Une voix dans la nuit – Armistead Maupin : aussi agréable qu’intrigant

IMG_20160522_145100Avec Armistead Maupin, c’est un peu une histoire de coeur. J’ai connu cet auteur avec ses Chroniques de San Francisco et c’est une saga de 9 tomes que j’ai adoré. Mais vraiment. Beaucoup. Il était donc presque évident pour moi de finir par lire Une voix dans la nuit et avec l’arrivée des beaux jours, j’ai eu envie de retrouver sa plume incisive et d’une fluidité à toute épreuve. Le roman a beau faire 400 pages, il se lit comme s’il en faisait à peine la moitié. Mais bon, parlons d’abord du contenu d’Une voix dans la nuit (parce-qu’on est là pour ça).

Résumé : […] Gabriel Noon, le narrateur, est un écrivain reconnu, figure de lance du milieu gay, il flirte avec la cinquantaine et la renommée. « Noon at night », sa chronique diffusée sur la National Public Radio, est suivie assidûment par un grand nombre de fidèles. Finis les ébats dans les back-room enfumés, Gabriel Noon est devenu, comme il le dit, presque un conformiste de la cause homosexuelle, militant pour le safe sex et filant le parfait amour depuis dix ans avec son ami Jess. Mais une voix dans la nuit va réveiller la sensibilité de ce mandarin de la littérature gay. Cette voix est celle d’un enfant, Peter Lomax, âgé de 13 ans, qui lui fait parvenir le manuscrit de son autobiographie intitulée La Fabrique de cirages. Une autobiographie comme les autres, écrite par un petit singe savant !, se dit Noon, en entamant la lecture du manuscrit. En réalité, il s’agit de l’ensemble des sévices sexuels qu’a enduré le jeune garçon pendant des années. Noon est sous le choc. Il décide de rencontrer cet étrange garçon et très vite découvre en lui un fils spirituel. […]–Denis Gombert (Babelio)

Armistead Maupin ne m’a pas déçue

Pour tout vous dire, j’avais tellement apprécié Les Chroniques de San Francisco de cet auteur que je n’étais vraiment pas sûre d’apprécier ce roman. Je m’étais attachée à sa façon d’écrire, à l’organisation dynamique de son récit et bien évidemment aux personnages. J’ai pensé que ça allait clairement me manquer dans cette nouvelle lecture…. et en fait, pas du tout. Gabriel Noone est un écrivain ayant écrit des chroniques pour la radio et, étrangement, les chroniques de Noone ressemblent drôlement aux chroniques de San Francisco de Maupin. J’avais donc très souvent l’impression, clairement recherchée par l’auteur, qu’il se mettait lui même en scène avec ses Chroniques. Sur ce compte-là, au final, je n’étais pas si dépaysée.

En plus de ça, j’ai retrouvé la plume fraîche et fluide de Maupin, sa façon de parler assez directe et parfois aussi assez crue mais qui fait toujours sourire ou en tout cas montre toujours de l’espoir dans les situations les plus terribles et qui pourraient nous faire pleurer comme une madeleine avec un autre auteur.  Dès les premières pages, j’ai adoré me replonger dans l’univers de Maupin, même s’il était un peu différent du précédent (à quelques détails près).

L’histoire dans l’histoire

Justement, cet effet de mise en abîme m’a vraiment fait bizarre quelque fois et j’ai eu énormément de mal à séparer la fiction, de l’autre fiction et du réel. Pour résumer, on a deux histoires (voire plus) : les chroniques de Gabriel Noone (qui ressemblent aux Chroniques de San Francisco pour ceux qui ne suivent déjà plus), l’histoire de Gabriel Noone racontée par Gabriel Noone (en gros, enjolivée, romancée, améliorée, transformée, rayez la mention inutile), la vie-réalité de Gabriel Noone, et la réalité de Maupin (le véritable auteur, suivez !). Autant dire que parfois, il m’arrivait de carrément me mélanger les saucisses et de penser à un personnage des Chroniques de San Francisco alors qu’il s’agissait d’un personnage de la chronique de Noone. Pour ajouter du piment à ses fidèles lecteurs, l’employée de Gabriel Noone a pour parent un couple de lesbiennes clairement issue des Chroniques de San Francisco.

Pour autant, ça m’a plutôt fait sourire que regretter ma lecture car même si les allusions s’embrouillaient un peu, j’ai trouvé que cela servait complètement le récit et le personnage de Gabriel Noone. Son compagnon et mari lui dit même au début qu’il n’arrive pas à séparer la fiction de la réalité car il est toujours en train d’améliorer les faits pour qu’ils soient racontés en tant qu’histoire. Au final, Maupin prévient le lecteur qu’il va finir dans la même situation que Noone : ne plus arriver à faire la différence entre fiction et réalité. Je dois dire que j’ai plutôt bien apprécié se voyage mystérieux entre ces deux univers.

L’ouïe, un sens majeur

C’est en arrivant à la fin de ma lecture que j’ai compris que l’ouïe avait un rôle majeur dans ce livre. Tout d’abord avec la radio puisque Gabriel Noone y lit ses chroniques. Le premier contact qu’un individu lambda peut avoir avec lui, c’est avec sa voix.

Ensuite, Gabriel Noone entre en contact avec le jeune Pete Lomax par l’intermédiaire du téléphone et c’est ainsi que la presque totalité du récit et de l’intrigue se déroule via le combiné et la voix de Gabriel et Pete.

Lorsque des doutes commencent à ronger Gabriel, il décide de rendre visite à Pete. Sans trop vous spoiler, il va rencontrer quelqu’un et l’importance de la voix sera tout aussi présente.

Enfin, les derniers rebondissements montrent l’importance de la parole et, encore une fois de la voix. Le prologue ne peut que se conclure sur un coup de téléphone et finit de nous marteler que le roman porte son titre avec une superbe et subtile perfection : Une voix dans la nuit.

Lire ou pas : Une voix dans la nuit d’Armistead Maupin

Je ne sais pas trop si je suis objective mais dans tous les cas, c’est un gros coup de coeur pour moi. J’ai adoré la plume d’Armistead Maupin, sa façon d’amener l’histoire et l’intrigue tout en nous racontant des tranches de vie et en conservant un beau suspense. Il réunit tous les ingrédients d’un excellent livre et j’aimerai que cet auteur soit vraiment plus connu en France.

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