Parce que je déteste la Corée – Kang Myoung Chang : déracinement et expatriation

IMG_20170926_104202_476Merci aux éditions Picquier et à Babelio pour la découverte de ce beau roman coréen.

J’ai reçu ce livre lors de la dernière Masse Critique de Babelio. Je n’avais sélectionné que 3 livres, aussi je ne m’attendais pas à en recevoir un cette fois, et pourtant si. L’avantage d’en choisir peu, c’est que j’ai vraiment opté pour des résumés qui m’intéressaient beaucoup, et qui dit vif intérêt dit moins de chance d’être déçue. Et c’est une bonne technique car j’ai apprécié découvrir la Corée différemment, pas de façon patriotique du tout. Mais avant de parler de la Corée du Sud, c’est avant tout un roman sur le sentiment de déracinement et la vie d’expatrié.

Résumé : Kyena, la narratrice, quitte la Corée où elle ne se sent pas à sa place. La jeune femme indépendante, qui ne supporte plus les carcans sociaux, décide de s’installer en Australie. Mais là-bas, tout ne se passe pas comme elle l’avait envisagé. (Babelio)

Un sentiment de déracinement

Ce sentiment est au cœur du récit. L’héroïne ne se sent pas à sa place en Corée dans une société à la mentalité particulière et totalement différente de ce que les occidentaux peuvent vivre. Bloquée par sa condition et ses aspirations, rien ne colle avec le fonctionnement de la société coréenne. Peu à peu, l’envie de s’expatrier se développe en elle. Elle veut voir si en Australie, elle a la possibilité de vivre sa vie comme elle l’entend.

Bien sûr, il va lui arriver des embrouilles. Vouloir faire sa vie dans un autre pays, un pays aussi différent de la Corée du Sud en prime, ce n’est pas de tout repos. La transition ne se fait pas sans situations particulières. Difficile pour l’héroïne de se libérer totalement de la mentalité de son pays d’origine. Malgré ses efforts, la Corée lui colle à la peau. Pourtant, après être revenue dans son pays, elle se rend compte que ce n’est vraiment pas ce qu’elle veut.

Ce livre m’a vraiment renvoyé à un sentiment qu’il m’arrive parfois de partager : celui de ne pas être à sa place dans le pays dans lequel on est né. Étrange, sans aucun doute. Et pourtant cela arrive parfois. Certains partent, essayent de trouver un endroit qui correspond à leur être intérieur, d’autres restent, emplis de l’espoir de parvenir à comprendre et s’adapter. Le fait est que c’est un phénomène plus courant que l’on semble croire et que c’est une situation complexe pour ces personnes qui ont l’impression d’un côté de trahir leur pays de naissance et de l’autre se trahir eux-même. Le sujet est extrêmement intéressant et j’ai beaucoup apprécié ce livre car ce doute y est bien retranscrit.

Lire ou ne pas lire : Parce que je déteste la Corée de Kang Myoung Chang ?

Je ne saurai trop vous conseiller ce roman court (164 pages) mais dont les mots sont justes. Si vous avez une petite envie de littérature asiatique, de littérature coréenne ou de commencer à vous y plonger, ce récit est idéal car il mêle une société connue par les occidentaux à la mentalité asiatique, notamment coréenne. C’est un bon moyen pour commencer à appréhender une partie du monde dont parfois les récits restent obscurs pour nous. Parce que je déteste la Corée est un vrai moment de plaisir. Tout en traitant d’un sujet important, l’auteur le fait avec légèreté et c’est agréable. Alors, tenté-e ?

Conclusion (2)

Max et la grande illusion – Emanuel Bergmann

519JEHuQmjLJe remercie les éditions Belfond et NetGalley pour cette lecture. J’avais repéré ce livre pour la rentrée littéraire.

Il y a des fois, le texte a beau être bon, ça ne passe pas. Malheureusement c’est ce qui s’est produit avec Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann. Je reconnais toutes les qualités du livre, malgré ça, la mayonnaise n’a pas pris de mon côté et j’en suis la première désolée. Mais avant de vous expliquer ça plus en détail, je vous laisse le résumé.

Résumé : Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d’une amitié improbable entre un enfant aux rêves plein la tête et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d’émotion, de drôlerie et d’une irrésistible tendresse.
Prague, 1934. Mosche Goldenhirsch, fils de rabbin, mène une existence bien triste et bien monotone. Sa mère adorée vient de mourir et les relations avec son père sont de plus en plus houleuses. Quand un cirque débarque à Prague, il décide de se lancer dans l’aventure et de suivre la troupe. Mosche se voue corps et âme à sa nouvelle passion et apprend toutes les ficelles du métier avec son maître, l’Homme demi-lune. Il rêve aussi à la très belle assistante, Julia… Et de fil en aiguilles, Mosche Goldenhirsch devient le Grand Zabbatini, ce magicien que tout le monde veut voir, Adolph Hitler y compris…
Los Angeles, 2007. Max Cohn a 11 ans et sa vie vient de basculer : ses parents vont divorcer. Le jeune garçon est effondré, surtout qu’il est persuadé d’être responsable du drame. En fouillant dans les vieilleries de son père, il tombe sur un CD du Grand Zabbatini et découvre son célèbre tour :  » le sortilège de l’amour éternel « . Max en est sûr, seul un magicien peut faire des miracles et réparer l’irréparable, alors il part à la recherche de celui qui représente son dernier espoir… (Babelio)

Ce qui m’avait particulièrement attiré dans le résumé de Max et la grande illusion, c’était le côté cirque/magie. J’aime beaucoup le côté cirque de ce milieu XXe siècle, j’y trouve un certain charme, plus de magie qu’aujourd’hui. Cet aspect vintage mêlé de merveilleux et cruel à la fois que l’on trouve dans Big Fish ou encore De l’eau pour les éléphants. J’adore. Alors j’espérais, je m’attendais à ça. Et c’est peut-être pour ça que la magie n’a pas prise sur moi. Le récit ne se place pas du tout du côté merveilleux mais bien du côté réaliste purement. Pourtant, ce n’est pas un choix mauvais.

A vrai dire, c’est un peu à la mode d’alterner les chapitres avec une histoire contemporaine et un récit historique. C’est intelligent, ça permet d’avoir l’attention des lecteurs qui aiment l’historique et ceux qui aiment le contemporain. Mais c’est du revu. Et malheureusement, ça m’a sauté aux yeux car je n’étais pas rentrée dans l’histoire.

Le récit est aussi extrêmement ancré dans le judaïsme et pour moi qui ne connaît pas du tout les pratiques de cette religion, je dois dire que ça a participé au fait de me sentir à l’écart du texte. Des mots hébraïques parsèment le récit, il y a un lexique en fin d’ouvrage, peut-être aurait-il été plus judicieux d’insérer les traductions directement dans le texte. Les pratiques et cérémonies juives sont également expliquées à la fin. De la même façon, je pense que ça met une barrière de ne pas l’avoir dans le déroulement du récit.

J’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher aux deux personnages principaux. Max et Mosche. Max a 10 ans et m’a semblé parfois en avoir 15, d’autres fois 8, si ce n’est 6. Mosche est un vieillard acariâtre dont même l’histoire compliquée de sa vie n’arrive pas à justifier un comportement aussi farfelu.

La mayo n’a pas pris. C’est bien le cas de le dire.

Lire ou ne pas lire : Max et la grande illusion de Emmanuel Bergmann ?

Je serai malhonnête si je vous recommandais ce livre. Je n’ai pas passé un bon moment de lecture c’est un fait. Par contre, comme d’habitude, je ne peux que vous inciter à satisfaire votre curiosité si vous en avez car je pense sincèrement que ce livre a du potentiel et peut être bon. Il a son public, j’en suis convaincue car il traite de la guerre, de la déportation, de la situation terrible des juifs mais aussi des homosexuels que l’on entraperçoit. Même si la façon ne m’a pas séduite, elle en séduira d’autres. Mais de mon côté, je l’oublierai vite.

Conclusion

La Tresse – Laetitia Colombani : « histoire de femmes » n’est pas forcément « féministe »

IMG_20170814_112222_361C’est dans le cadre du club de lecture Féministe de Mélusine (Carnet Parisien) que j’ai voulu me plonger dans ce court roman publié chez Grasset et qui fait beaucoup parler de lui cet été. J’ai rarement pour habitude de lire « le-livre-que-tout-le-monde-lit » du moment. Quand le livre me rend curieuse, j’attends toujours que la « vague » soit passée pour me plonger dedans. J’aurais peut-être du pour celui-ci. Il se trouve que si j’ai passé un bon moment de lecture, ça n’a pas été le feu d’artifice que j’attendais au vue des chroniques dithyrambiques que j’ai pu voir passer (et qui passent encore) sur la blogosphère. Mais comment cela se fait-ce, vous demandez-vous peut-être ?! Réponse après le résumé.

Résumé : Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. (Babelio)

Parmi les lecteurs, il y a un petit groupe un peu embêté car il lui est impossible de lire un livre dont on parle H24 (ou presque). J’en fais partie. Et malheureusement, ne m’étant pas vraiment écoutée, je n’ai sans doute pas apprécié le livre à sa juste valeur (peut-être ?). Je fais aussi partie des lecteurs qui n’aiment rien comme les autres (pas seulement en lecture du coup, je m’y suis déjà faite). Les signes étaient là, me disant de ne pas acheter le livre, que je n’étais pas sûre d’avoir un coup de coeur, mais ma vilaine curiosité et mon enthousiasme grisé par les chroniques ont eu raison de ma raison.

Je vous rassure quand même. Le livre n’est pas un mauvais livre. J’ai même plutôt apprécié ma lecture, c’était plaisant (enfin façon de parler car les sujets abordés ne le sont pas). Mais voilà, ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. On me l’avait vendu comme hyper féministe. Je n’y ai vu que des histoires de femmes. Belles histoires, on est d’accord. Des histoires de femmes fortes et courageuses, ça oui. Mais pour autant, est-ce suffisant pour en faire un livre féministe ? Je n’en suis pas certaine. Sarah, au Canada, est l’archétype de la wonder women, aussi douée dans son rôle de maman que d’avocate (quid du rôle de Sarah-la-femme dans tout ça ?) et moi, les archétypes….wala quoi. Giulia, en Sicile, évite de peu un mariage arrangé (cliché again ?) tout en sauvant l’entreprise familiale (ça j’ai beaucoup aimé par contre). Enfin Smita, en Inde, une intouchable qui s’enfuit avec sa fille pour lui éviter le même sort (à mon sens l’histoire la plus intéressante des trois proposées).

Laissons donc de côté le drapeau féministe avec ce livre et apprécions le à sa juste valeur : une belle fiction contemporaine où se mêlent difficultés de la vie et poésie. Bon, dis comme ça, ça ne vous donne peut-être pas envie. Effectivement, je ne suis pas sûre que je l’aurais lu si on me l’avait vendu comme ça car j’ai horreur des histoires tristes à pleurer les larmes de tout son corps. Pourtant, je serai passée à côté d’un joli moment de lecture. Joli, parce que la poésie, le fil directeur choisi par Laetitia Colombani est très original et surtout très beau. J’oublierai juste une phrase qui m’a renvoyée directement à Asterix Mission Cléopâtre (celles et ceux qui ont lu le livre et sont fan du film comme moi -peu de gens peut-être- sauront). Et au fond, le livre ne fait pas tant pleurer que ça (pas du tout même) notamment grâce à une narration totalement détachée qui ne joue pas les intruses.

Lire ou ne pas lire : La Tresse de Laetitia Colombani ?

Si le résumé vous intrigue, ne vous dites pas que vous allez lire un livre féministe. Maintenant, vous pouvez y aller sans problème. C’est un beau livre avec des histoires pas toutes originales mais qui sont racontées avec douceur. La plume de Laetitia Colombani est détachée, elle n’est pas une intruse dans les difficultés que doivent surmonter ses femmes, toutefois, elle est empathique. Le rendu en est d’autant plus agréable qu’il se lit vite et que l’on peut le savourer tranquillement en une journée de far niente à profiter du soleil ou des premières sorties du plaid (ce qui ne semble pas tarder à arriver).

Forever Young – Charlotte Orcival : retour à l’adolescence

41MLD27GIdLForever Young est un livre auto-édité, ça faisait longtemps que je n’en avais pas lu et je me suis souvenue pourquoi. En plus de ça, une romance adolescente, clairement pas le genre qui me tente le plus. Toutefois, même si ce n’est pas le genre littéraire que j’affectionne particulièrement, je dois bien reconnaître la fraîcheur de ce texte et la plume sympathique de l’auteure. Et comme j’aime varier mes lectures, je n’ai aucun regret. Mais je vous laisse découvrir le résumé…

Résumé : Anna a tout juste 13 ans lorsque son père est muté de Paris en Bretagne pour son travail. La jeune fille quitte donc la grande ville témoin de son enfance, qui l’a vu grandir pour une toute petite près de la mer bretonne. Elle débarque alors dans un nouveau collège où elle ne connaît personne. Rapidement, elle fait connaissance d’Erwan et Laure qui marqueront son année scolaire et elle croise tout particulièrement le regard aussi noir que mystérieux de Julien qu’elle va apprendre, peu à peu, à connaître. Un an dans une vie. Un an à l’adolescence. C’est une année qui compte.

L’inconvénient avec les romans auto-édités, ce sont souvent les fautes et les tournures de phrases qui accrochent parfois. Forever Young ne passe pas entre les gouttes. Pourtant, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai découvert Anna tout au long de son récit.

Son récit, car Charlotte Orcival choisit une narration à la première personne du singulier. Un choix judicieux pour un livre sur l’adolescence où l’on est autant centré sur soi-même et sur ce qui se passe à l’intérieur de notre corps et de notre tête. L’effet est immédiat : le lecteur est immergé dans la vie, les doutes et les interrogations d’Anna. Si je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher à elle, c’est que mon adolescence a été foncièrement différente, pour autant, cela ne m’a pas empêché pas d’apprécier l’histoire et de la trouver agréable à lire.

J’ai eu beau essayer de me convaincre pendant tous le récit qu’Anna n’avait que 13-14 ans et Julien 14-15 ans, j’ai eu énormément de mal. Les deux protagonistes sont extrêmement matures pour cet âge-là tant dans leurs goûts musicaux que culturels. Je les imaginais plus facilement avec un voire deux ans de plus chacun. C’est l’écueil lorsque l’on écrit adulte sur l’adolescence, mais malgré tout mon esprit s’est rapidement adapté, effectuant les changements qui le gênait pour mieux apprécier.

Parce qu’il faut bien dire que l’histoire sent bon la jeunesse pour les adultes mélancoliques de cet âge d’innocence et de premières expériences. Pour nous, la vie peut paraître monotone, une suite d’événements qui se ressemblent tandis que pour l’adolescent que nous étions tous, les expériences n’étaient pas encore vécues, tout était frais, nouveau, tout était à faire. Et c’est bien ce que je retiens du roman de Charlotte Orcival : en plus de l’histoire d’un premier amour, c’est avant tout l’histoire des premières fois. Ce moment charnière où l’on n’a encore tout à prouver pour grandir et devenir adulte. Ce moment où tout est nouveau, tout est excitant. C’est ce que je garde en tête après cette lecture : toujours garder une âme d’enfant, quoiqu’il arrive, apprécier ce qui arrive comme si c’était la première fois. Jeune pour toujours.

Lire ou ne pas lire : Forever Young de Charlotte Orcival ?

Forever Young est livre incroyablement rafraîchissant. Malgré des petits défauts, il nous fait prendre conscience de certaines choses. Plus qu’un roman ado/jeunesse, c’est un roman pour les adultes, pour se souvenir et ne pas oublier de cet âge-là, si important.

Histoire : 4/5 – Style : 5/5 – Personnages : 3/5 – Originalité : 3/5
Total : 15/20

[Rentrée Littéraire 2017] Un dimanche de révolution – Wendy Guerra

IMG_20170808_093122_684Merci aux éditions Buchet-Chastel et Babelio pour la découverte de ce livre de la rentrée littéraire.

éditions : Buchet-Chastel
sortie : 24 août 2017
prix : 19€

J’ai découvert les éditions Buchet-Chastel il y a un an tout juste, pour la rentrée littéraire 2016. J’avais pu lire Celui-là est mon frère, une lecture dont je me souviens encore tant la plume de l’auteure et la construction du récit était particulière. Cette année encore, j’ai eu l’occasion de lire un de leur titre. Ayant eu une bonne surprise l’an dernier, je m’en réjouissais. Mais comme les dragées surprises de Bertie Crochue, on ne tombe pas toujours sur le parfum fraise…

Résumé :  » Sur cette île, la vie privée est comme l’hiver ou la neige, juste une illusion.  » Cléo est une poétesse et écrivaine reconnue partout dans le monde sauf sur son île, à Cuba. Là, on la soupçonne de pactiser avec l’ennemi, on la surveille. Ailleurs — à New York, à Mexico — les Cubains en exil se méfient aussi : elle pourrait bien être une infiltrée. Partout où elle cherche refuge, refusant de renier qui elle est – une femme cubaine, une artiste — on la traque.
Je suis mon île, confie la narratrice au détour d’une page. Plongée dans cette immense solitude, Cléo tente de travailler à son nouveau livre : la mort de ses parents l’a laissée exsangue, ses amours battent de l’aile. Alors quand apparaît à sa porte Gerónimo, un acteur hollywoodien qui prépare un film sur Cuba et détient des informations bouleversantes sur sa famille, sa vie bascule. Tour à tour enquête — puis véritable quête —, vertigineuse histoire d’amour mais aussi chronique d’une vie dans un Cuba où le régime à bout de souffle s’immisce dans le quotidien jusqu’à l’absurde, Dimanche de révolution dresse un portrait sensuel, aimant et corrosif d’une génération bouillonnante de vie et de créativité mais toujours écrasée par les soubresauts de cette révolution castriste qui n’en finit pas d’agoniser.
L’auteur, dans le style remarquable de poésie qui la caractérise, capte admirablement l’entrelacs qui s’opère sans cesse entre événements personnels et histoire nationale, entre petite histoire et grande Histoire. Son roman, tout en livrant une charge vibrante contre le Cuba policier, ouvre l’espoir d’une échappée par les arts et l’écriture. Une lecture éblouissante, d’une grande sensibilité. (Babelio)

Quand on est un peu trop curieux, comme moi, on tombe parfois sur de très bonnes surprises… et parfois on se brûle les ailes. C’est un peu ce qui est arrivé avec ce roman dont le résumé était prometteur.

Pour être tout à fait honnête avec vous, le roman n’est pas mauvais. Mais, je ne sais pas pourquoi, ça n’a pas prit avec moi. Je m’attendais à une narration spéciale, mais je ne m’attendais pas à une narratrice aussi étrange. Je m’explique, on se retrouve avec une jeune femme, écrivaine-poêtesse, qui écrit à la première personne du sujet. Jusque-là tout va bien. Là où ça devient étrange, c’est lorsque « je » est si froid, si distant, si impersonnel qu’il en rend le personnage principal peu attachant. C’est bien ce qui se produit ici. Et malheureusement, même si je comprends le symbolisme par rapport à l’état totalitaire dans lequel elle vit qui la dépouille, finalement, de sa propre personnalité (voire de sa vie), le résultat ne m’a pas convaincue du tout.

Il y a de ces oeuvres d’art que l’on regarde avec intensité et bonne volonté, on perçoit qu’il y a quelque chose, qu’elle veut nous dire un truc, mais ça ne prend pas. Et c’est terriblement frustrant à la fois pour le lecteur, mais également pour l’auteur j’imagine.

C’est bien dommage, car à côté de ça, Wendy Guerra montre un état totalitaire, les dérives et les conséquences sur la population. Pire que tout, elle nous montre la censure terrible mise en place et pourtant, cette soif, cet amour pour un pays qui n’est plus ce qu’il a été. J’ai trouvé cette lecture intéressante mais à mon grand malheur, j’ai fini par compter le nombre de pages qui me séparaient de la fin.

Lire ou ne pas lire : Un dimanche de révolution de Wendy Guerra ?

Je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre opinion si vous êtes curieux. Je serai d’ailleurs ravie d’en discuter avec vous si vous l’avez lu/le lisez/comptez le lire. Malheureusement pour moi c’est une déception. Des propos qui se voulaient révolutionnaires qui passent pour de la paranoïa à l’état pur. Des scènes de sexes inutiles, même si c’est son moyen de fuir la réalité, une fois ça suffit pour comprendre. D’ailleurs, cette manie de mettre des scènes de sexe de partout même en littérature contemporaine, ça commence à me fatiguer un peu. Je dis pas pour la romance érotique et tout ça, mais le lecteur le sait déjà quand il l’achète. Il l’achète pour ça. Aujourd’hui, on en trouve de partout, et pas forcément utile, intéressant ou bien écrit en plus de ça… Bref, vous l’avez compris, Un dimanche de révolution n’est pas si révolutionnaire que ça.

Histoire : 4/5 – Personnage : 4/5 – Style : 3/5 – Originalité : 3/5
Total : 14/20