La machine de Léandre – Alex Evans : domaine d’étude, la magie

41Hymbjgu+L._SX342_BO1,204,203,200_Je remercie les éditions ActuSF pour la découverte de ce roman.

Dans le cadre de mon partenariat avec les éditions ActuSF, j’ai pu découvrir La machine de Léandre d’Alex Evans. J’avais déjà entendu parler de cette autrice avec Sorcières Associées mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de découvrir sa plume. J’étais donc vraiment curieuse lorsque j’ai entendu parler de son dernier roman qui sortait en septembre dernier. Vous connaissez mes faiblesses : quand on me dit « steampunk », je redresse immanquablement la tête, soudain très intéressée.

Résumé : Constance Agdal est une excentrique professeure de sciences magiques qui n’aspire qu’à une chose : se consacrer entièrement à ses recherches pour oublier le passé qui la hante. Mais quand des démons se matérialisent au beau milieu de la ville, qu’un incube envahissant se prend d’affection pour elle et que son nouvel assistant agit de façon particulièrement étrange, Constance doit sortir de sa réserve… d’autant que son collègue, l’éminent Professeur Dowell, a disparu alors qu’il tentait de recréer une fabuleuse machine à magie d’après des plans vieux de plusieurs siècles. La jeune femme le remplace au pied levé en collaborant avec Philidor Magnus, un inventeur aussi séduisant qu’énigmatique, mais rien ne se passe comme prévu. Quel terrible secret se cache sous le capot de cuivre de la fameuse machine ?

La première chose à savoir concernant La machine de Léandre, c’est qu’il s’agit d’un court roman. J’avoue avoir été surprise quand je l’ai découvert (alors que je n’ai rien contre les romans courts !), mais c’est surprenant quand on ne le sait pas. Le roman est suivi d’une nouvelle La chasseuse de livres, qui aurait pu donner lieu à un roman court également, puis une interview d’Alex Evans de quelques pages. Ceci étant dit, je peux vous parler un peu plus en détails de ces deux histoires.

Le grand malheur des romans courts c’est que le lecteur reste sur sa faim (comme l’auteur). J’en ai moi-même fait les frais avec Les tribulations d’une Princesse Faërique. Lorsque l’on plante un nouvel univers, qu’il nous plaît et qu’on n’y met tout un tas de choses bien sympathiques dedans, on n’a finalement pas le temps de le développer. Avec La machine de Léandre, je me suis retrouvée du côté de la lectrice qui en voulait plus, beaucoup plus ! Plus que le personnage de Constance en proie à ses doutes avec ses qualités intellectuelles et ses faiblesses humaines survolées, c’est de l’univers que l’on s’abreuve. Un univers où la magie est étudiée à l’université, une science comme une autre ! Un univers où la magie n’est pas toujours présente, où les dimensions parallèles sont pleines de démons qui n’attendent peut-être qu’une chose : déferler sur celui que l’on connaît. J’ai aimé découvrir tout ça et bien heureusement, l’interview nous apprend que Sorcières Associées et d’autres romans de l’autrice se déroulent dans ce même univers ! Ouf, je vais aller explorer ça avec grand plaisir.

Je regrette toutefois que le personnage de Léandre ne soit pas plus développé. Tout comme celui d’Albert. Honnêtement, ils ont beau être très différents tous les deux, ils ont un petit côté attachant et j’aurais aimé en apprendre un peu plus. Mais qui sait, l’autrice ne semble pas en avoir fini avec Grande Courbe et Tourmayeur !

La chasseuse de livres m’a tout particulièrement parlé car on suit une jeune princesse, Cassandra, qui part à l’aventure pour rechercher des artefacts magiques (des livres, bingo !) J’ai passé mon enfance à fantasmer sur Indiana Jones et me prendre pour Sidney Fox l’aventurière, alors comment vous dire que un personnage qui déniche des livres dans des ruines, ça me parle bien comme il faut. Et encore une fois, j’aurais bien aimé passé beaucoup plus de temps avec cette histoire. Ou du moins avec la chasseuse de livres, peut-être sur d’autres ouvrages mystérieux à dénicher !

Lire ou ne pas lire : La machine de Léandre d’Alex Evans ?

Si l’univers d’Alex Evans vous rend curieux mais que vous n’avez pas encore osé franchir le cap, si vous aimez la magie, l’archéologie, le steampunk et les héroïnes qui ne font rien comme tout le monde, La machine de Léandre est une excellente introduction à l’univers de l’autrice selon moi. Certes, le lecteur reste un peu sur sa faim mais avec l’envie irrépressible d’aller fouiner dans sa bibliographie. Autant vous dire que je vais sortir Sorcières Associées de ma liseuse dès que je le pourrais (ce sera une de mes lectures prioritaires de début 2020 pour sûr!)

Connaissez-vous déjà l’univers d’Alex Evans ? Est-ce que vous aimez les romans courts et les nouvelles ?

Lectures Prévues | Novembre 2019

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Hello les Earl Grey’s,

On a remisé les démons, sorcières et créatures terrifiantes au placard, bientôt on commencera à entendre des chants de Noël et surtout la saison des films de Noël a été officiellement lancée, bref le mois de novembre a fait une arrivée en grandes pompes, comme chaque année. Il est temps de partager avec vous ma sélection de lecture pour ce mois un peu intermédiaire et qui pour moi est souvent synonyme d’hivernage (je ne sors de sous mon plaid que pour me nourrir de crêpes).

Octobre a été un grand chaos littéraire de mon côté. J’ai passé beaucoup de temps à lire Dans l’ombre de Paris (que j’ai adoré au passage) et j’ai complètement chamboulé ma pile-à-lire pour le challenge littéraire que je fais (la Coupe des 4 maisons, team Serdaigle ♡). Du coup, j’ai reporté plusieurs lectures d’octobre à ce mois de novembre :

  • La machine de Léandre d’Alex Evans : vous aurez d’ailleurs la chronique dans la semaine.
  • Contes du vampire : parce que je tenais vraiment à lire ce livre rapidement.
  • Amber Farrell #2 : tout simplement parce qu’il est en cours depuis septembre et que je veux le terminer.

Mais j’ai également fait une petite sélection de livres qui m’accompagneront en plus (parce qu’après tout, j’aime bien avoir les yeux plus gros que le ventre en lecture !)

Mythes Nordiques – R.I. Page

51Zd1pKpfYL._SX301_BO1,204,203,200_Ce livre traîne dans ma PAL depuis tellement longtemps qu’il est grand temps que je l’en sorte. Je pense que du fait que j’ai déjà lu beaucoup de choses sur les mythes scandinaves et qu’il n’y a pas d’excellents retours dessus, je ne me suis pas encore penchée dessus. A voir ce qu’il en est maintenant ! L’avez-vous déjà lu ? Vous en avez pensé quoi ?

Résumé : La Scandinavie païenne nous a légué nombre de mythes captivants et parfois horrifiques, qui mettent en scène des dieux et des déesses, des héroïnes et des héros, des monstres et des géants. Odin et Thor, Freyia, et Loki, Sigurd, Gudrun et Brynhild comptent ainsi parmi les plus célèbres de ces figures dont les aventures ont été fixées par écrit après que les populations nordiques se furent converties au christianisme. L’auteur « raconte » ces légendes avec finesse et humour, tout en montrant à quel point les traditions sont en ce domaine complexes et contradictoires. Le tableau qu’il brosse est d’autant plus passionnant que cette « matière scandinave », en permettant de découvrir comment les anciens habitants de l’Europe du Nord se représentaient la création de l’humanité, le destin, la fin du monde, donne accès à tout un univers mental.

L’histoire d’un cœur qui apprit à battre – A.L. Kennedy

511ocoQfswL._SX303_BO1,204,203,200_J’ai vraiment hâte de découvrir ce court roman qui m’a été offert par Sarah. Je fais confiance à ses goûts littéraires et en plus de ça, ce cadeau n’avait aucune raison d’être ce qui le rend d’autant plus touchant. Bref, je me le garde pour un jour de total chilling en pyjama pilou, plaid et thé fumant !

Résumé : Marie grandit dans une ville merveilleuse où planent des cerfs-volants comme des oiseaux de paradis. Elle a pour ami Lanmò, un serpent doré aux yeux rubis qui terrifient les hommes. Lui n’a jamais aimé que cette enfant. Bientôt, la ville de Marie s’attriste, quand les bombes s’abattent et que le spectre de la guerre la dévore. Le puissant Lanmò aurait-il commis une imprudence en s’attachant à un être si fragile ? Et si cette humaine au destin vacillant recélait un précieux mystère ?
« Dans L’histoire d’un cœur qui apprit à battre, des échos vifs et sensibles s’entrechoquent comme un enchaînement délicat de dominos arc-en-ciel. Amusante, surprenante et inattendue, la prose de A.L. Kennedy est à la fois triste et drôle, simple et profonde.  » The New York Times

Les Brumes de Cendrelune #1, Le jardin des âmes – Georgia Caldera

416sq1DLXcL._SX340_BO1,204,203,200_Je suis faible. Je le vois passer depuis sa sortie et j’avais vraiment très envie de découvrir ce nouveau roman de Georgia Caldera. J’avais été très surprise par la romance steampunk que j’avais lu mais j’avais beaucoup aimé sa plume très agréable à lire. C’est l’occasion de découvrir autre chose de cette autrice à la personnalité marquée !

Résumé : Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion. Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule… 

Lumikko – Pasi Ilmari Jääskeläinen

512W9rCgCgL._SX303_BO1,204,203,200_Qui dit novembre dit attendre Noël alors je me plonge dans les pays froids avec Lumikko. Apparemment, il a tout pour me plaire entre la scandinavie, une société secrète autour des livres et un peu d’aventure… J’ai hâte de découvrir ce roman !

Résumé : Au sein d’un petit village finlandais prospère une étrange société littéraire secrète composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d’une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l’intimité de cette société, Ella, une jeune professeur de finlandais aux ovaires déficients, découvre que l’essentiel de l’inspiration des membres semble provenir d’un mystérieux carnet. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu’une étrange peste semble s’être abattue sur les livres de la bibliothèque, qui voient leur fin subtilement altérée…
« Quand Twin Peaks rencontre les Frères Grimm  » The Telegraph
Traduit du finnois par Martin Carayol 

Ce programme sera peut-être modifié car je dois recevoir des services presses d’ActuSF mais également d’une autre maison d’édition : Passés Composés, spécialisées dans l’histoire. Mais comme je n’ai encore rien reçu, je reste sur ces lectures qui me donnent toutes beaucoup envie (heureusement ahah !)

Je vous souhaite un beau mois de novembre et de belles découvertes littéraires ! Que prévoyez-vous de lire de votre côté ?

Dans l’Ombre de Paris – Morgan of Glencoe : fées, royauté et différences

c_9782366294750-9782366294750_1Je remercie les éditions ActuSF pour la découverte du roman de Morgan of Glencoe, Dans l’Ombre de Paris.

On se retrouve aujourd’hui pour une chronique littéraire que j’avais très hâte de partager avec vous. Je viens tout juste de terminer ma lecture de Dans l’ombre de Paris de Morgan of Glencoe et je ne tarde pas à vous dire ce que j’en ai pensé. Mon seul regret est d’avoir dû pas mal travailler au moment de cette lecture et du coup, je ne l’ai pas lu aussi rapidement que je l’aurai souhaité car, disons-le, l’univers de l’autrice est un peu addictif. Mais d’abord, je vous laisse découvrir le résumé qui m’a rendue en premier lieu très curieuse (et la sublime couverture qui ajoute à la curiosité).

Résumé : Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.
En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

Un univers rétro-futuriste du futur (bref, une dystopie)

Oui. Quel intitulé de partie, n’est-ce pas ? Pourtant c’est assez approchant de la temporalité originale choisie par Morgan of Glencoe. On nage en pleine dystopie. Une dystopie où la monarchie française a perduré, où les puissances mondiales n’ont pas subi de changements majeurs dans leur régime politique, où le petit peuple est présent (et réduit à l’esclavage tant qu’à faire). Bref, un univers qui a tout du steampunk mais qui ne se déroule pas dans le passé. Et comment vous dire ça… j’adore !

Je l’admets, j’étais un peu déstabilisée au début, ne sachant pas trop quand ni comment, mais finalement j’ai rapidement pris mes marques dans cette histoire dès le premier chapitre où nous découvrons les Fourmis : les fées qui travaillent sur les chemins de fer de ce monde. Ah oui, l’histoire de ce premier tome ne porte pas sur le Rail, mais je suis tout particulièrement curieuse d’en savoir plus sur eux et d’après l’intitulé du prochain tome qui est dévoilé à la fin… je croise les doigts pour que ce soit bien ça !

Dans ce premier roman, nous découvrons surtout la monarchie française en place et on pressent beaucoup de choses au sein d’une triple alliance mondiale dont le shogunat japonais fait partie. C’est bien ce qui ajoute encore à l’intérêt de cette histoire : le japon. Notre héroïne est Yuri, promise en mariage au Dauphin de France, une jeune japonaise qui a toute l’élégance des traditions de ce pays : kimono, yukata, obi… Yuri respire les fleurs de cerisier et j’ai trouvé cela vraiment rafraîchissant.

Au nom de la différence : un savoir qui s’apprend

S’il y a bien un message qui m’a touché dans Dans l’ombre de Paris, c’est le rapport aux différences. Yuri est issue de la noblesse. Elle est pleine de préjugés qu’on lui a enseigné durant toute sa vie, pleine de façons de faire et de façons de penser, symboles de son carcan social. C’est avec bonheur que le lecteur la regarde faire voler en éclat tous ses vieux principes pour créer sa propre opinion : celle qui vient de son expérience et qu’elle construit jour après jour.

Certes, le temps du récit est assez bref et peut paraître un peu court pour ce processus mais c’est tout le pouvoir de la littérature et ça ne m’a pas choqué. Yuri apprend à découvrir une société différente, apprenant plus sur sa mère mystérieuse au passage. Elle constate que les fées sont des êtres vivants et qu’ils ne sont pas inférieurs aux humains : qu’ils pensent et souffrent de la même façon. Et rien que pour ça, je trouve que c’est un magnifique roman d’apprentissage à propos de l’acceptation et du respect des différences.

Lire ou ne pas lire : Dans l’Ombre de Paris de Morgan of Glencoe ?

Je vous conseille véritablement ce roman que ce soit pour vous, pour un adolescent, peu importe : il en vaut la peine. D’abord pour découvrir le superbe univers de Morgan of Glencoe, tellement riche que l’on est heureux de savoir qu’il y aura une suite. Ensuite pour ce message si fort à propos de la différence, quelle qu’elle soit. Maintenant, je vais attendre la suite avec beaucoup d’impatience pour pouvoir replonger dans cet univers et surtout en découvrir plus ! Il y a tellement de pistes lancées par l’autrice que je suis curieuse de tout : le royaume de Keltia et ses rebelles, Logres, les Fourmis du Rail, le passé de l’ambassadeur Nekohaima, celui de la reine… J’ai hâte !

Est-ce que ce genre de thématique vous plaît à vous aussi dans les romans ? Aviez-vous entendu parler de Dans l’Ombre de Paris ? Et, question superficielle, est-ce que vous aussi vous trouvez la couverture absolument superbe ?

Le restaurant de l’amour retrouvé – Ito Ogawa : l’envie de prendre son temps

51T8vFXVuPL._SX321_BO1,204,203,200_On se retrouve enfin pour une petite chronique littéraire. Mine de rien, ça faisait un moment ! Ce mois d’octobre, j’avance difficilement dans mes lectures mais j’ai réussi à terminer Le restaurant de l’amour retrouvé d’Ito Ogawa. Et pour cause, c’est un livre court et vraiment facile à lire aussi en trois jours, j’avais dégusté, savouré et digéré ce roman gourmand. Je l’avais déjà repéré depuis longtemps sans jamais avoir l’occasion de me le procurer, et finalement on me l’a prêté de manière spontanée en septembre alors je n’ai pas mis beaucoup de temps à concrétiser cette lecture. De temps en temps, l’écriture japonaise permet de souffler je trouve, comme un bol d’air frais dans la jungle des univers littéraires.

Résumé : Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.

Étrangeté peu réaliste et dégoût de végétarien

Je commence par ce qui m’a le plus dérangé dans le roman. D’abord, la rupture amoureuse qui m’a laissé totalement sceptique voire hermétique à la douleur ressentie par l’héroïne. Je suis pourtant d’un naturel assez empathe (que je cache beaucoup) mais alors là… la réaction de Rinco m’a paru tellement surréaliste que j’ai eu du mal à y croire. Je ne vous spoile pas car c’est au tout début du roman : lorsque le petit copain s’en va sans crier gare avec la totalité du mobilier, de la bouffe, des économies (bref absolument tout, elle peut commencer les visites de location immédiatement) et qu’elle ne fait rien du tout pour le retrouver et récupérer son dû, qu’elle fuit sans aucune forme de protestation ou résistance, ça m’a fait un peu bizarre. Elle se tait, accepte et s’en va. Ok. J’aurais peut-être aimé un léger sentiment d’injustice au fil des pages mais même pas et c’est un peu dommage.

Ensuite, il m’a fallu sauter des pages à deux reprises car elles étaient pour moi insupportables. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus pour ne pas vous spoiler mais c’est en rapport avec les animaux et la souffrance animale me touche particulièrement (à tel points que je ne peux ni les voir sur écran ni les lire, je suis obligée de me cacher les yeux ou de sauter les passages en causes, ça me retourne et me donne la nausée). J’avoue que cela a contribué à casser mon rythme de lecture. J’étais un peu perturbée de devoir le faire d’ailleurs parce que le roman est d’une douceur extrême à côté de ça… Mais on arrive justement au meilleur.

La douceur de l’instant présent

Malgré ces défauts qui ne sont pas rédhibitoires, le roman nous happe dans une poésie « à la japonaise » que je ne retrouve que dans cette littérature. Ito Ogawa prend un malin plaisir à savourer l’instant, savourer chaque bonheur, chaque bouchée et le lecteur le ressent complètement. L’autrice voulait nous faire comprendre que l’on peut guérir de tous les maux (ou presque) grâce à de la nourriture, de bons petits plats cuisinés avec beaucoup d’amour, le reste de l’histoire n’est finalement qu’un prétexte à nous faire comprendre ce simple message. Quand Rinco cuisine, elle choisit ses ingrédients avec minutie, local, de saison et surtout en fonction de l’état d’esprit de ses clients. Aussi, elle parvient à soigner un deuil, une timidité amoureuse, un lapin anorexique… Et toujours avec un ingrédient magique : la bienveillance. Rinco ne parle pas mais elle écoute. C’est peut-être ce qui nous fait le plus défaut dans notre société aujourd’hui : le manque d’écoute de l’autre. Rinco parvient ainsi à faire des merveilles malgré un passé compliqué (qui remonte à bien plus loin que l’idiot qui lui a tout pris et qui est parti sans rien dire : oui, lui on ne le digère pas bien).

A côté de l’amour pour la nourriture et les sentiments humains, Le restaurant de l’amour retrouvé nous ouvre les portes de la pleine conscience. Lorsque Rinco redécouvre son village, le climat, ses habitants, les paysages, le lecteur inspire l’air frais avec elle. Lorsque Rinco cueille ses ingrédients, le lecteur ressent le dur travail de la nature et de l’homme derrière le futur aliment. Et c’est tout à l’honneur d’Ito Ogawa de faire prendre conscience de cela. Le lecteur en éprouve une profonde gratitude face à ce que la terre lui offre pour se nourrir.

Lire ou ne pas lire : Le restaurant de l’amour retrouvé d’Ito Ogawa ?

Malgré des défauts, Le restaurant de l’amour retrouvé est un plaisir qui se savoure. Quelques pages par ci, quelques pages par là, le lecteur appréciera de se laisser emporter par la magie de la nature et de la nourriture qu’elle produit, par le pouvoir de la cuisine, de la gourmandise (car même le cochon apprivoisé sait reconnaître un bon pain pétri avec amour). Ce roman est un plaisir simple, sans chichis. Avec ses qualités et ses défauts. Pas de prétention. L’amour simple. La traduction est fluide et se lit agréablement bien. De quoi souffler, faire une pause, se reconnecter aux bonnes choses, mais aux choses simples, peut-être avec un tchaï latte bien chaud et des guimauves fondantes pour vous accompagner dans votre lecture…

Connaissez-vous ce roman ? Avez-vous déjà lu des livres d’Ito Ogawa ? J’ai vu qu’elle en avait écrit plusieurs. Et sinon, est-ce que la littérature japonaise vous parle ou vous n’en lisez jamais ?

FILM | Joker – Todd Phillips : la descente aux Enfers

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PAS DE SPOILERS | Encore un film, allez-vous dire ? C’est que j’en perdrais mes bonnes habitudes de lecture ! Mais il y a une raison. Vous ne deviez pas lire cette chronique aujourd’hui, mais bien un retour de lecture. Seulement voilà, impossible de laisser passer trop de temps pour vous parler du Joker car c’est un film qui fait parler (on le voit bien depuis sa présentation et son sacre à Venise). Parce qu’il est violent, difficile et montre des choses que nous refusons souvent de voir. Parce que j’ai besoin d’écrire mon ressenti dessus. Joker renferme plusieurs thématiques : la folie (bien évidemment) et la misère sociale et économique en tête de liste. De vastes sujets qui dans ce film s’entremêlent montrant constamment les conséquences de l’une sur l’autre.

Synopsis : (Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement) Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Une société sclérosée : Gotham, un reflet de nos villes

Je vais commencer par le sujet du film qui fait le plus débat : le message social extrêmement puissant qui est montré. Si vous avez la chance de vivre dans une communauté où l’entraide est importante, tant mieux pour vous et peut-être que le monde décrit par Todd Phillips ne sera qu’une fiction sur grand écran. Mais ce n’est pas le cas partout. Dans des villes où le voisin n’ouvre sa porte à personne (comment peut-on lui en vouloir quand on voit le nombre de démarchage en porte-à-porte ?), dans des villes où l’on détourne le regard de ceux qui ont faim (car pour eux aussi ce n’est pas évident), dans des villes où une femme ne peut pas sortir le soir sans récolter une remarque qu’elle n’a jamais demandée peu importe sa tenue… le Gotham de Todd Phillips n’est pas si loin que ça. Certes, c’est un extrême mais honnêtement, je me suis crue très facilement dans la réalité alors que le nom de Gotham city n’était jamais prononcé.

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C’est dur. Vue par les yeux de cet homme qui tombe dans une spirale destructrice car abandonné de la société, des administrations, de ses proches. Oui, le constat est glaçant. Surtout lorsque cette petite voix dans ma tête me disait que des cas comme le sien pouvent exister dans la réalité. Dans ma réalité. Dans notre monde.

Le film ne cache pas son message politique. Comment dire qu’il n’en a pas lorsque l’on regarde Arthur confronté à chaque maux de notre société : coupes budgétaires dans le social, suivi et réinsertion des personnes psy, recrudescence des incivilités, choix de la violence gratuite comme réponse à tous type de situation, irrespect des minorités, harcèlement, sexisme et face à tout ça ? Le silence radio de ceux qui ont le pouvoir : les riches, les gens pour qui tout est toujours si simple, ceux qui n’ont jamais connu d’emmerdes et n’ont jamais compté les sous sur leurs comptes en banque (à quoi bon, y’en aura toujours). Joker est un film politique et cruellement actuel dans le monde entier, particulièrement dans les pays du nord économique. (Il ne manque que le sujet brûlant de l’urgence climatique pour compléter le tableau).

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Bien traité ou pas… C’est peut-être là qu’il y a un manque de la part des scénaristes et du réalisateurs. Ce film montre un constat glaçant. L’image d’un monde à un instant T. Très bien. La majorité sauront sans doute analyser ça et prendre du recul. Mais peut-être pas tous. Et ici, aucune réponse n’est donnée à part se laisser sombrer dans la folie… Peut-être, peut-être… ce film peut-il mettre le feu aux poudres (déjà sur le point de s’enflammer).

La folie : Joaquin Phoenix touché par la grâce

Comment ne pas saluer la performance magistrale de Joaquin Phoenix qui endosse ce si difficile rôle du Joker. Je ne sais plus où j’ai lu que l’on reprochait à Todd Phillips d’avoir voulu faire un héros du Joker. Je ne sais pas du tout à quoi est due cette remarque. Pas une seule fois je n’ai envisagé Joker comme un héros. Certes il est le « héros » du film puisqu’il en est le personnage principal mais il n’est pas montré une seule fois comme un héros. Enfin si, deux fois pour être exacte, mais n’importe quel spectateur peut avoir le recul nécessaire pour constater que l’effet voulu est l’inverse. C’est un film de réflexion, ne le cachons pas. Même s’il est présenté comme un blockbuster.

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Cet aspect mis à part, je tire ma révérence à l’acteur qui m’a mise un nombre incalculable de fois mal-à-l’aise. Humoriste méprisé, incapable de poursuivre son rêve à cause d’un handicap terriblement gênant pour ce métier, on ne le laisse pas s’exprimer, on l’humilie, on refuse de le comprendre, de lui laisser du temps, de patienter pour lui. Oui, j’ai ressenti de la compassion pour le Joker de Phoenix. J’ai eu de la peine, j’ai été triste. Je me suis dit que dans un monde plus bienveillant, il ne serait pas devenu ce qu’il est. Car on ressent la souffrance, la volonté de bien faire, jusqu’à ne plus pouvoir lutter et basculer à chaque étape un peu plus dans la folie. Devenant l’homme cruel et odieux qu’est le Joker.

J’ai eu des sentiments pour Arthur Fleck. De la compassion. Et pourtant, je n’excuse aucun de ses gestes non plus. (Bon, j’ai aussi tendance à bien aimer les vilains, coucou Loki-ddleston). En vérité, j’ai oscillé durant tout le film entre la compassion et le dégoût pour ce personnage. La totalité du film est ambivalent tout en tournant autour de ce personnage tout aussi ambivalent. Un nombre important de scènes auraient faire rire tout le monde dans n’importe quel autre film, ici, on n’ose pas rire, on n’a pas du tout envie de rire, on regarde, terrifié, une scène qui devrait susciter le rire mais qui nous glace. Et c’est fort. C’est puissant. Et impressionnant.

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Voir ou ne pas voir : Joker de Todd Phillips ?

Je pense que vous l’avez compris en me lisant, j’ai adoré ce film. La noirceur de DC

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Comics est au service du Joker, seul et unique personnage presque. Omniprésent à l’écran, dans nos esprits, dans notre champ de vision, à nos oreilles. Ce rire entre folie et larmes donne froid dans le dos. Todd Phillips et Joaquin Phoenix nous bousculent et créent la confusion dans nos sentiments. A côté de cette incroyable performance, on saluera la critique sociale immanquable faisant complètement oublier Gotham City et presque Batman lui-même si une partie de l’intrigue ne tournait pas autours des Wayne. Un film à voir sur grand écran tout comme à avoir dans sa dvdthèque le moment venu. Je n’en suis pas sortie indemne en tant qu’hypersensible, en tant qu’autrice, en tant que citoyenne du monde.

Avez-vous vu le film ou êtes-vous curieux.se.s de le voir ? Connaissez-vous bien l’univers DC Botman au cinéma ? Pour ma part, j’ai vu les films mais je suis tout de même néophyte dans le genre.

source photos : @allociné