Premières Lignes #1

Depuis quelques semaines déjà, Ma Lecturothèque a lancé un petit rendez-vous le week-end qui me plaisait bien. Je prends enfin mon élan et je me lance pour vous proposer également les premières lignes des livres qui croisent ma route. Ces premières semaines, je partagerais avec vous les premières lignes de mes livres préférés.

Sonmi 451, un des personnages (son histoire se déroule dans une Corée futuriste)

Et on commence aujourd’hui avec un roman qu’il me tarde de relire parce-qu’il m’avait fait forte impression par son originalité et la poésie qui s’en dégage, on cherche les sens cachés, et il y en a beaucoup et on finit par se laisser bercer par sa structure narrative absolument superbe. On y croise 6 destins entremêlés les uns aux autres en apparence complètement indépendant et pourtant, peut-être que la réincarnation de l’âme joue son rôle dans cette histoire, en tout cas c’est beau d’y croire :

Cartographie des nuages – David Mitchell

JOURNAL DE LA TRAVERSEE DU PACIFIQUE D’ADAM EWING

Jeudi 7 novembre

Derrière le hameau indien, sur un rivage délaissé, je découvris une piste d’empreintes encore fraîches. Passé le varech en décomposition, les noix de coco de mer et les bambous, ces traces me conduisirent à leur auteur, un Blanc, pantalon et queue-de-pie retroussés, chapka démesurée et barbe bien taillée, tant affairé à creuser et fouiller le sable cendreux à la petite cuillère qu’il remarqua ma présence seulement lorsque, arrivé à vingt pas de lui, je l’eus hélé. Ainsi fis-je la connaissance du Dr Henry Goose, chirurgien de l’aristocratie londonienne. Sa nationalité ne me surprit guère. S’il est un nid d’aigle à l’abandon ou un îlot lointain exempt d’Anglais, il ne figure sur aucune carte qu’il m’ait été permis de consulter.

Le docteur avait-il égaré quelque chose sur ce sinistre rivage ? Pauvais-je lui offrir mon aide ? Le Dr Goose hocha la tête, dénoua son mouchoir et m’en présenta fièrement le contenu. « Les dents, monsieur, sont le Graal émaillé de ma quête. Autrefois cette grève d’Arcadie accueillait des festins cannibales, ripailles durant lesquelles les forts se gorgeaient des faibles. Les dents, ils les recrachaient, comme vous et moi nous débarrasserions de noyaux de cerises. Mais sachez, monsieur, que ces molaires seront changées en or, et comment ? Il est un artisan à Piccadilly qui confectionne des dentiers destinés à la noblesse et qui rachète ces bruxomanes humaines à bon prix. Savez-vous ce qu’en vaut un quart de livre, monsieur ? »

Non, avouai-je.

Je crois qu’il existe un autre monde pour nous, Sixsmith.

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3 réflexions sur “Premières Lignes #1

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