ESSAI | VIKINGS, La saga scandinave – Collectif de spécialistes

510efJhLAML._SX334_BO1,204,203,200_Suivant les conseils de plusieurs d’entre vous concernant les pannes de lecture, j’ai finalement revu complètement ma pile à lire du mois de juin. J’espère que vous n’attendiez pas certaines chroniques avec impatience car finalement, tout le programme (ou presque) a été chamboulé. J’ai commencé par sortir une valeur sûre pour moi : un livre sur les Vikings. Et j’ai été très surprise à la lecture car je me suis rendu compte que si je connaissais plutôt bien la mythologie scandinave, la civilisation c’était tout autre chose. Comme beaucoup sûrement, j’avais pleins de clichés en tête et ce livre a le mérite de mettre un petit coup de pied dans la fourmilière. Pourquoi ? On voit ça juste après le résumé.

Résumé : Les Vikings : tout sur leur brillante civilisation, leur expansion à travers le globe, leur héritage. Fiers combattants et navigateurs de génie, les Scandinaves débarques sur la scène internationale dès le VIIIe siècle. Ils sillonnent les mers en tous sens, mènent des expéditions maritimes en Angleterre, en Irlande… Les plus audacieux découvrent le Groenland et prennent pied en Amérique. D’autres vont poser les fondements d’un État russe et taquiner au passage la patience des empereurs byzantins. Comment ces hommes du Nord ont-ils pu déferler avec autant de facilité sur le monde occidental ? Un livre écrit par les meilleurs spécialistes, par Odin ! 

Quand je disais que cet ouvrage donne un coup de pied dans les clichés, c’est bien le cas. Finalement, ce qui nous parvient de la culture populaire (la série Vikings et les films Marvel) sont une base de distraction mais se résument beaucoup à ça. Il semblerait bien que les femmes n’aient pas un rôle aussi badass que celui de Lagertha et point de drakkar à l’horizon, le mot n’est pas correct. L’ouvrage ne rentre pas dans les détails. Il n’est clairement pas fait pour ça. Mais il permet au moins d’aborder diverses thématiques profondément liées à la civilisation viking, d’en donner les grands axes, de secouer le coco (comme dirait une certaine ex-mannequin présentatrice télé) dans ce qui nous parvient facilement sur petit et grand écran.

Ce livre m’a mis l’eau à la bouche en quelque sorte comme une mise en bouche, un aperçu de la richesse de cette civilisation pour laquelle il faut creuser un peu plus pour en découvrir le plus intéressant. Le livre est construit sur trois grandes thématiques :

  • La Civilisation
  • L’Expansion
  • L’Héritage

Chacune de ces parties est composées de plusieurs articles tout aussi thématiques. En Civilisation, les spécialistes abordent : l’émergence des Vikings dans l’histoire, les raids, la femme et la navigation. L’Expansion se concentre sur les vikings ailleurs que sur leur territoire : en Angleterre, en Francie, en Islande, en Amérique et en Russie. Enfin avec l’Héritage, les auteurs s’attachent à dévoiler ce qui est advenu de ce peuple conquérant après la période d’expansion : Guillaume le conquérant, l’Italie normande, les Croisades pour terminer par un entretien dédié au commerce chez les vikings.

Pas de bibliographie dans cet ouvrage mais vous vous doutez bien qu’il ne laisse pas complètement le lecteur rendu curieux et accro à la civilisation viking sur les dents à ronger son frein. A la fin de l’ouvrage, on retrouve la liste de tous les spécialistes ayant participé pour ces articles avec leur travail, essais et études, que l’on peut s’efforcer de dénicher pour en savoir plus.

Lire ou ne pas lire : Vikings, la saga scandinave ?

J’ai trouvé ce livre excellent pour débuter mes recherches sur la civilisation des vikings. Il met à plat les grandes lignes chronologiques et thématiques importantes qui sont caractéristiques de ce peuple connu comme un peuple guerrier et barbare et qu’ils ne sont pas seulement. C’est une excellente base bien que je regrette le prix un peu élevé de 12€ pour les 150 pages du livre. Peut-être à se procurer d’occasion, ou directement investir dans un ouvrage plus cher mais plus complet malgré tout l’intérêt que celui-ci peut avoir.

Avez-vous déjà lu des études/essais sur les vikings et la Scandinavie ? Aimez-vous ce genre d’ouvrage ou préférez-vous les romans ?

Traité de la mort sublime, l’art de mourir de Socrate à David Bowie – Daniel Salvatore Schiffer

41nHZ0YTqvL._SX362_BO1,204,203,200_Merci à Alma éditeur et Babelio pour l’envoi de ce livre.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je m’explique sur le choix de ce livre lors de la dernière Masse Critique de Babelio. Etant une grande fan de Bowie, j’étais particulièrement intriguée par cet essai (ce traité) à propos de la mort sublime et du dandysme comme art de vivre et, avant tout (après tout), comme art de mourir. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans cette lecture. Manque de bol, avec le virus que j’ai cattrapé entre temps, je n’ai pas pu prendre le temps de bien l’assimiler. Et pour cause, c’est un livre dense et extrêmement poussé en terme de philosophie.

Résumé : Bouleversé par Blackstar, le dernier CD de David Bowie, un philosophe rouvre le dossier du dandysme. Faire de sa vie et de sa mort une œuvre d’art. Tel est le secret d’une  » sublime attitude « 
« Est sublime ce en comparaison de quoi tout le reste est petit « . Ainsi parla Emmanuel Kant, nous rappelle Daniel Salvatore Schiffer. Comprenons : depuis Socrate on estimait que le Beau pouvait se définir clairement, de façon précise et bien réglée. Il existait un Beau idéal, harmonieux, proportionnel, codifié. Voici qu’Emmanuel Kant (qui n’était pas un fantaisiste) nous dit autre chose. Il parle du  » sublime « , de ce qui est placé  » très haut « . Le sublime, c’est une force qui va, sans mesure. Le sublime, ce n’est pas forcément beau ; le sublime, c’est grand.
Touché de plein fouet par l’album Blackstar (2016) de David Bowie, le philosophe Schiffer retrouve chez le rocker  » glamourous  » le traitement superbe et désinvolte de la mort qui hante sa propre réflexion. On parlait jadis d’une  » belle mort « , acceptée, cadrée, respectant les règles. De Socrate jusqu’à David Bowie, Schiffer invite le lecteur à méditer autrement sur l’art de mourir. À la manière des dandys.
Dandy suprême, Bowie fait de sa vie une œuvre d’art, et, de sa personne, une œuvre d’art vivante. Et sa mort fut une autre œuvre d’art. Sublime, forcément sublime, eût dit Marguerite Duras. L' » informe  » ou le  » difforme  » – le  » laid  » – peuvent acquérir en art, lorsqu’ils se voient  » sublimés  » par le génie de l’artiste, une valeur de transcendance.
Unissant l’art et l’esthétique, le Traité de la mort sublime se situe aux confins de la philosophie, de la littérature (roman et poésie) et de l’art (esthétique). Généreux, foisonnant, Daniel Salvatore Schiffer célèbre – de manière paradoxale et réjouissante – un dandysme métaphysique. Son manifeste, nourri d’exemples, est aussi une anthologie, riche en découvertes. Outre les maîtres de la philosophie et de la littérature – de Platon à Levinas, de Baudelaire à Cocteau – on appréciera sa joyeuse incursion dans le domaine de l’art, y compris moderne et contemporain, à travers, notamment, Andy Warhol, Luchino Visconti, Leonard Cohen, Serge Gainsbourg, Bashung, Barbara…

Daniel Salvatore Schiffer est professeur de philosophie de l’art à l’École Supérieure de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Autant vous le dire tout de suite, il s’agit ici d’un livre extrêmement poussé en philosophie. L’auteur s’appuie sur de nombreux courant de pensées et des citations, croise les avis de plusieurs philosophes avant d’analyser l’art dandy, le sublime et l’art de mourir jusqu’à David Bowie. Cet essai ne s’adresse donc pas à tout le monde. Si la philo ne vous a jamais intéressé, ce n’est clairement pas avec ce livre qu’il faut commencer.

Toutefois, bien que je ne sois pas une érudite de la philo, les notions, concepts et abstractions abordées ne m’étaient pas étrangères. J’ai abordé ce livre en tant que néophyte et amatrice. Parfois, l’analyse est un peu complexe et mériterait une relecture et un long moment de réflexion sur chacun des chapitres du livre (par exemple la notion de Transcendance qui est extrêmement particulière, ou celle d’eros et de thanatos associées dans le dandysme – amour et mort -). Je n’ai pas eu le temps mais je pense que c’est un traité que je ressortirai pour me l’approprier un peu plus à l’avenir.

Le fait est que Daniel Salvatore Schiffer est un fan de David Bowie. Cela se ressent dans son analyse qui, inévitablement, a un parti pris. Mais finalement, la philosophie a toujours un parti pris à mon sens. Chaque auteur livre sa propre perception d’une notion. A nous d’en tirer une substance, une réflexion qui va nourrir notre pensée. Pour le coup, l’auteur est convaincu que David Bowie a orchestré sa mort pour en faire une oeuvre d’art. Il me semble difficile de le contredire de mon côté tant j’ai cru, les premiers jours suivant la mort de Bowie, que ce dernier allait ressusciter tel Lazarus, son titre phare. J’avoue adhérer à son propos affirmant que le dandysme, dont Bowie était le parfait représentant, est plus qu’un art de vivre, c’est un art de mourir. De là à calculer sa mort, je ne suis pas certaine… Mais le fait est que le résultat est là. Coïncidence ou pas, la mort de dandys pris comme exemple (Lord Byron, Oscar Wilde, Barbey d’Aurevilly…) sont des morts que l’on retient de par leur misère, leur contraste avec leur vie, leur aspect spectaculaire.

Lire ou ne pas lire : Traité de la mort sublime de Daniel Salvatore Schiffer ?

Ce n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains, c’est une évidence, car il risquerait de vous en tomber à coup de citations nombreuses et de concepts complexes que l’auteur ne met pas à portée de tout le monde. Quitte à commencer la philosophe, lisez Le monde de Sophie de Jostein Gaarder (d’ailleurs, je compte le relire sous peu), il donne accès bien plus facilement aux bases de la philo et surtout d’une façon tout spécifique de réfléchir.
Toutefois, le propos de Daniel Salvatore Schiffer est intéressant. Il propose une analyse poussée, riche et bien documentée sur le concept de mort lié au dandysme. La mort comme un art. La mort sublime. Depuis les premiers dandys et philosophes jusqu’à David Bowie en passant par Kant, Huysmans et Jean Genet, sans oublier Oscar Wilde, bien évidement. Ce fut un plaisir de découvrir certains auteurs, de redécouvrir d’autres via cet essai. Un livre à relire (ou à siroter) pour se laisser le temps, pour laisser aller sa réflexion, la nourrir, la faire mûrir à propos du sujet le plus universel, un sujet qui nous lie tous en tant qu’être humain, dans notre essence même : la mort et sa finitude.

Une journée avec V. Woolf : Mrs Dolloway & Léonard et Virginia Woolf

Comme je vous l’avais dit en début d’année de mes volontés pour le blog, on se retrouve aujourd’hui pour parler de Virginia Woolf. Une auteure dont je ne connaissais que le nom avant de plonger dans deux livres qui m’ont énormément rapprochée d’elle. Et pour cause, j’ai choisi de lire un des ses romans les plus connus : Mrs Dalloway, une lecture vraiment étrange entre génie et folie, je me suis longtemps posée la question même après avoir refermé le livre. J’ai poursuivi ma découverte avec l’essai de Carole d’Yvoire : Je te dois tout le bonheur de ma vie, Leonard & Virginia Woolf. Une étude qui croise les lettres de Leonard Woolf et Virginia Stephen jusqu’à leur mariage et la création de la Hogarth Press, une maison d’édition anglaise ayant eu court de 1917 à 1946 avant d’être intégrée à un groupe plus important.

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Virginia Woolf, source

De quoi me familiariser avec une femme en avance sur son temps mais en proie à des démons qu’elle semble avoir eu beaucoup de mal à mettre de côté…

Mrs Dalloway – Virginia Woolf

51I5GIUSfgL._SX309_BO1,204,203,200_Résumé : « Mrs Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs. » De cet incipit, resté aussi célèbre que ceux de Camus ou Nabokov, découle la journée d’une femme, Clarissa Dalloway, au rythme des heures qui s’égrainent, entraînant le lecteur dans les sinuosités joyciennes de son inconscient et de ses monologues introspectifs.
À contre-sens des canons de la littérature victorienne, Mrs Dalloway n’en reste pas moins, en dépit de son avant-gardisme, un des romans les plus appréciés de Virginia Woolf, celui dont elle dira, dans son Journal d’un écrivain, qu’elle y avait exprimé « bien plus complètement que de coutume ce qu’elle voulait dire ».
Outre une technique d’écriture novatrice, Mrs Dalloway se propose de « critiquer le système social, le montrer à l’œuvre dans toute son intensité ». Virginia Woolf pose un regard critique sur la condition bourgeoise, l’évolution des mœurs, l’avenir des femmes, mais aussi sur la folie à travers le personnage de Septimus.
Mrs Dalloway, qui n’a rien perdu de sa modernité, ouvre par effet de miroir quelques portes d’entrée dans la psyché de son auteur.

Mon avis : Mes sentiments, à la lecture de Mrs Dalloway, n’ont cessé d’évoluer au fil des pages. J’oscillais régulièrement entre incompréhension, compréhension, sentiment de folie, de beauté, de génie. C’est peut-être ce qui fait tout le charme de cette oeuvre : les sentiments qu’elle suscite.
On y découvre 24h dans une journée londonienne, 24h de la vie d’une femme, Mrs Dalloway flânant, s’inquiétant, préparant la soirée du soir qu’elle organise chez elle. 24h durant lesquelles le lecteur passe de pensées en interrogations en doutes et en douleurs et regrets, de personnages en personnalités. J’ai eu l’impression, souvent déstabilisante, de m’être transformée en abeille butinant les pensées au gré du vent.
En refermant le livre, l’impression qui demeure, c’est cette incroyable faculté de comprendre et appréhender les diverses individualités car plus que Mrs Dalloway, ce sont les pensées de toute une classe sociale que l’on découvre dans leur intimité et leur faiblesse.
En bref : un roman difficile à appréhender mais riche et très émouvant.

Je te dois tout le bonheur de ma vie – Carole d’Yvoire

51XxwLxsPEL._SX301_BO1,204,203,200_Résumé : «  Bloomsbury m’enchante, il est la vie même.  »
 Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d’Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants  : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l’union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d’édition Hogarth Press.
Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l’affirmation de la vie, d’une «  vie intense et triomphante  ».

Mon avis : Avec Je te dois tout le bonheur de ma vie, Carole d’Yvoire retrace l’histoire d’amour entre Léonard Woolf et Virginia Stephen devenue Woolf. Elle croise les récits, carnets de vie et lettres de ces deux personnages qui ont laissé une empreinte indélébile dans le Londres du début du XXe siècle.
Lorsque j’ai craqué sur ce magnifique objet, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je m’attendais à une sorte d’étude romancée illustrée. Mais non. Avec ce livre, vous plongerez dans une étude historique en bonne et due forme avec des sources et une bibliographie fournies et s’appuyant sur les témoignages recoupés de Virginia et Léonard.
Passée la surprise, je dois dire que c’est un livre intéressant. A la fois sur la période du début XXe en Angleterre que je ne connaissais qu’à travers Downton Abbey, mais aussi (et surtout) à propos de Virginia Woolf. Une auteure classique dont je ne savais rien. J’y ai appris les pertes successives auxquelles elle a du faire face en un laps de temps court, les crises d’angoisse (ou de folie, apparemment son mal n’a jamais été qualifié) qui la faisait sombrer pendant des semaines voire des mois dans de terribles phases de dépression, et surtout cet amour qu’elle partage avec Léonard Woolf. Un amour totalement innovant pour une époque encore empreinte de traditionalisme.
Le livre contient également les deux nouvelles qui ont donné lieu à la première publication de leur maison d’édition la Hogarth Press : Trois juifs de Léonard et La marque sur le mur de Virginia.
En bref : un livre très instructif dans lequel on découvre des choses étonnantes et la force d’un amour entre deux personnalités très particulières.

Avez-vous déjà lu des livres de Virginia Woolf ? Quelles impressions en avez-vous eu ? Cette période historique, foisonnante d’idées nouvelles, vous attire-t-elle ? Dites-moi tout !

Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adiche

IMG_20170702_150751_660C’est dans le cadre du tout nouveau Club de lectures féministes lancé par la blogueuse Carnet Parisien que j’ai lu ce court texte et pour mon tout premier livre à caractère féministe revendiqué, je n’ai pas été déçue. Je remercie donc chaudement Mélusine pour cette belle recommandation et je m’empresserai de participer aux futures lectures. N’hésitez pas à rejoindre le Club, blog ou pas, on en discute sur la page facebook ! Mais parlons aujourd’hui de ce petit folio à seulement 2€ de Chimamande Ngozi Adichie.

Résumé : « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. »Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour. (Babelio)

Haters gonna hate ? Pas tout à fait, non.

Ce livre est composé de deux parties. Nous sommes tous des féministes est un discours que Chimamanda Ngozi Adichie a prononcé pour une conférence TEDx en décembre 2012. Oui, ça date un peu. Pourtant le contenu reste d’actualité. La deuxième partie du livre est une nouvelle intitulée Les marieuses traitant d’un mariage arrangé et tout ce que cela implique du côté de la mariée.

Dans son discours, l’auteure nous explique son expérience personnelle avec le féminisme. Comment elle a été pour la première fois de sa vie désignée par cette appellation, comment elle a du chercher la définition, comment elle a découvert les clichés et qu’elle ne voulait pas être ces clichés. Elle explique la situation au Nigeria, son pays d’origine et le fait que la femme est considérée comme inférieure à l’homme. Et si ces situations sont extrêmement voyantes au Nigeria, il n’est pas bien difficile de faire le rapprochement avec certaines choses que l’on voit en France (et partout ailleurs sans aucun doute). Et c’est ainsi qu’elle nous explique que c’est en prenant conscience de ces situations où la femme est jugée comme inférieure (que ce soit par les hommes, mais aussi par les femmes) que nous considérons la situation aberrante et sommes, de fait, féministe. Car le féminisme, et elle le dit extrêmement bien, ce n’est pas agir par des actes violents, se revendiquer haut et fort avec pertes et fracas, c’est avant tout le simple fait de croire en l’égalité des genres, que l’homme n’est pas supérieur à la femme, que la femme est l’égale de l’homme en tant qu’individu pour un même respect.

La nouvelle qui suit est clairement dans cet état d’esprit et montre la condition de la femme dans un mariage. Ici, le mari nigérian fait des études de médecine aux USA, les marieuses lui trouve une épouse au Nigéria qui le suit dans ce nouveau pays. Par de petites remarques quotidiennes, l’homme se place d’office au-dessus de la femme qui avait pourtant d’autres ambitions et qui voulait travailler. La fin est amère. J’espérai autre chose mais cela aurait changé tout le propos.

Lire ou ne pas lire : Nous sommes tous féministes de Chimamande Ngozi Adichie ?

Aucune excuse pour ne pas le lire : un petit prix de 2€ chez Folio, 86 pages écrit gros donc qui ne traîne pas dans la PAL, de quoi se cultiver un peu. Bref, un très très beau combo ! Je ne peux que le recommander notamment aux sceptiques qui disent ne pas croire au féminisme, à ceux qui ont des préjugés sur ce mot et les personnes qui s’en revendique, à ceux qui rigolent en pensant qu’ils ne sont pas concernés. L’inégalité de genre est un problème d’actualité, plus que jamais en 2017. Ce n’est certes pas le seul et j’aurais tendance pour ma part à généraliser à « l’inégalité entre les êtres vivants » (religion, couleur de peau, culture, orientation sexuelle, genre, bref toutes les différences). Nous sommes des individualités à reconnaître dans un groupe social (une multitude de groupes sociaux) tout en respectant les autres individualités. Encore beaucoup de chemin est à faire sur toutes ces problématiques. Mais je me revendique femme française célibataire hétéro spirituelle mais pas religieuse supportant la cause gay et l’éthique animale. Je suis tout ça. Et tout doit être respecté.

Ma note : 20/20

La Grande Bible des Fées – Edouard Brasey : tout savoir sur les fées

IMG_20170413_132631_583Après plusieurs semaines de lectures, j’ai enfin terminé La Grande Bible des Fées de Edouard Brasey. Pas qu’il soit long à lire, mais je voulais le savourer alors je le laissais sur ma table de chevet et l’avancer lorsque l’envie m’en prenait. C’est un beau livre édité chez le Pré aux Clercs et autant vous le dire immédiatement : je ne regrette absolument pas cet achat.

Résumé : Créatures merveilleuses, d’apparence féminine, dotées de pouvoirs surnaturels, généralement bienveillantes, les fées ont le pouvoir d’exaucer les vœux des mortels et de les protéger.
Mais la mystérieuse histoire du peuple des fées ne s’arrête pas là. Ces êtres de lumière ont une genèse, des rites précis, une religion (le nouveau testament des fées et les récits païens écrits par Stéphanie Brasey), des fêtes communautaires, une histoire de costume, des légendes en pagaille, un œuvre littéraire et musicale importante (elles écrivent, entre autres, de la poésie).
Cet ouvrage rassemble en six livres: le Livre des origines, le Livre historique, le Livre poétique, le Livre des prophétesses, le Nouveau Testament des fées et l’Apocalypse des fées, l’essentiel de leur vie et de leur savoir. (Babelio)

L’objet-livre

Tout d’abord, lorsque l’on achète un beau livre, c’est qu’il y a une raison : on veut acquérir un bel objet, avoir une expérience de lecture différente d’avec un livre de poche. Et il faut bien dire que La Grande Bible des Fées remplit à merveille son travail en la matière. On se retrouve avec un livre de grand format à la couverture dorée qui nous incite à jeter un oeil à l’intérieur.

Justement, en feuilletant l’ouvrage, on découvre des pages à l’allure de parchemin, toutes enluminées illustrées à foison d’illustrations féeriques. De quoi ravir les yeux autant que l’esprit.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la division de l’ouvrage et la mise en scène des sections en plusieurs Livres sur une couleur de papier plus foncée. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir chaque page qui étaient une surprise à chaque fois.

Le détail bonus : le marque-page sous forme de fil, comme l’on trouve parfois dans les ouvrages reliés d’imprimeurs.

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Le contenu

C’est bien beau d’avoir un joli livre entre les mains : est-ce qu’au moins il est intéressant ? Et bien je dois dire que l’ouvrage a répondu à mes attentes en la matière. Très curieuse du « petit peuple » et des mythologies qui les entourent, notamment fan du monde des fées, je cherchais depuis longtemps un ouvrage qui me permettent d’en apprendre plus sur les fées dans l’histoire, dans la littérature, mais aussi les célébrations païennes.

Le livre de Edouard Brasey propose, en plus de son aspect littéraire, une bibliographie assez conséquente sur le monde des fées et notamment des sources (à savoir qui datent des XVIIe et XIXe siècle entre autre). J’en suis ravie car je piocherai sûrement des livres de cette liste dont les extraits disséminés sont parsemés dans l’ouvrage.

Le livre n’est peut-être pas énormément poussé mais il présente l’univers et la mythologie autours des fées. Il permet d’aborder plusieurs aspects intéressants que j’approfondirais lors de prochaines lectures. J’ai été ravie de plonger au coeur de la magie avec un si bel ouvrage redécouvrir les fées que nous connaissons (Titania, Mélusine, Viviane et Morgane) sous des aspects différents.

Lire ou ne pas lire : La Grande Bible des Fées de Edouard Brasey ?

C’est un livre que je recommande chaudement à tout ceux qui, comme moi, veulent entrer dans la magie, savoir ce qui s’est dit au fil des siècles sur les fées et leur mythologie. Certes, il n’est pas très poussé mais il a pour fonction d’initier et surtout de mettre à porter de tous ce thème des fées. Edouard Brasey a effectué de grosses recherches pour construire son livre et c’est vraiment appréciable car cela permet d’ouvrir également le lecteur et l’amener à piocher dans la liste pour continuer sa découverte du monde des fées. Un plaisir à offrir et à s’offrir !