propos de l’inspiration, très intéressant.

Lire ou ne pas lire : L’écliptique de Benjamin Wood ?

L’écliptique est un livre que je me ferai un plaisir de conseiller à tous et toutes qui aiment l’art, l’histoire de l’art, le processus créatif, l’illusion et la folie. Le lecteur plonge complètement dans la façon de peindre de l’héroïne, bute avec elle durant ses moments de doute, se réjouit avec elle durant ses succès et vibre avec elle lorsque la fièvre créatrice s’empare d’elle. C’est un livre beau et terrible à la fois qui m’a totalement transportée.

Conclusion (3)

Max et la grande illusion – Emanuel Bergmann

519JEHuQmjLJe remercie les éditions Belfond et NetGalley pour cette lecture. J’avais repéré ce livre pour la rentrée littéraire.

Il y a des fois, le texte a beau être bon, ça ne passe pas. Malheureusement c’est ce qui s’est produit avec Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann. Je reconnais toutes les qualités du livre, malgré ça, la mayonnaise n’a pas pris de mon côté et j’en suis la première désolée. Mais avant de vous expliquer ça plus en détail, je vous laisse le résumé.

Résumé : Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d’une amitié improbable entre un enfant aux rêves plein la tête et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d’émotion, de drôlerie et d’une irrésistible tendresse.
Prague, 1934. Mosche Goldenhirsch, fils de rabbin, mène une existence bien triste et bien monotone. Sa mère adorée vient de mourir et les relations avec son père sont de plus en plus houleuses. Quand un cirque débarque à Prague, il décide de se lancer dans l’aventure et de suivre la troupe. Mosche se voue corps et âme à sa nouvelle passion et apprend toutes les ficelles du métier avec son maître, l’Homme demi-lune. Il rêve aussi à la très belle assistante, Julia… Et de fil en aiguilles, Mosche Goldenhirsch devient le Grand Zabbatini, ce magicien que tout le monde veut voir, Adolph Hitler y compris…
Los Angeles, 2007. Max Cohn a 11 ans et sa vie vient de basculer : ses parents vont divorcer. Le jeune garçon est effondré, surtout qu’il est persuadé d’être responsable du drame. En fouillant dans les vieilleries de son père, il tombe sur un CD du Grand Zabbatini et découvre son célèbre tour :  » le sortilège de l’amour éternel « . Max en est sûr, seul un magicien peut faire des miracles et réparer l’irréparable, alors il part à la recherche de celui qui représente son dernier espoir… (Babelio)

Ce qui m’avait particulièrement attiré dans le résumé de Max et la grande illusion, c’était le côté cirque/magie. J’aime beaucoup le côté cirque de ce milieu XXe siècle, j’y trouve un certain charme, plus de magie qu’aujourd’hui. Cet aspect vintage mêlé de merveilleux et cruel à la fois que l’on trouve dans Big Fish ou encore De l’eau pour les éléphants. J’adore. Alors j’espérais, je m’attendais à ça. Et c’est peut-être pour ça que la magie n’a pas prise sur moi. Le récit ne se place pas du tout du côté merveilleux mais bien du côté réaliste purement. Pourtant, ce n’est pas un choix mauvais.

A vrai dire, c’est un peu à la mode d’alterner les chapitres avec une histoire contemporaine et un récit historique. C’est intelligent, ça permet d’avoir l’attention des lecteurs qui aiment l’historique et ceux qui aiment le contemporain. Mais c’est du revu. Et malheureusement, ça m’a sauté aux yeux car je n’étais pas rentrée dans l’histoire.

Le récit est aussi extrêmement ancré dans le judaïsme et pour moi qui ne connaît pas du tout les pratiques de cette religion, je dois dire que ça a participé au fait de me sentir à l’écart du texte. Des mots hébraïques parsèment le récit, il y a un lexique en fin d’ouvrage, peut-être aurait-il été plus judicieux d’insérer les traductions directement dans le texte. Les pratiques et cérémonies juives sont également expliquées à la fin. De la même façon, je pense que ça met une barrière de ne pas l’avoir dans le déroulement du récit.

J’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher aux deux personnages principaux. Max et Mosche. Max a 10 ans et m’a semblé parfois en avoir 15, d’autres fois 8, si ce n’est 6. Mosche est un vieillard acariâtre dont même l’histoire compliquée de sa vie n’arrive pas à justifier un comportement aussi farfelu.

La mayo n’a pas pris. C’est bien le cas de le dire.

Lire ou ne pas lire : Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann ?

Je serai malhonnête si je vous recommandais ce livre. Je n’ai pas passé un bon moment de lecture c’est un fait. Par contre, comme d’habitude, je ne peux que vous inciter à satisfaire votre curiosité si vous en avez car je pense sincèrement que ce livre a du potentiel et peut être bon. Il a son public, j’en suis convaincue car il traite de la guerre, de la déportation, de la situation terrible des juifs mais aussi des homosexuels que l’on entraperçoit. Même si la façon ne m’a pas séduite, elle en séduira d’autres. Mais de mon côté, je l’oublierai vite.

Conclusion