Les Corbeaux (Manipulation #1) – Juliette Lemaître : la manipulation mentale expliquée aux jeunes

img_20170220_095236_407C’est aujourd’hui que sort en librairies le premier tome de Manipulation, Les Corbeaux écrit par Juliette Lemaître. J’ai eu l’occasion de découvrir cet univers riche grâce à NetGalley et Hachette romans que je remercie tous deux pour leur confiance. C’est donc avec plaisir que j’ai plongé dans cet univers « post-apocalyptique » pour découvrir Liza et Anna Gallen, membre d’une famille particulièrement étrange.

Résumé : « Ils vont venir ici, Liz, ils vont venir, et les ténèbres se refermeront sur moi? sur toi? sur tout le monde. » Liza vit avec sa soeur, à l’écart de la Société. Elle a promis de toujours la protéger, elle, la petite Anna qui n’a jamais su marcher.Mais en quelques heures, leur destin bascule. Anna est capturée par la Milice. Liza n’a pas le choix. Si elle veut revoir sa soeur, elle va devoir quitter le monde qu’elle connaît et entrer dans cette Société qui retient Anna prisonnière. Quitte à tomber dans le piège tendu par son président, un homme manipulateur et sans scrupules? (Babelio)

Un univers riche et intéressant

L’action de Manipulation se déroule sur notre planète, mais une planète totalement réorganisée dans sa structure et ses pays. La population a diminué drastiquement suite à des conflits politiques importants et l’on se retrouve avec quelques grandes métropoles vivants en autarcie sous un gouvernement totalitaire. Ici, c’est l’une d’entre elles qui nous préoccupe : la Société régie par le Président Connor et sa milice personnelle et surentraînée, les Corbeaux.

Ce que j’ai trouvé intéressant ici, c’est l’explication du comment la planète en est arrivée là. Pour moi, on est complètement dans le post-apocalyptique puisque l’auteure est partie de notre réalité pour mettre en avant un futur possible. Certaines choses telles que les conséquences de l’emploi du nucléaire est peut-être sous-estimé mais ça n’est pas vraiment perturbant. La situation de la planète et de l’humanité après les conflits décrits est tout de même peu enviable (et espérons que ça ne soit pas prémonitoire comme les rêves d’Anna!).

La famille Gallen est très spéciale, une famille d’historiens aux yeux oranges recelant des génies aux QI démentiels… Même si, à mon sens, il y a un peu trop de QI élevé dans le texte (des fois on se croirait dans un combat de QI), le texte s’équilibre grâce, notamment, au personnage de Calim et aux Hors-la-loi, ainsi qu’à l’intelligence technique et manuelle, qui change du savoir théorique. Parce qu’au final, qu’est-ce que la théorie sans la pratique ? Pas grand chose, c’est bien ce que nous démontre l’histoire de Juliette Lemaître. J’ai donc pris beaucoup de plaisir et d’intérêt à me retrouver dans cet univers que j’ai trouvé très intéressant sur de nombreux aspects.

Un rythme inégal

J’ai été assez perturbée par le déroulement du récit pour tout dire. J’ai eu l’impression parfois, que l’action était trop lente, et parfois trop rapide. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi mais j’aurais sans doute préféré que certains passages soient plus courts (ou plus dynamique) et certains raccourcis. Par exemple, les épreuves de Liza sont trop courtes quand sa journée d’entrainement semble bien longue.

Je regrette un peu cette dynamique pas vraiment réussi tandis que le suspense et l’intrigue, eux, s’enchaînent plutôt et fonctionnent. J’avoue que je suis restée quelques fois totalement scotchée par le twist final. Le fait est que pas mal de twist sont facilement anticipés et que dans un livre de ce genre là, ça contribue aux coupures de rythme dans l’avancée de l’histoire. Dommage.

Quelques mots sur le thème de la manipulation mentale, le thème majeur de ce livre puisqu’il a d’ailleurs donné son nom à la série. Effectivement, l’un des personnages joue totalement sur cette manipulation des esprits et le fait sensiblement bien. A mon sens, ce personnage ne va peut-être pas encore assez loin. Certes, ça assombrirait le récit mais je pense qu’il y avait encore de la marge. Au fur et à mesure de déroulement de l’histoire je m’attendais à beaucoup plus et finalement, ça n’arrivait jamais… quel dommage ! Pourtant, et il faut bien le reconnaître, toutes les bases sont là pour expliquer comment se fait la manipulation mentale d’une société. Très intéressant donc et à faire lire aux jeunes afin de prendre conscience de l’influence des médias et du bouche-à-oreille…

Lire ou ne pas lire : Les corbeaux, Manipulations tome 1 de Juliette Lemaître ?

Voilà clairement un livre à offrir aux ados de votre entourage qui se régaleront de replonger dans un univers qui sent bon Hunger Games. Les choix de l’auteurs sont intéressants, l’univers ne l’est pas moins ! Par contre, les lecteurs de longues dates risquent d’être bien frustrés par ces twists nombreux qu’ils devineront dès le premier indice fourni. C’est un peu dommage car c’est vraiment le sentiment qui reste : la frustration d’aimer un univers mais de pas être assez stimulé pendant la lecture.

Ma note : 15/20

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16 réflexions sur “Les Corbeaux (Manipulation #1) – Juliette Lemaître : la manipulation mentale expliquée aux jeunes

    • XD aucun commentaire n’est inutile ! Et je suis contente de voir quelqu’un avec la même liseuse, je pensais être seule au monde avec ma pauvre Sony ! Tout le monde ne jure que par Kobo ou Kindle et moi je suis là « mais non sniiiiifff »
      Et le chat nan personne ne peut avoir la même chieuse que j’ai mdr (c’est trop un cas à elle seule xD)

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  1. Beh moi j’trouve qu’Hunger Games c’est gravement surcôté puis ce bouquin de ptit visionnaire là c’est pas exactement c’que j’appelle de la littérature, bon après j’l’ai pas lu mais ce genre d’histoire pour ado qui parle de totalitarisme pour nous apprendre que la liberté c’est bien et la dictature mal bah c’pas d’un dingue. Bon après je comprends que c’est pour les gosses hein, je me ferais une idée en lisant parce que dans le fond tant que c’est bien écrit on aime. J’espère juste qui vont pas faire une adaptation avec Jennifer Lawrence en premier rôle sinon je me jette sous un train

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    • Déjà, le fait de ne pas considérer un livre comme de la littérature, je ne comprends pas vraiment. On aime, ou on aime pas, ça les goûts et les couleurs sont différents et heureusement sinon la vie serait d’un ennui mortel. Et si la « littérature » ne correspond qu’à un standard élitiste franco-parisien ou Grand Classique, c’est triste. Les influences sont riches, tout autant que les gens qui aiment écrire et écrivent ce qu’ils intériorisent à leur façon. Et oser dénigrer un lecteur sur ce qu’il choisit de lire, c’est le priver d’un plaisir et provoquer des complexes. Au XXIe siècle, ce n’est pas normal à mon sens. La littérature jeunesse porte le nom de « littérature » dans son appellation et ce n’est pas pour rien. Certes les sujets sont traités différemment, la plume est différente. Mais en fait, ce ne sont simplement que des différences, à respecter comme toutes autres.
      Considérant le sujet du totalitarisme comme vous dites avec la liberté c’est bien, la dictature c’est mal et que ce n’est pas dingue, je me permets de souligner qu’une lecture n’est pas seulement un acte solitaire et que le lecteur peut parler de sa lecture avec son entourage, cela peut servir de levier pédagogique à une discussion sur les totalitarismes et les dystopies, envoyer le lecteur vers d’autres lectures si ça lui a plu et les blogs littéraires notamment sont là pour ces discussions entre autres.
      Je vous souhaite une belle journée et de belles lectures littéraires.

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  2. Pingback: L’heure du bilan : mois de Février | Pause Earl Grey

  3. Je suis en train de le lire et je suis d’accord avec toi, l’univers est plutôt bien approfondi et construit. Mais comme toi, malgré son axe jeunesse, j’aurais aimé que Connor soit encore plus méchant lui qui aime le cerveau et les effets psychologiques sur ses victimes. Ça tourne parfois un peu en rond je trouve mais c’est plutôt intéressant. Je suis en train de commencer à lire le début de la première épreuve de Liza, donc je vais voir si je ressens cette précipitation dans l’action et lenteur dans la description lorsqu’elle se repose ^^ Et je rejoins ton avis dans ton dernier commentaire plus haut, qui n’est malheureusement pas encore entièrement ancré dans la pensée collective.

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    • Malheureusement comme tu dis, la littérature est à deux vitesses en France et c’est bien dommage.
      Je suis contente de voir que ton avis rejoins le mien, j’avais peur d’avoir été un peu sévère mais bon, j’écris mes chroniques avec mon ressenti. En tout cas, Connor avait pas mal de potentiel effectivement, je crois qu’avec le recul c’est ce que je retiendrai principalement ! J’ai hâte d’avoir ton avis sur le passage des épreuves ! Bonne fin de lecture !

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