L’esclave (Prince Captif #1) – C.S. Pacat : l’heure de gloire du M/M ?

IMG_20160809_102714Curieuse de nature et voyant le phénomène Prince Captif prendre de l’ampleur avec la sortie du troisième et dernier tome aux éditions Milady, je n’ai pu m’empêcher de profiter de la sortie poche pour me lancer et voir ce que ça donnait. J’étais surtout curieuse de savoir pourquoi ce livre suscitait un tel engouement. Cela ne tient souvent pas à grand chose, peut-être juste à la bonne personne qui en parle pile au bon moment. Bref, me voilà lancée dans l’aventure, n’attendant pas de la grande littérature, et n’attendant pas grand chose finalement, juste quelques réponses.

La première question que vous vous posez peut-être, c’est qu’est-ce que le M/M ? Moi-même j’ai découvert cet appellation en lisant ce livre et la réponse m’a surprise. Pas tant pour la signification que pour la non-originalité de celle-ci. Le genre M/M, c’est tout simplement un livre de romance ou bit-lit mettant en scène un ou des couples homosexuels. La différence avec la littérature gay ? Je n’en vois aucune si ce n’est que l’appellation fait un peu plus « moderne » que « littérature gay ». Au final, on peut classer Isherwood, Forster et Maupin dans la littérature M/M, ils sont vachement à la mode. Enfin, si cela peut ouvrir l’esprit aux jeunes lecteurs, je ne suis pas non plus contre. Mais revenons-en à notre Prince Captif.

Résumé : Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d’Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d’un royaume ennemi. Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s’allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume. Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l’homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr… (Babelio)

Un univers marqué par l’Antiquité

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais en lisant le livre, j’ai eu l’impression que la période dont laquelle s’était inspirée l’auteure était l’Antiquité. Pourtant, il s’agit bien d’un univers parallèle avec des entités politiques bien distinctes de notre réalité, mais un je-ne-sais-quoi dans la façon d’écrire, dans les descriptions ont transporté mon imagination à l’époque du roi Ménélas, du royaume de Macédoine et d’Alexandre Le Grand.

C’est sans doute du au fait que cette société est construite avec la notion d’esclavage et que le système mis en place est très organisé, sans doute aussi les vêtements de certains décrits comme simples (j’imagine des sortes de toges…) Le fait est que, voulu ou non par C.S. Pacat, c’est la période historique idéale sur laquelle s’inspirer pour créer un univers reposant sur l’esclavage et les plaisirs de la chair. Dès lors, je n’ai pas été le moins du monde choquée par cet univers hyper sexualisé tel que l’est le Royaume de Vère et les autres façons de traiter les esclaves dans les autres royaumes.

Cette empreinte historique m’a vraiment surprise. Je pensais me lasser de l’univers au bout d’une centaine de pages mais au final, C.S. Pacat nous délivre avec parcimonie et intelligence le fonctionnement du Royaume de Vère et de cet univers construit par ses soins. Un bon point pour un livre si son univers tient la route !

Sensualité et intrigue : un équilibre agréable

En plus d’un univers qui tient plutôt bien la route, on se retrouve au milieu d’intrigues politiques. Je m’attendais à ce que ce politique soit complètement secondaire, surtout après avoir lu l’arrivée du pauvre Damen au palais. Pourtant, encore une fois, surprise ! Si Damen devient un esclave de plaisir, le malheureux ne remplit pas beaucoup son rôle (et tant mieux pour moi car ça aurait certainement fini par me lasser). A mon grand plaisir, Damen cherche par tous les moyens à s’échapper et découvre peu à peu la personnalité de Laurent et les intrigues politiques qui se jouent à Vère, aussi difficiles et subtiles qu’une partie d’échec semble-t-il.

Bien évidemment, la sensualité n’est pas absente de l’histoire. Cela décevrait le lecteur puisqu’au final, c’est ce que nous promet la quatrième de couverture. La cour de Vère est décadente avec tous les vices que cela implique. Pour autant, l’auteure a su trouver un juste équilibre avec l’avancée de l’intrigue pour satisfaire un public assez large. Un exploit !

Lire ou ne pas lire : L’esclave (Prince Captif #1) de C.S. Pacat ?

Sans être un coup de coeur, j’ai passé un agréable moment à découvrir l’univers de Prince Captif. Dans ce premier volet, on découvre des personnages intéressants dont la finalité n’est pas uniquement sensuel et c’est appréciable. Je le redoutais et finalement, C.S. Pacat n’est pas tombé dans cet écueil, bravo !

Si vous avez envie de légèreté, d’un univers sympa, pas trop complexe, mais tout de même réfléchi, Prince Captif est une bonne lecture. Je pense d’ailleurs lire le deuxième avant la rentrée (je ne me vois pas le lire en automne -moi et mes lectures saisonnières….-) pour ne pas avoir à en reporter la lecture à l’été prochain.

L’avantage de ce livre pour moi, c’est de donner aussi sa chance à la romance gay auprès d’un public qui aime romance et bit-lit. Des auteurs comme Isherwood ou Maupin ne sont pas assez connus selon moi, mais si en lisant ce livre, des lecteurs en viennent à les lire, ça ne peut être que positif ! Un pas de plus vers l’ouverture d’esprit ! Je dis oui !

Ma note : 15/20

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14 réflexions sur “L’esclave (Prince Captif #1) – C.S. Pacat : l’heure de gloire du M/M ?

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