Un gentleman dans l’étang – Christy Saubesty : Flic Flac fait la grenouille

515ulypoi+L._SX319_BO1,204,203,200_Je remercie les éditions Pygmalion ainsi que Babelio pour la découverte de ce roman !

Le mois dernier, j’ai participé à la masse critique de Babelio, un peu sur un coup de tête puisque j’étais plutôt dans l’optique de limiter les services de presse afin de faire diminuer ma pile à lire papier. Mais il y avait plusieurs titres qui m’intéressaient bien et voilà que je reçois Un gentleman dans l’étang, réécriture moderne du conte La fille du roi et la grenouille. C’est Christy Saubesty qui s’atèle à cette tâche et malheureusement pour moi, la mayonnaise n’a pas pris, je suis la première à le regretter. Je vous explique pourquoi…

Résumé : « Marie épousseta son pantacourt, puis contourna l’arbre pour s’approcher de l’étang. Elle s’accroupit en grommelant, effleura la surface saumâtre de l’eau et lâcha une nouvelle bordée de jurons. Si je peux me permettre…, commença Mathieu. C’est gentil, mais non, le coupa aussitôt la jeune femme en se relevant. Il n y a plus rien à faire. Mon collier est tombé dans l’eau. C’est un bijou auquel je tiens énormément et… Mathieu posa son journal, retira sa veste et commença à rouler ses manches. » Marie se sent enfin prête à prendre la vie à bras le corps et à s’autoriser à être elle-même. La tâche serait toutefois plus simple si elle n’avait pas la fâcheuse habitude de se mettre dans des situations délicates. Gérer le Tutti-Fleuri pendant le congé maternité de sa s ur ne faisait pas partie de ses rêves de petite fille, surtout quand, comme elle, l’action passe avant la réflexion. Sa récente rencontre avec l’irritant Mathieu, gentleman barboteur et sauveteur en titre des causes perdues, va cependant changer la donne…

Une romance à l’état pur

Après cette lecture, je suis bien contrainte d’admettre que je ne suis pas une fan inconditionnelle de romance. Ou que la romance fait partie des genres où je ne suis absolument pas bon public. J’aime la romance, j’adore Jane Austen, c’est un signe non ? J’aime généralement la romance historique et…. Finalement, je me rends compte que j’aime surtout la romance lorsqu’elle est liée à un contexte historique, des événements, une thématique développée. Mais lorsqu’il ne s’agit que d’une romance pour… ben parler d’une histoire d’amour comme les téléfilms de Noël (que j’adore pourtant mais dans lesquels on trouve souvent une thématique telle que le lien social, l’importance de la famille, de son entourage, les valeurs humaines) et bien je manque cruellement d’intérêt. Malheureusement, c’est ce qu’il s’est produit avec cette lecture. Toutes celles et ceux qui aiment la romance de manière générale et sans critère, vous aimerez. Pour celleux qui recherchent un petit truc en plus, ce n’est pas ce livre qu’il vous faut.

La réécriture de conte : La fille du roi et la grenouille

Je déteste ne pas aimer un livre. Encore plus quand l’autrice est française. J’aime soutenir les auteurs et autrices de mon pays mais je dois aussi reconnaître que parfois, je me plante totalement et que je ne fais pas partie de la cible des lecteurs de tel ou tel livre. C’est totalement le cas ici. J’ai apprécié le fait que Pygmalion ait placé le conte à la fin de l’ouvrage (quoique, je l’ai lu avant pour bien me remettre le conte en tête) mais du coup, cela incite le lecteur à comparer énormément le conte et la réécriture. C’est ce qui m’est arrivée. J’ai été déçue de certains choix de l’autrice et surtout, j’ai trouvé qu’elle s’en éloignait beaucoup. Déjà que le placer à une époque moderne est déstabilisant (mais très intéressant), je pense qu’elle aurait pu reprendre plus d’éléments du conte afin de mieux rendre l’aspect conte. Vous me direz, ce n’est que mes goûts personnels, et c’est vrai. Le fait est que pour moi, le récit n’est pas allé assez loin dans l’attachement au conte de Grimm.

Lire ou ne pas lire : Un gentleman dans l’étang de Christy Saubesty ?

Pour moi, c’est un flop. Je pense que je ne suis absolument pas la cible de cette collection. Je me suis fait avoir par le fait qu’il s’agisse d’une réécriture de conte mais on est vraiment dans de la romance pure, contemporaine, new romance. Mon amour pour l’histoire et le vintage n’a pas été satisfait. J’admets, pour moi, c’est un échec et cette collection de Pygmalion n’est pas pour moi. Mais pour le coup les amateurs de romance contemporaine et new romance se délecteront sûrement de cette histoire rafraîchissante avec une héroïne maladroite qui fond souvent en larmes.

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Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa : faites vos valises, prochaine escale Japon

IMG_20180717_172430_161Préparez-vous à prendre l’avion car aujourd’hui je vous emmène tout droit au Japon. Tokyo pour être plus précise. Et si vous aimez la gastronomie japonaise, cette chronique risque de vous mettre l’eau à la bouche. Je l’avoue, depuis que j’ai lu Les délices de Tokyo, j’ai une furieuse envie de manger japonais que ce soit des sushis ou des mets plus spécifiques et je ne regrette qu’une chose : ne pas avoir eu le temps de prendre à manger sur les stands de la Japan Expo ! Quelle nouille ! Mais revenons-en à nos moutons, je vous parle des Délices de Tokyo de Durian Sukegawa, vous en avez probablement déjà entendu parlé mais décollons quand même pour ce beau voyage.

Résumé : «  Écouter la voix des haricots  »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.
Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel  : un régal.

Autant vous le dire immédiatement pour ne pas vous faire mariner : ce livre n’est pas un coup de cœur. Peut-être que je m’attendais à un peu plus avec les retours et les encensements que j’en avais eu, le fait est qu’il ne se hisse pas jusqu’à cette position sacrée. Toutefois, c’est une excellent livre que je ne regrette absolument pas d’avoir lu. Il a tout pour plaire : de la poésie, de la lenteur à la japonaise, de la philosophie et de la pâtisserie. Pour tout dire, le message que transporte ce roman est assez proche de ce que je ressens en ce moment : la lenteur, les petits bonheurs retrouvés, l’appréciation de ce que l’on a sans chercher à acquérir plus, la nature omniprésente maîtresse de nos vies.

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Dorayaki

Les Délices de Tokyo vous transporte dès les premières pages. Au cœur de la petite boutique, devant les plaques chauffantes, l’odeur des pancakes et les commandes de dorayaki. Il ne faut pas oublier le cerisier en fleur devant l’entrée qui laisse traîner ses pétales là où il ne devrait pas. Même cette vieille dame mystérieuse est déjà là…

Au fil des pages, le lecteur découvre les secrets de la pâte de haricots rouges (un pur délice !) et c’est avec beaucoup de difficultés qu’on ne se jette pas dans le premier magasin asiatique venu pour hurler « FILEZ-MOI UN DORAYAKI ! » Comme ce n’était pas suffisant, Durian Sukegawa commence à parler d’une boutique d’okonomiyaki, une galette salée agrémentée selon les goûts du client et qui est tout aussi délicieuse. Bref. J’ai faim. J’ai les crocs. Et c’est si joliment écrit que mon estomac gargouille encore rien qu’à y repenser.

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Okonomiyaki

Bon, je vous rassure, l’auteur ne parle pas uniquement de nourriture. Il y a une intrigue derrière le personnage de la vieille dame et son histoire est d’ailleurs vraiment touchante. Le lecteur se laisse entraîner là-dedans avec plaisir parce qu’au final, c’est l’envie de vivre, savourer les instants de vie qui transparaît dans ce roman.

Lire ou ne pas lire : Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa ?

Comment ne pas recommander ce joli voyage en direction du pays du soleil levant ? J’ai adoré visiter cette pâtisserie, découvrir des personnages attachants malgré leurs sombres secrets. J’ai adoré la gourmandise suscité par Durian Sukegawa. Tous les amateurs de l’Asie et de la gastronomie devraient pouvoir trouver leur compte avec ce court roman. C’est avec plaisir que je découvrirai le film dès que l’occasion se présentera !

Aviez-vous déjà lu Les délices de Tokyo ? Qu’en aviez-vous pensé ? Était-ce un coup de cœur ?

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La maison de la falaise – Audrey Perri : une saga familiale dramatique réussie

IMG_20180716_131813_276Avant toutes choses, je tiens à remercier City éditions et Audrey Perri pour l’occasion de découvrir ce roman.

Après avoir lu Une bonne âme d’Audrey Perri, il était assez évident pour moi que je lirai son roman La maison de la falaise. J’avais beaucoup apprécié la plume de l’autrice, une plume très introspective vis-à-vis de ses personnages, qui peut surprendre, mais qui est subtile et douce. Et je n’ai pas été déçue par ma lecture. Je suis d’ailleurs contente d’avoir attendue d’être au calme pour le lire et en apprécier tout le charme.

Résumé : Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l’été chez sa grand-mère dans un petit village, au bord de la mer. C’est là, dans la bibliothèque familiale, qu’elle découvre entre les pages d’un livre une ancienne lettre.
Le courrier est adressé à l’arrière-grand-mère d’Alma, employée autrefois chez les Wilson, une famille habitant dans une grande maison battue par les embruns. Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur  ? Quel rôle a joué par sa propre famille dans ce drame  ?
Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté et refusant de se plier à un mariage arrangé. Dans les méandres d’une histoire familale dévastée, Julia va découvrir un secret bouleversant…
Une étourdissante saga familiale.

Alma est dévastée après sa séparation et part se réfugier un temps chez sa grand-mère Mina. Grâce à Audrey, le lecteur plonge directement dans le ressenti d’Alma et de chaque personnage de l’histoire. Malgré le fait que je ne me suis identifiée à aucune d’entre elles, bien trop différentes de moi, Audrey Perri a su créer une véritable empathie avec chaque femme qui peuple ce roman. Que ce soit Alma, Mina, Laura ou Sibyl, on finit par s’attacher et compatir avec elles. Elles vivent toutes une histoire terrible, peu importe le point de vue et c’est avec brio que l’autrice nous décrit chaque regard, chaque geste, chaque pensée.

Le lecteur vogue entre deux périodes tout au long du texte, alternant l’époque contemporaine où Alma découvre la lettre chez sa grand-mère et le début du XXe siècle où les destins de deux familles s’entrecroisent. Mon seul regret étant qu’Alma mène son enquête de façon assez peu soutenue, certes l’histoire avance mais peut-être pas assez vite à mon goût (je reconnais que c’est sans doute dû à mon attrait pour l’imaginaire dans lequel les récits vont toujours assez vite et ce n’est pas du tout le style de l’autrice). Le lecteur finit quand même par obtenir le fin mot de l’histoire et je m’y suis totalement laissée prendre. Certains twists étaient évidents (ça ne me dérange pas) mais certains autres pas du tout, ça m’a beaucoup surpris !

Audrey Perri écrit le drame à la perfection. Déjà dans Une bonne âme, j’avais pu noter son attachement à un sujet difficile et peu joyeux. On est loin du roman feel good et ce n’est pas son but avec ce roman. On se rapproche plutôt des terribles saga familiales du genre de Downton Abbey où il y a de la joie, oui, mais aussi beaucoup de rebondissements qui font mal au cœur. Côté plume, je n’ai pas pu m’empêcher de la rapprocher de Jane Austen. Les phrases sont parfois longues mais chaque mot est choisi, utile. Son style colle bien à son attrait pour l’introspection car souvent, dans nos esprits, les réflexions sont à rallonge, passant d’une idée à l’autre au gré du flux de pensées.

Lire ou ne pas lire : La maison de la falaise de Audrey Perri ?

Si vous aimez Jane Austen, Downton Abbey, les fresques familiales, les drames, les moments de vie ce roman vous plaira à coup sûr. La maison de la falaise dévoile des personnages imparfaits, à l’image de la vie, et ces imperfections les font apprécier au lecteur tout au long du récit. On découvre le secret de ces femmes avec douceur, et cela ne nous enlève rien à la terrible nouvelle qui s’abat sur l’histoire assombrissant inévitablement leurs destins. J’ai apprécié la narration de l’autrice toute en finesse et c’est toujours avec plaisir que je suivrai ses prochains écrits.

La maison du Bosphore – Pinar Selek : Istanbul, ce personnage à part entière

51lC-m282ZL._SX326_BO1,204,203,200_Voilà quelques temps déjà que j’ai terminé la lecture de La maison du Bosphore de Pinar Selek mais je tenais à partager avec ce roman car finalement, après plusieurs semaines, je m’en souviens encore agréablement. Cette lecture m’a particulièrement rappelé ma découverte d’Istanbul, l’année dernière, avec Les souliers vernis rouges de Stella Vretou. J’ai retrouvé une zone géographique particulièrement instable au XXe siècle et une population perdue, condamnée à s’adapter du jour au lendemain à une nouvelle vie. La plume de Pinar Selek réussi à provoquer un réel attachement entre le lecteur et ses personnages qui se cherchent entre « vivre une vie paisible » et « lutter contre une répression qui ne leur convient pas ».

Résumé : À Yedikule, un des plus anciens quartiers d’Istanbul, quatre jeunes épris de liberté cherchent leur place dans une société figée depuis le coup d’État de septembre 1980. La condition des femmes et des minorités, les conventions sociales, l’oppression politique: tout leur pèse. Sema la rêveuse voudrait entrer à l’université. Salih l’apprenti menuisier cherche à perpétuer son art là où il a grandi tandis qu’Hasan le musicien aimerait faire vivre le sien sur les routes du monde. Seule Elif opte pour la voie périlleuse de la révolution. Quatre parcours, mais une même devise : Il nous reste un demi-espoir…
Hommage à une ville et à ses communautés, réflexion sur l’appartenance, leçon d’humanité, ce premier roman de Pinar Selek est celui de toute une génération qui cherche sa voie entre la Turquie d’hier et celle de demain.

Contexte historique : Byzance, Constantinople, Istanbul, la ville cosmopolite par excellence et un personnage à part entière du roman

Istanbul. Probablement une des villes les plus riches historiquement parlant de la planète. Durant l’Antiquité, Byzance était au coeur de l’Empire Hellenistique, capitale de la Thrace. Située à l’entrée du Bosphore et clé d’accès à la mer Méditerrannée, elle a été rapidement un enjeu de géopolitique. Elle devient Constantinople sous l’Empire Romain avec l’empereur Constantin. Puis, elle devient Istanbul à la suite de la chute de Constantinople en 1453, appartenant à présent à l’Empire Ottoman. Enfin, en 1923, après la première Guerre mondiale et la chute de l’Empire Ottoman, Istanbul devient partie de la République de Turquie dont la capitale est Ankara.

Il suffit de voir ce rapide topo pour constater qu’Istanbul joue un rôle important entre l’Occident et l’Orient, entre l’Europe et le Proche-Orient. Istanbul est un carrefour de cultures, de civilisations et de peuples. Istanbul est riche de cette diversité. Mais qui dit diversité et richesse culturelle d’un côté, dit aussi faiblesse et division dès lors qu’un gouvernement et un peuple produit des inégalités. Marqué par le génocide arménien de 1915, Istanbul (rive européenne et rive asiatique) accueille plusieurs communautés religieuses et civilisationnelles.

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Districts d’Istanbul avec ses rives : entre Europe et Asie (source : Istanbul Wikipédia)

De fait, il semble évident que cette ville et zone géographique est une source d’inspiration pour les auteurs qui aiment s’attacher aux mentalités de leurs personnages confrontés à un environnement difficile. Pinar Selek connaît bien son sujet et elle le démontre avec brio dans La maison du Bosphore.

La maison du Bosphore

Les personnages. C’est bien sur eux que repose tout l’intérêt de ce roman. Comment peut-on vivre dans une société étrangement figée ? Peut-on avoir des idéaux ? Les revendiquer ? Comment peut-on vivre après un coup d’Etat ? Comment peut-on être soi-même, trouver sa voie, dans une société où les diversités, autrefois richesse, devient critère de clivage ?

Pinar Selek aborde toutes ces interrogations avec subtilité et douceur, offrant un point de vue différent selon les personnages : l’engagement dans la révolte pour certains, les études pour d’autres, la recherche de l’amour, la patience, la vie et la mort toujours présentes inextricablement liées.

J’avais découvert la plume de cette autrice grâce à son conte pour enfant Verte et les oiseaux, et j’avais déjà été touchée par sa douceur et sa poésie, sa capacité d’analyse, surtout sa bienveillance envers l’humanité. Malgré tout ce que l’humain est capable de faire d’atroce (je vous épargne les exemples historiques, vous en connaissez au moins un ou deux), Pinar Selek a confiance, a de l’espoir et elle le démontre à chaque page tournée de La maison du Bosphore.

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Vue panoramique d’Istanbul, vue du Bosphore. De gauche à droite Mosquée bleue, Sainte-Sophie, Palais de Topkapı, et quartier d’affaires de Levent. (source : Istanbul WikipédiaBen Morlok)

Lire ou ne pas lire : La maison du Bosphore de Pinar Selek ?

Bien évidemment, je vous recommander cette lecture avec beaucoup d’enthousiasme. C’est un roman qui ressemble à la vie : dure, douce, chaleureuse, difficile, angoissante mais tellement riche, à l’image de l’histoire d’Istanbul, à l’image de chacun des personnages qui portent la totalité de cette richesse en eux malgré leur appartenance à une des nombreuses communautés de la ville. C’est un roman sur la recherche de soi, les tâtonnements, les essais et les erreurs, parfois aussi les réussites, mais fondamentalement, c’est un roman sur l’ouverture d’esprit, la conscience de notre monde et sur l’amour de l’humanité, inconditionnel.

L’âge de raison – Jami Attenberg : attention, lecture à risque

IMG_20180503_125636_737Je remercie les éditions Les Escales pour l’envoi de ce roman.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le dernier roman de Jami Attenberg, L’âge de raison. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a deux ans, j’avais découvert l’auteure avec Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés et ce roman avait été un énorme coup de cœur tant sur le fond que sur la forme car il présentait une narration particulière qui donnait beaucoup d’originalité à l’histoire. C’est donc avec enthousiasme que je souhaitais découvrir son dernier roman. Malheureusement, comme tout bon auteur, parfois l’originalité parle au lecteur, d’autre fois, pas du tout. Et pour le coup… ça n’a pas fonctionné du tout pour moi avec L’âge de raison.

Résumé : Les tribulations d’une New-Yorkaise bien décidée à vivre selon ses propres règles. Autour d’Andréa, célibataire légèrement alcoolique ayant renoncé à sa vocation artistique, tout le monde semble avoir une idée bien précise de ce que signifie  » être adulte  » : Indigo, sa meilleure amie, a choisi de se marier, son frère vient de devenir papa, et son ami Matthew consacre tout son temps à la peinture en espérant percer un jour. Pour Andréa, la vie d’adulte ressemble surtout à une lutte permanente. À l’ombre de l’Empire State Building, elle cherche sa voie. Comment tracer son chemin à New-York quand on aime les pas de côté ? Existe-t-il vraiment un âge de raison ?

Honnêtement, avec le résumé, je m’attendais à un roman plutôt léger abordant le sujet si particulier de l’âge de raison, ce moment où l’on passe de l’adolescence à l’âge adulte (si tant est qu’on y passe un jour, ce qui à mon sens, n’a rien de sûr). Bien mal m’en a pris.

Loin de retrouver une Bridget Jones un peu plus raisonnable que l’originale, je me suis retrouvée avec un Droopy qui n’en menait clairement pas large et qui refusait de prononcer sa mythique phrase indolente « I am happy ». L’héroïne n’est pas happy. Mais alors pas du tout. Du tout. Du tout. A tel point que j’ai peiné à terminé les malheureuses 200 pages qui composent le roman tant la morosité ambiante, soutenue par un récit à la première personne du sujet, était lourde.

Loin de moi l’idée de dire que le livre est mauvais, attention. J’ai tout de même retrouvé la plume vraiment agréable à lire de Jami Attenberg et, en soi, le roman est une tranche de vie particulière correspondant à cet âge de raison. L’héroïne se cherche, se cherche beaucoup, se trouve assez peu, mais le lecteur découvre un personnage abîmé par la vie dans son être profond et dans ses interactions avec le monde : ses amis, sa familles principalement.

Mais ce n’est vraiment pas le genre de livre que j’aime lire. A aucun moment je ne me suis sentie vraiment à l’aise durant cette lecture et le personnage principal m’était totalement antipathique. Ses choix de vie me paraissaient tous dénués de logique (à part une logique auto-destructrice, sans aucun doute) et cette façon de vivre se trouve tellement à l’opposé de la mienne que j’ai eu beaucoup de mal à éprouver des émotions pour/avec elle. Droguée, alcoolique, auto-centrée et j’en passe… Quel dommage ! Je suis bien d’accord que l’art est censé provoquer des sentiments (quels qu’ils soient, même négatifs) mais je trouve aussi important de susciter des émotions positives, surtout dans le monde dans lequel nous vivons.

Lire ou ne pas lire : L’âge de raison de Jami Attenberg ?

Vous aimerez ce livre si vous êtes un peu maso et que vous aimez les histoires tristes, les personnages torturés jusqu’à la moelle et les tranches de vie.
Vous aimerez moins si vous adorez vraiment beaucoup la chick litt, on y est pas du tout.
Pour ma part, je recherche de bonnes ondes dans mes lectures et ce n’est définitivement pas ce que je retiens de ce livre. Mazie était bien plus porteur de positivisme et d’espoir que celui-ci, très sombre. Pas de coup de cœur donc, mais je suivrais tout de même l’auteure car son style est particulièrement intéressant.