L’océan au bout du chemin – Neil Gaiman : horreur fantastique et poésie

DSC_0066Il faut croire que ce mois-ci j’ai décidé d’avoir les pieds dans l’eau car après avoir lu un livre de pirates, j’ai lu celui-ci : L’océan au bout du chemin. Bon d’accord, l’océan n’est pas vraiment tel que l’on peut l’imaginer mais avec Neil Gaiman, sait-on jamais….

Résumé : «Les adultes suivent les chemins. Les enfants explorent.» De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…
Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l’enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013. (Goodreads)

L’imaginaire de l’enfance

Je commence à être assez peu étonnée par l’imagination de Neil Gaiman. Pas dans le sens : je m’en lasse. Mais plutôt dans le sens : je sais que je vais être surprise. Encore une fois, il m’a enchanté. Il s’attaque ici à des événements vus par un enfant et les souvenirs qu’il en a à l’âge adulte. C’est vrai que les enfants ont cette capacité incroyable à voir du merveilleux là où il n’y a que mystères et questions. C’est un don que l’on perd à l’âge adulte, bien malheureusement, même si certains d’entre nous (et moi la première) tente de raviver cette faculté et de la nourrir. Parce-qu’au fond, la vie est tellement plus intéressante si l’ombre sur le mur du fond est une créature qui nettoie le monde des « anomalies ».

Neil Gaiman a beau être adulte, il a cette capacité à transformer la réalité en un monde merveilleux. On suit le personnage principal auquel on se doute, au début, qu’il extrapole beaucoup de choses. Et pourtant, au fil de la lecture, on se prend à laisser ces doutes de côtés et à se demander, cette fois, s’il ne s’agirait pas de la réalité, ce qu’il voit. Trois générations de femmes un peu sorcières semblant jouer avec le tissu du Temps, des puces étranges et dangereuses, des ombres menaçantes et inquiétantes. Gaiman parvient à donner une tonalité réelle à tout ça et rien que pour ça, je lui tire mon chapeau.

L’horreur fantastique

Contrairement à Stardust (mon livre préféré de Gaiman) où il s’agit d’un conte reposant sur les techniques et le schéma narratif des contes, L’océan au bout du chemin relève plutôt de l’horreur fantastique. Je ne suis pas une pro du genre même si j’ai lu un peu de Lovecraft mais on retrouve, selon moi, cette ambiance angoissante d’une menace dont on ne connaît pas le nom.

Je dois dire qu’à certains moments, j’avais presque envie de regarder derrière mon épaule pour voir si je n’étais pas suivie par quelque chose d’inquiétant. Ce thème de l’horreur fantastique n’est pas vraiment nouveau pour Gaiman qui est le scénariste du comics Sandman. Dans cette bande dessinée, le rôle principal est campé par le Sandman, gardien du royaume des rêves et frère de la Mort. Son univers n’est ni tout beau ni tout gentil et la menace des monstres et autres cauchemars rôdent, plus ou moins présents. J’ai totalement retrouvé cette ambiance avec L’océan au bout du chemin (en moins gore et c’est le côté qui me chafouinait dans Sandman). Autant dire que je me suis régalée.

L’année de ses sept ans a énormément marqué cet homme et on découvre dans ce roman le pourquoi du comment raconté avec brio par le conteur né Neil Gaiman.

Lire ou ne pas lire : L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman ?

Je ne vous surprends sans doute avec cette conclusion : si vous n’avez pas encore lu ce livre ? Foncez ! Si vous hésitiez à le lire ? Foncez ! Si vous ne connaissez pas Neil Gaiman ? Foncez plus fort ! Si vous connaissez Neil Gaiman ? Vous ne serez pas déçu ! J’ai adoré frissonner et découvrir ce qu’il s’est passé pour ce garçon cette année là, si spéciale. J’ai adoré découvrir cet océan. Et surtout j’ai adoré découvrir cette jeune Lettie, un personnage tellement mystérieux et envoûtant.

C’EST UN COUP DE COEUR.

Ma note : 20/20

Publicités

19 réflexions sur “L’océan au bout du chemin – Neil Gaiman : horreur fantastique et poésie

  1. Ah Neil Gaiman 💗 L’océan au bout du chemin n’est pas mon préféré mais il demeure que ce monsieur écrit si bien !
    Toi qui ai adoré Stardust, as tu aussi lu L’étrange vie de Nobody Owen? Le livre est calqué sur le Livre de la jungle (d’où le titre original « The Graveyard book ») du coup on retrouve bien le rythme de conte 🙂

    J'aime

    • Oui j’ai lu Nobody Owen, je ne savais pas du tout qu’il était basé sur le Livre de la jungle, ça me donne envie de le relire avec un oeil nouveau! J’avais bien aimé mais sans plus car écriture un peu trop simple par rapport à d’autres de ces livres (en même temps il est destiné aux enfants à la base donc difficile de le lui reprocher ! D’autant qu’il est très bien et original!)

      Aimé par 1 personne

      • J’avais lu celui ci en anglais avec dans les oreilles l’audiobook lu par Neil Gaiman himself (vive les longs voyages en train). C’est une tuerie, ce monsieur parle aussi bien qu’il écrit!
        Je pense que les doubles lectures avec Livre de la Jungle donnent vraiment une chouette dimension 🙂

        J'aime

        • Tiens il faudra que je l’écoute raconter alors, je n’ai jamais tenté ! Lu par Tennant, ça doit être pas mal non plus (on peut ptet lui demander de faire les enregistrements nécessaires ? **)
          Oui effectivement, ça peut être une expérience sympa de croiser les deux, si jamais l’occasion se présente je le ferai 🙂

          J'aime

  2. J’adore cet auteur : il est à la fois créatif, prolifique et chacun de ses romans recelle une idée différente à chaque fois! C’est un vrai plaisir. Ce roman est dans ma Wish list mais je n’ai pas eu l’occasion encore de l’acheter. Peut-être cet été!

    J'aime

  3. J’ai adoré Stardust également (et Neverwhere aussi).
    J’ai ce roman sur ma wish-list et ta critique m’a convaincue que c’est encore un bon cru de Gaiman.
    J’adore aussi son imaginaire.
    Merci

    J'aime

  4. Pingback: L’heure du bilan : mois de juillet – Pause Earl Grey

  5. Pingback: L’océan au bout du chemin | Le Bibliocosme

  6. Pingback: Concours de la rentrée : à vos carnets ! | Pause Earl Grey

  7. Pingback: L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman | Dans la bibliothèque d'Aelinel

  8. Pingback: L’océan au bout du chemin De Neil Gaiman – Petit Pingouin Vert

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s