Cartes Postales de Grèce – Victoria Hislop + Concours

IMG_20170725_110550_434Un grand merci aux éditions Les Escales pour cette lecture qui me faisait tant envie depuis Le Petit-déjeuner littéraire avec Victoria Hislop lors de la Comédie du Livre de Montpellier. J’en profite pour vous annoncer que Pause Earl Grey est désormais partenaire des éditions Les Escales. Je vous confirme que mes chroniques seront toujours objectives. J’ai cependant apprécié chaque livres que j’ai lu de cette maison d’édition jusque-là. Je pense que ce partenariat sera agréable à la fois pour moi et la maison d’édition, ainsi que pour vous les Earl Grey’s. Et pour preuve, Cartes Postales de Grèce est un véritable coup de coeur.

Résumé : Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Ces cartes ne lui sont pourtant pas destinées. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Mystère. Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces missives sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne. Un jour, elles cessent cependant d’arriver. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait rêver et voyager.
Elle prend alors une décision : découvrir ce pays par elle-même. Le matin de son départ, Ellie reçoit un carnet par la poste. L’odyssée d’un homme, le fameux A, y est racontée. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, leurs coutumes, et ce qui fait le sel de leur quotidien. Derrière ses observations et ses savoureuses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé. Pourrait-il encore croire en l’amour ? (Babelio)

De base, je crois que j’étais vendue à cause du petit déjeuner littéraire avec l’auteure. Si j’étais curieuse du livre avant, après, j’étais carrément conquise par la personnalité douce et charismatique de Victoria Hislop. J’avoue, j’avais quand même peur d’être déçue du coup car je m’étais imaginé tout un monde autour de ce livre. Certes, je n’ai pas eu le monde imaginé (normal) mais ce fut une belle découverte, un véritable voyage et je dois bien dire que l’objet livre a été aussi important que le texte dans ce coup de coeur.

La maquette du livre

Etant donné que l’on parle de Cartes Postales, on retrouve tout un tas de photos qui viennent appuyer les histoires de ce livre. Comme un carnet de route, comme un livre de voyage dont on aime voir ce dont parle le texte, ce que décrit l’auteure. Je m’y attendais, je savais que j’aimerais et plus que ça même. Je me suis rendue compte à quel point Victoria Hislop avait raison en disant que les livres « d’adultes » n’ont plus ces images et pourtant, c’est toujours agréable. C’est le cas. C’était un bonheur.

En plus de ces cartes postales parsemant les historiettes racontées, le lecteur se retrouve avec le carnet qu’Ellie reçoit juste avant son départ. Mis en page sous la forme de ce carnet bleu dont on a également la photo, tout est fait pour que le lecteur parte avec Ellie jusqu’à Athènes. Et ça marche. Moi qui rêve de visiter les pays scandinaves et qui suit plus attirée par les pays du nord en général, voilà que je me retrouvais avec une envie furieuse de sauter dans le premier avion pour aller faire un tour en Grèce à boire café et ouzo, lire face à la mer, respirer l’air chaud du sud de l’Europe au passé chargé d’émotions.

En voilà un bel ouvrage que je ne regrette pas d’avoir dans ma bibliothèque.

Tout envoyer balader et partir en Grèce

Je vous parlais de la douceur de Victoria Hislop un peu plus haut. Et bien j’ai été enchantée de découvrir autant de douceur et de sensibilité dans sa plume. Les histoires qu’elle a choisi de raconter dans son roman ont toute un fil conducteur : les sentiments humains. Et c’est ce que j’ai ressenti à travers son récit. La Grèce, le peuple grec est ancré dans des sentiments forts et persistants : le passé. Héritiers d’un Empire en avance sur le reste du monde, ils semblent aujourd’hui englués dans ce passé trop grand et trop glorieux. Traumatisés par les occupations ottomanes et allemandes, ils ne semblent pas arriver à voir devant eux.

Moi qui ne savais rien de la Grèce contemporaine il y a quelques mois, je dois dire qu’avec deux livres lus, j’ai déjà beaucoup progressé, ne serait-ce que pour connaître la mentalité actuelle de ce pays qui n’arrive pas à sortir de la crise. Et je trouve ça intéressant. De plus, la plume de Victoria Hislop est très agréable à lire, on ressent tout l’amour qu’elle porte à ce pays. Tellement que c’en est totalement contagieux.

Lire ou ne pas lire : Cartes Postales de Grèce de Victoria Hislop ?

Pour l’objet autant que pour le contenu, Cartes Postales de Grèce de Victoria Hislop est à découvrir. Dès les premières pages, on embarque avec Ellie pour ce pays que l’on ne connaît pas si bien, on se prend à rêver de chaleur, mais aussi un peu de nostalgie. On part en voyage aidé par ces cartes postales, on découvre une culture nouvelle, un peuple bien différent et pourtant tellement humain. Bref, un voyage pour le corps et l’esprit. Malgré toutes mes attentes, je ne suis pas déçue par la plume de Victoria Hislop. Vite vite ma prochaine lecture de cette auteure : La Ville orpheline !

En attendant, je vous propose de remporte votre exemplaire de Cartes Postales de Grèce de Victoria Hislop sur la page facebook du blog : Pause Earl Grey. Merci aux éditions Les Escales pour l’exemplaire à gagner !

Histoire : 5/5 – Style : 5/5 – Personnages : 5/5 – Originalité : 5/5
Total : 20/20

Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête – Olivia Zeitline : roman de développement personnel, une bonne idée ?

IMG_20170526_095153_361Je remercie NetGalley et les éditions Solar pour cette belle lecture.

Des romans de développement personnel… vous en aviez déjà entendu parlé ? Je dois avouer que c’est assez récent. En tout cas, moi je ne vois passer ce terme que depuis peu de temps. On connaît tous les livres de développement personnel plus ou moins utiles selon notre implication et notre motivation, au titre plus alambiqué les uns que les autres. J’avoue que si certains retenaient mon attention, je passais devant sans vraiment m’arrêter. Et puis il y a eu cette idée de passer par une histoire simple, un personnage qui évolue pour faire passer ces même messages. Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête d’Olivia Zeitline en est un bel exemple et c’est une expérience que je retenterai avec un réel plaisir. Mais en vrai, ça donne quoi un roman de développement personnel ?

Résumé : Un soir, une phrase étrange au ton mélodique, comme un air de musique, résonne dans la tête de Charlotte. Peur ou prémonition ?
Après un burn-out, Charlotte, une jeune trentenaire, quitte son job dans le marketing et tire un trait sur son ancienne vie. Elle retourne à ce qui la fait vibrer depuis toujours, la danse. Mais rien ne se passe comme elle le voudrait : les factures s’accumulent, sa relation amoureuse s’étiole, son rêve s’éloigne. Stella, une amie musicienne, lui conseille alors d’écouter sa voix intérieure et lui ouvre le chemin de l’intuition. De rencontre en rencontre, pas à pas, Charlotte apprendra à apprivoiser cette voix mystérieuse, à se fier aux signes du hasard et à suivre les mouvements de son corps.
Cette belle histoire vous entraîne dans son sillage magique et vous donne envie de suivre votre intuition. Vous ne lirez pas ce livre par hasard.
Comprendre les mécanismes de l’intuition, savoir l’accueillir, développer cette énergie du coeur pour s’accepter et faire les meilleurs choix de vie, c’est ce que nous apprend ce roman, à travers les nombreux conseils pratiques et pistes de réflexion distillés dans le récit. Une belle histoire qui donne envie de suivre son intuition : une histoire inspirante, des clés pour s’initier à la magie de l’intuition, une invitation à vivre en accord avec soi. (Babelio)

La lecture, c’est garder l’esprit ouvert

Quand j’ai commencé ma lecture de Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête, je n’attendais rien de spécial. J’étais curieuse, le titre poétique, et d’après le résumé, je m’attendais à un roman léger. J’étais intriguée par cet aspect « développement personnel » instillé entre les lignes d’un roman mais je n’attendais rien, ou j’attendais tout. Bref, j’avais gardé l’esprit ouvert.

Dès le début, j’ai été surprise par la plume fluide, simple et légère d’Olivia Zeitline. Une écriture qui ne se prend pas la tête, qui est là, tout simplement, qui raconte une histoire efficacement. C’est bien ce qui m’a poussé à continuer ma lecture car j’ai trouvé une légèreté rare dans l’écriture.

Distillés au fil du roman et de l’évolution de l’héroïne, les conseils se succèdent. Charlotte aime la danse, c’est sa passion, elle veut pouvoir vivre grâce à elle, mais dans cette société ce n’est pas évident. Elle découvre peu à peu son intuition, pas toujours de mauvais conseil, bien au contraire. Elle apprend au fil du roman à la décrypter, à l’écouter. Si au début elle y est réticente, elle finit par s’y abandonner.

Faire du développement personnel un roman : bonne idée ?

Je dois bien dire que cette formule me parle complètement. Je n’ai pas cessé au fil du roman de me comparer à Charlotte car s’il y a des aspects similaires dans ma vie et la sienne, il y a aussi beaucoup de différences. J’ai pu constater des conseils que j’appliquais déjà dans mes choix de vie, ceux que je pourrais appliquer mais que je ne fais pas encore et ceux qui ne parlent pas du tout et que je n’ai pas l’intention d’appliquer.

Charlotte part de zéro en terme de réflexion sur sa propre personne pour arriver à un degré assez élevé de spiritualité (si je peux appeler ça comme ça). Mais si la fin du parcours de Charlotte ne m’a pas attiré, ce personnage effectue un cheminement complet et c’est au lecteur de savoir où il se situe déjà sur ce chemin et jusqu’où il voudrait aller. On ne ressent aucune obligation dans ce roman, seulement notre cerveau (notre intuition ?) qui fait le travail tout simplement.

Pourquoi ça marche ? Je ne sais pas pour vous, mais le fait qu’il s’agisse d’un roman m’a permis de m’identifier, en quelque sorte, à la jeune femme. Le burn-out, tout le monde connaît ou presque, en tout cas, beaucoup de monde connaît cette sensation d’effectuer un travail qui n’a aucun sens. Je lisais d’ailleurs un article récemment sur les cadres et haut-diplômés qui quittent leur métier pour effectuer un travail plus manuel, qui a plus de sens, au final. Le thème, les sujets qu’abordent le roman parleront donc forcément à beaucoup de lecteurs.

Lire ou ne pas lire : Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête d’Olivia Zeitline ?

Je recommande totalement ce livre. Les yeux fermés. Rares sont les personnes à qui ce roman ne parlera pas du tout selon moi. La fraîcheur qui s’en dégage est très agréable, ce qui rend le livre idéal à lire pendant les vacances ! La plume d’Olivia Zeitline est douce, fluide et nous amène inévitablement à se demander si ça marche de suivre notre intuition. Sur le chemin de Charlotte, on peut commencer de rien, comme elle, si vous n’avez pas encore pris le temps de réfléchir à ces signes qui parfois vous paraissent étranges, une coïncidence… Si vous avez déjà commencé cette réflexion, vous vous y retrouverez tout autant car l’expérience de Charlotte nous amène à faire un bilan sur nous-même.
C’est un véritable coup de coeur pour moi en tout cas, je pense déjà à l’offrir autours de moi !

Histoire : 4/5 – Style : 5/5 – Personnage : 5/5 – Originalité : 5/5
Total : 19/20

Les fabuleuses tribulations d’Arthur Pepper – Phaedra Patrick

Aujourd’hui c’est la Saint Patrick, alors je vous poste une petite chronique d’un Patrick ! Quelle coïncidence ! Mais je vous assure qu’elle n’est pas voulue puisqu’il s’agit d’une lecture commune avec June (avec qui, décidément, quand on est que toutes les deux, on ne découvre pas de super livres). Les fabuleuses tribulations d’Arthur Pepper me faisait envie depuis sa sortie, le résumé était très attractif et j’imaginais un roman feel good plein d’humour british. Que nenni !

Résumé : Sans être un conformiste forcené, Arthur Pepper est anglais. Il puise donc un certain réconfort dans l’idée que chaque chose est à sa place et boit du thé à heure fixe. Quand il a rencontré Miriam, il a tout de suite su que c’était la bonne. Ils se sont mariés, ont eu des enfants. Lorsque sa femme meurt après quarante ans d’un vie sans histoire, Arthur se calfeutre chez lui pour échapper aux visites de sa voisine, championne du monde de la tourte, qui, faute de pouvoir le réconforter, s’est mis en tête de le nourrir. Le voilà condamné à vivre seul avec ses souvenirs et la plante verte dont sa femme a pris soin pendant des années. Ses proches lui conseillent d’aller de l’avant. Aller de l’avant ? Mais pour aller où bon sang ?
Lorsque Arthur consent enfin à se séparer des affaires de Miriam, il trouve un mystérieux bracelet. Huit breloques sont suspendues aux épaisses mailles en or massif : un éléphant, un tigre, un livre, une palette de peinture, un anneau, une fleur, un dé à coudre et un cœur. Ces charmes constituent autant d’énigmes qui lui donnent envie de mener l’enquête. Que sait-il vraiment de celle avec qui il a partagé sa vie ? En entreprenant ce voyage sur les traces de sa femme, Arthur va au-devant de surprenantes révélations. Et contre toute attente, d’aventure en aventure, il va en devenir le héros.
Un conte drôle et émouvant qui se savoure jusqu’à la dernière page. (Babelio)

Je ne ferais pas de chronique en bonne et due forme pour ce livre, pour la bonne et simple raison que je ne l’ai pas terminé. Oh n’allez pas imaginer qu’il est mauvais, après tout, il y a d’excellents retours sur babelio et autres réseaux littéraires. Mais il n’a tout simplement pas réussi à faire vibrer une corde en moi. Pas la moindre.

Quel malheur de ne pas réussir à s’attacher à un personnage principal… mais là où Arthur devait paraître (et doit toujours paraître) attendrissant au regard des lecteurs, moi je n’y ai vu qu’un vieillard ronchon ne connaissant rien du monde. Quant aux enfants… que dire de leur absence total d’amour envers leurs parents alors qu’il semblerait pourtant qu’ils ont été aimé… Ou je n’ai pas saisi quelque chose, ça peut être ça aussi.

Ajoutons quelques incohérences : je me demande encore comme un homme de 70 ans qui ne se sent pas en forme peut envisager de marcher 3 km avec une valise avec lui… Ainsi que ma déception de ne pas y trouver l’humour que j’y sentais. Bref la mayonnaise n’a pas pris de mon côté.

Malgré tout, je reconnais à ce livre la plume de l’auteur qui est agréable à lire et fluide, ainsi que l’intrigue de base : découvrir le passé mystérieux de sa femme à l’aide d’un bracelet comprenant plusieurs charmes. Malheureusement, ça n’a pas suffit pour moi.

Je ne saurais donc trop vous conseiller de vous faire votre propre avis si vous êtes curieux.se car je suis persuadée qu’il peut être frais et sympathique pour certains. De mon côté, je constate seulement que je suis très difficile en littérature générale. 

Vous pouvez retrouver l’article de June sur son blog : Les fabuleuses tribulations d’Arthur Pepper. Elle a réussi à terminer le livre et vous propose donc un avis plus construit que le mien !

Je vous souhaite à tous un bon week-end ! Pour moi, le festival du cinéma d’Alès, Itinérances, commence ce soir et j’ai hâte d’y être !

Le regard de Midi – Lee Seung-U

img_20170203_105826_621Aujourd’hui, on parle littérature coréenne sur Pause Earl Grey. Appréciant la littérature japonaise, je voulais diversifier mes horizons asiatiques et découvrir des écrivains coréens sans trop savoir par quel bout commencer. Babelio et De Crescenzo éditions m’ont facilité la tâche puisque j’ai reçu le livre de Lee Seung-U pour la dernière masse critique de Babelio et je les en remercie grandement. Me voilà donc à la découverte de la littérature coréenne…

Résumé : Je suis arrivé dans cette ville de trente mille habitants à proximité de la ligne de démarcation entre le Sud et le Nord en plein milieu de la nuit. C’était la dernière rotation de l’autocar. Il avait dû déjà faire plusieurs navettes dans la journée tant il avait l’air d’un chameau fatigué, le chauffeur figurant sa bosse. Dans la cabine surchauffée, rôdait un mélange fétide d’odeurs diverses et variées. Nous étions six passagers dont quatre militaires de grades différents. Ces derniers, à voir leur triste mine, devaient regagner leur caserne en fin de permission. Aussitôt monté à bord, le caporal avait incliné le dossier de son siège et fermé les yeux tandis qu’un deuxième classe tirait du pain d’un sachet de cellophane qui bruissait sous ses doigts. Les deux autres fixaient l’obscurité à travers la vitre. Que pouvaient-ils bien apercevoir dans le noir ? Que voyaientils ? Parvenaient-ils seulement à identifier quelque chose ? Je ne doute pas qu’il y ait des choses intéressantes à voir dans l’obscurité. Le monde des ténèbres recèle des trésors cachés. Et s’il est obscur, c’est justement pour mieux les préserver. Mais leurs yeux semblaient ne fixer rien de précis. L’expression morose et butée que je lisais sur leur visage éveillait en moi une certaine inquiétude puisque je venais de m’embarquer pour la même destination. (Babelio)

Littérature asiatique : point commun et différence

Incontestablement, dès les premières pages du Regard de Midi, je savais que j’étais bien en train de lire de la littérature asiatique. Pourquoi ? Peut-être le style de narration souvent centré sur le personnage et son moi profond et moins profond, ses façons d’être mais aussi ses démons. Oui c’est bien ça, le personnage principal asiatique a très souvent tendance à se battre contre ses propres démons (surtout dans la littérature japonaise que je connais un peu mieux que les autres). Il semblerait bien que cette quête du « vivre avec soi-même », du « comment faire », est très présente dans les préoccupations asiatiques. Bon, c’est tout de même un sujet assez universel, je le reconnais, mais c’est vrai que par rapport à mes lectures, c’est la constatation que je fais.

La différence majeure, et particulièrement importante, réside dans les références employées par l’auteur Lee Seung-U. Je peux pas généraliser puisque c’est mon seul livre d’auteur coréen, pourtant c’est quelque chose qui m’a frappé comparé à mes lectures japonaises : des références internationales et notamment européennes. Il est extrêmement rare de trouver ce genre de références dans les livres d’auteurs japonais (ou alors je ne suis tombée que sur des cas particuliers mais pour avoir aussi vu beaucoup de cinéma japonais, je ne pense pas trop me tromper) – attention, je fais des généralités, je ne dis pas qu’il n’y a pas d’exceptions! D’ailleurs si vous en avez, je suis preneuse – J’ai eu le sentiment que la compréhension du texte était beaucoup plus accessible à un européen, même dans les non-dits, l’analyse psychologique du personnage principal...Tout ça était possible alors que ça me paraît souvent obscur dans la littérature japonaise.

Le regard de Midi

Parlons du livre à proprement parler. Je dois bien avouer que je ne m’attendais absolument pas à ce contenu lorsque j’avais lu le résumé… C’est au final, comme tout enfant déraciné d’une quelconque façon, le besoin de trouver ses racines par une quête, un besoin, qui ici surgit soudainement pour le personnage principal. Je me suis donc retrouvée à découvrir peu à peu son histoire, cette naissance de ce besoin, puis sa quête presque désespérée et surtout inconsciente du père qu’il n’a jamais connu.

La plume de Lee Seung-U est très intéressante, l’auteur propose de belles images et j’ai beaucoup aimé la manière d’amener son récit. Le lecteur découvre les interrogations du héros et ses questionnements sans en savoir plus que lui et c’est ce qui permet d’avancer et de ressentir le besoin, tout comme lui, de connaître ses racines. Qui est ce père ? Peut-il être à la hauteur d’une mère qui a rempli son job haut la main ? Est-il simplement une bonne personne ou une mauvaise ? Toutes ces questions qui, je suppose, peuvent venir en tête à l’enfant qui n’a pas connu l’un de ses parents. Pour ça, je l’ai trouvé réaliste et cela permet de comprendre à quel point la nature humaine peut être ambiguë et contradictoire. Cette intimité avec le héro est frappante.

Lire ou ne pas lire : Le regard de Midi de Lee Seung-U ?

Quitte à vouloir commencer à lire de la littérature asiatique, autant commencer avec ce livre. Le « choc » des cultures et surtout la compréhension des sous-entendus est moins grande qu’avec, par exemple, La course au mouton sauvage de Murakami (il me semble bien ma première lecture asiatique et donc japonaise, autant j’ai adoré, autant je ne suis pas sûre qu’il soit le meilleur livre pour découvrir l’asie). Le Regard de Midi est un court roman (130 pages environ) dont le héro part à la recherche de son père afin de combler un vide qu’il ressent depuis toujours. Le récit est bien mené, depuis la découverte de ce vide jusqu’à celle de son père et la plume de Lee Seung-U se laisse très facilement apprivoiser.

Une belle histoire de quête d’identité et de racine qui peut avoir une belle résonance dans notre monde où tout le monde a un petit quelque chose de déraciné.

Ma note : 17/20

L’amour dure trois ans – Frédéric Beigbeder

Aujourd’hui, je vous parle du tout dernier livre que j’ai lu en 2016 : L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder. Ce n’est pas un livre qui était prioritaire dans ma PAL mais comme il était court, c’était l’occasion de faire maigrir cette maudite pile. J’adore Beigbeder pourtant. Enfin, j’aime surtout son Oona & Salinger que je trouve poétique et parfaitement inspiré. Depuis, les autres livres que j’ai lu de l’auteur avaient un sale goût de frustration…

Résumé :  » Au début, tout est beau, même vous. Vous n’en revenez pas d’être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n’est qu’une succession de matins ensoleillés, même l’après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible – pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l’amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n’est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par cœur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d’une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre.  » — (Babelio)

Laissez-moi être claire : ce n’est pas que ses autres livres sont mauvais ! Bien au contraire. Seulement voilà. J’ai commencé par le meilleur. Et il ne faut jamais faire ça car tout a l’air fade après. Quel dommage.

Mais je crois que c’est un fait : avec Beigbeder, je fais tout dans le désordre (pas sûre que ça lui plairait dans le sens métaphorique qu’il préfère). L’amour dure trois ans fait partie d’une trilogie, celle de Marc Marronnier et…. il s’agit du troisième. Sachant que je n’ai pas lu les deux premiers encore : Mémoires d’un jeune homme dérangé et Vacances dans le coma. C’est un fait, j’aime le chaos (ou pas), pour ma défense, je ne savais pas, je l’ai appris en lisant le livre et en faisant quelques recherches. Bon, je vous rassure quand même, ça ne m’a pas empêché de comprendre le livre.

Comme pour Oona & Salinger (je ne cesserai jamais de parler de ce bijou), et Un roman français, j’ai retrouvé la plume caractéristique de Beigbeder : enlevée, légère, un brin plus vulgaire parfois mais ça va avec le personnage. Si ça ne me plaît pas ? Je zappe le paragraphe tout simplement pour profiter du reste. Dans ce livre, Marc Marronnier se fond lentement mais sûrement en F.B. lui-même. Au final, on ne sait pas vraiment si c’est une autobiographie ou un roman, un peu des deux, un peu d’aucun, sans doute aussi.

Lire ou ne pas lire : L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder ?

Clairement, il faut aimer la plume de l’auteur pour accrocher à ce livre. Son style est tellement particulier et unique que je comprends les personnes à qui ça ne convient pas. Pour les autres, c’est un livre court et très agréable à lire malgré ma déception de ne jamais retrouver mon coup de coeur Oona & Salinger. Je recommande mais commencer par le premier tome serait peut être plus sympa, à y être ! Mémoires d’un jeune homme dérangé donc.

Ma note : 16/20

Sinon, vous en pensez quoi de Frédéric Beigbeder ? Je pense qu’il fait partie de ces personnes qui suscite beaucoup de sentiments, en bien ou en mal.