La voix des Anges – Anne Rice : à la découverte de l’opéra italien

En tant que fan d’Anne Rice, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre, La voix des anges. Ici rien à voir avec des vampires, pourtant on reconnaît bien la plume d’Anne Rice et la sensualité qu’elle sait particulièrement bien mettre en avant. Dans ce livre, elle nous plonge au XVIIIe siècle en Italie dans le monde passionnant de la musique, de l’opéra et des castrats.

Résumé : En 1750, l’Italie est une mosaïque de principautés que dévore une passion commune : l’opéra. Les castrats en sont les monstres sacrés, adulés pour leur voix – à la fois exclus et recherchés pour leur liberté de pensée et leurs mœurs.
Tonio, héritier d’une riche famille vénitienne, a été spolié puis castré à l’adolescence. Guido, fils de paysans, a perdu sa belle voix de castrat à 18 ans et s’est fait compositeur.
Devenus maître et élève, ils vont mettre le monde à leurs pieds et tenter d’assouvir leur vengeance à l’encontre de ceux qui, à l’origine, ont décidé de leur destin. (Goodreads)

Point Histoire : Les castrats

Les castrats sont des chanteurs hommes ayant subi la castration avant la mue de leur voix, c’est-à-dire avant la puberté. L’opération de castration se faisait en général à l’âge de 10-12 ans pour les jeunes garçons dont la voix était prometteuse. Cette opération empêchait le développement de l’hormone mâle et le développement du larynx et des cordes vocales, la croissance n’était pas stoppée, notamment celle de la cage thoracique ce qui permettait aux castrats d’avoir une voix puissante et agile.

Au XVIe siècle, les femmes n’avaient pas le droit de chanter et monter sur scène. Les rôles de femme dans les opéras revenaient donc souvent à des castrats. Leur succès était souvent très importants et ils ont connus leur apogée en Italie entre les XVIIe et XVIIIe siècles. Le plus célèbre des castrats au XVIIIe siècle n’est autre que Farinelli.

Un seul enregistrement existe sur disque de cire du tout dernier castrat, Alessandro Moreschi. Il aurait été enregistré entre 1902 et 1904. On peut y percevoir les possibilités vocales qui s’offraient à lui.

Domine Salvum Pontificem – Alessandro Moreschi

Les castrats ont régné pendant environs deux siècles sur le monde lyrique avant de disparaître définitivement au XIXe siècle (Alessandro Moreschi est décédé en 1922). Il faut savoir cependant que tous les garçons opérés n’atteignaient pas le succès, beaucoup d’entre eux mourraient des suites de l’opération, d’autres encore perdaient quand même leur voix ou avaient une légère mue.

Mon avis sur La voix des Anges d’Anne Rice

Ce que j’apprécie le plus chez Anne Rice, c’est les recherches qu’elle fait en amont sur des sujet qui ne sont pas les plus courant dans les romans historiques. Je l’avais déjà remarqué dans Pandora car cela saute aux yeux. Dans La voix des anges, c’est la même chose. Durant ma lecture, je me suis souvent demandée si tel ou tel points historiques était réels, et en faisant quelques recherches de mon côté, j’ai pu confirmer ce qu’elle écrivait. Et je me suis dit : « wouah, quel boulot! ». Elle a même contacté un médecin spécialiste pour lui expliqué le développement physique des castrats. Elle reste décidément une auteure que j’admire beaucoup : parler de sujets aussi peu communs avec autant de travail de recherche derrière. J’adore.

Au-delà de l’aspect historique sur lequel je n’ai rien à dire, il y a l’histoire et l’intrigue dont je veux aussi vous toucher quelques mots. Le livre est assez long, presque 900 pages, et il est donc nécessaire d’avoir une intrigue qui tient la route. Pourtant, avec un peu de recul, je me suis aperçue que l’intrigue en soit n’existait pas vraiment. Certes, il y a bien ce désir de vengeance qui sous-tend le roman mais au final, elle ne se trouve pas au coeur du récit. Au coeur du récit, c’est la vie de castrat que l’on retrouve et l’acceptation d’un corps nouveau et d’une identité sexuelle. Tonio est né dans une famille riche en tant que garçon, et même en tant que seul héritier mâle. Autant dire qu’après l’opération qu’il subit contre sa volonté, le garçon est perdu dans son identité. Finalement c’est cette recherche d’identité qui fait l’intrigue car la vengeance passe au second plan et le dénouement tient en une cinquantaine de pages.

Une fois que j’ai eu pris conscience de ça, j’ai vraiment apprécié ma lecture. Fidèle à elle-même, Anne Rice apporte beaucoup de sensualité à son récit et les relations de Tonio sont à l’image de cette recherche d’identité, parfois malsaines et choquantes, d’autre fois douces et intrigantes.

Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains mais ceux qui aiment déjà Anne Rice ne seront pas déçus par ce roman. Je pense aussi que même les non-adeptes de l’auteure peuvent se lancer pour découvrir une époque pleine de charme et d’horreur à la fois. J’ai découvert un autre monde que je ne connaissais pas bien et je ne regrette pas!

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5 réflexions sur “La voix des Anges – Anne Rice : à la découverte de l’opéra italien

  1. Moi qui connais encore très peu Anne Rice (mais je compte bien corriger cela ! ><), je trouve que ce roman a, effectivement, l'air très intéressant mais, comme tu le dis si bien, je ne pense pas commencer ma lecture de cette auteure par ce livre-ci ! Les thèmes et le style ont l'air vraiment géniaux mais c'est vrai que découvrir Anne Rice par ses Chroniques des vampires semble plus approprié pour rentrer dans son univers en douceur.

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  2. Pingback: Mémoires d’un eunuque dans la cité interdite – Dan Shi | Pause Earl Grey

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